Les Loups-Garous RPG

Adaptation forum du jeu des Loups-Garous de Thiercelieux.
 
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 Almendra (Récit fantastique)

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Amy
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Scorpion Date d'inscription : 10/03/2011

MessageSujet: Almendra (Récit fantastique)   Dim 3 Mai 2015 - 23:28

Voici le début de mon récit: C'est tiré du Rp Sengoran que j'ai fait avec Elyador.

Chapitre 1 : Douce vie

« -Plus vite Éclair ! Allez ! »

Je pouvais sentir la tension des muscles de la jument galopant sous mes encouragements. Les naseaux dilatés et les oreilles repliées en arrière, la monture se donnait à fond dans l’ivresse de la vitesse.
De mon coté, le vent faisait voler mes cheveux blond en arrière. Serrant les mollets et cramponnée à la crinière, je me délectai des poussées d’adrénaline parcourant tout mon être.
J’adorais faire de longues ballades à cheval et faire la course avec mon frère. Celui-ci me talonnait de près.
Ma jument, Éclair, était un cheval de petite taille. Sa robe était d’une blancheur immaculée, ses grands yeux expressifs d’un noir profond. Sa crinière était épaisse et touffue. Sa morphologie alliait à la fois robustesse et élégance.
À l’inverse, l’étalon de mon frère était un cheval grand, fin, aux muscles secs, le poil ras, la robe alezane et le port de tête élégant. Sa crinière était coupée de manière à former une sorte de chevelure en brosse sur l’encolure.

Il fallait dire que mon frère Bane, 16 ans, avait été formé pour être un soldat et possédait donc un cheval adapté à sa condition. Il était l’héritier légitime de mon père. Les ambitions de mes parents étaient qu’il entre dans la garde royale et ait un grade important.
Pour ma part, j’avais beau être l’ainée du haut de mes 20 ans, je n’étais qu’une fille. J’étais formée à être cultivée, savoir danser et être mariée à un bon parti.
Arrivée au manoir nous ralentîmes nos chevaux tout en riant de notre course effrénée et en se taquinant. Mes parents étaient de riches bourgeois ayant fait fortune dans le commerce d’étoffes. Nous avions donc reçu une éducation égalant sans peine celle de la noblesse.

L’île d’Hêkno était peuplée d’humains dont le gouverneur avait de bonnes relations avec mes parents. Elle se situait au sud du royaume d'Isbieran dont la famille royale était elfique et auquel l’île appartenait. Je n’avais rencontré que peu d’elfes mais les rares fois où j’en apercevais un, j’étais subjuguée par sa beauté. J’en faisais même des rêves érotiques, la nuit.

À peine descendue de cheval, la gouvernante vint à ma rencontre :

« -Vos parents désirent s’entretenir avec vous, Dame Almendra. »

Je lançai un œil interrogateur à mon frère mais celui-ci haussa les épaules.
Je la suivis donc, tandis qu’un palefrenier s’occupait des chevaux. J’entrai dans le petit salon où mes parents m’attendaient.

« -Père, Mère, vous avez demandé à me voir ? »

Ce fut mon père qui prit la parole, l’air surexcité.

« -Oui ma très chère fille. Une réception est organisée chez le gouverneur afin que tous les jeunes gens de la bourgeoisie et de la haute société encore célibataires se rencontrent. Nous avons bien entendu reçu une invitation pour toi et nous espérons que tu y rencontres l’élu de ton cœur. »

Rêvant de prince charmant, et d’amour je bondis de joie et j’embrassai mes parents.
Les semaines qui suivirent, j’essayais de belles robes pour y choisir celle qui me mettrait le plus en valeur. J’étais une romantique invétérée, pleine de naïveté, rêveuse fleur bleue et innocente.

J’étais loin de m’imaginer ce qui allait arriver…


Chapitre 2 : le bal

La salle de bal était immense. De splendides dalles de marbre blanc rose recouvraient le sol. D’imposantes baies vitrées donnant vue sur le jardin et ses nombreuses fontaines, entouraient les faces Sud et Est de la salle. Les murs étaient sertis de fines dorures en forme de feuilles de vigne. Les innombrables lustres, suspendus au plafond, illuminaient la salle de milles feux. Et les deux immenses portes y donnant accès étaient surmontées par les armoiries du royaume.
Parmi les invités, humains pour la majeure partie, l’on pouvait distinguer quelques elfes et semi-elfes. Tous de magnifiques jeunes hommes et de ravissantes jeunes filles parés de leur plus beaux habits.
De mon côté je n’étais pas en reste. J’avais jeté mon dévolu sur une robe dont le vert émeraude bordé de blanc faisait ressortir la couleur de mes yeux. Le gris de ces derniers laissait place à de verts reflets lorsqu’ils baignaient dans la lumière.
J’étais très intimidée par tout ce beau monde que je ne connaissais pas. Je pris une coupe d’un vin sucré qu’un serveur me tendit.
Les valses et diverses danses étaient menées par un orchestre dont je m’amusais, en fermant les yeux, à deviner le son des différents instruments.

Ce jeu fut soudainement interrompu par un jeune homme avec un costume blanc et bleu et affichant un air inquiet.

-Mademoiselle ? Est-ce que tout va bien ?

J’acquiesçai d’un signe de la tête et le rassurait en lui expliquant le principe de mon petit jeu.
Il sourit et me tendit la main :

- M’accorderiez-vous cette danse ?

Je lui répondis par l’affirmative et, adaptant mes pas au rythme de la musique je suivis ceux de mon partenaire. Cette charmante entrevue ne dura hélas que le temps d’une valse car il s’inclina à la fin de celle-ci pour ensuite trouver une nouvelle partenaire. Cela se passait donc ainsi, en ces lieux : à chaque danse son nouveau cavalier.
Je m’éloignai ensuite du centre de la pièce pour aller prendre une petite collation devant le long présentoir du banquet. À nouveau je me sentais spectatrice essayant d’accrocher le regard d’un nouveau partenaire… en vain.


Appuyé à l’embrasure d’une des fenêtres, un homme balayait du regard l’ensemble de la scène. Ses yeux s’arrêtant sur chaque jeune fille la parcouraient de la tête jusqu’aux pieds. Il n’avait pas d’invitation mais il avait réussi sans mal à s’incruster parmi les hôtes. Guettant depuis un coin d’ombre, évitant toute conversation afin de mieux se concentrer sur sa ‘proie’. C’est alors qu’il la repéra. Elle semblait fragile, timide, un peu perdue au milieu de tous. Une cible idéale et belle à croquer. Il n’y avait plus qu’à attendre patiemment le bon moment pour la cueillir.

La soirée battait son plein. J’avais réussi me faire inviter à deux autres danses mais n’en n’avais tiré nul bénéfice. Le peu d’amusement qui m’habitait fit bientôt place à la fatigue. Fuyant la chaleur étouffante je sortis de la salle pour respirer un peu d’air dans les jardins comme d’autres invités le faisaient.

-Quel temps agréable, n’est-il pas ?

Je me retournai et tombai nez à nez avec un homme à l’apparence trentenaire. Il avait les cheveux sombres, mi long et légèrement ondulés. Ses yeux semblables d’un noir abyssale semblaient hypnotiques. Ses oreilles pointues, me firent supposer à une appartenance au peuple des elfes. Il était vêtu de noir et d’une chemise blanche, le tout paré d’une cape d’ébène dont l’intérieur était tapissé d’un rouge sombre. La pâleur de sa peau évoquait celle des habitants des pays nordiques.
Je n’arrivais pas à détacher mes yeux des siens et ne pouvais décrocher un seul mot. J’avais l’impression d’être dans une sorte de transe. Avec un sourire mystérieux il tendit sa main, paume vers le haut.

-Permettez que je me présente. Je suis Lord Drakul, pour vous servir. Et vous charmante demoiselle ?

Dans un état second, je tendis la main qu’il me baisa. Il avait un léger accent qui roulait les « r ». Un accent que je ne connaissais pas et qui semblait si lointain. Je ne pus que lui bredouiller quelques mots en guise de réponse.

-Je… je m’a… m’appelle A… Almendra.

Ses yeux pétillaient. Il me présenta son coude.

- Accepteriez-vous de marcher un peu avec moi ?

J’acceptai d’un hochement de la tête et nous partîmes nous promener dans les jardins.
Ah, si seulement j’avais su ! Si seulement quelqu’un avait remarqué cet étrange individu… Et surtout... si seulement j’étais restée bien sagement dans la grande salle de bal…


Dernière édition par Amy le Lun 4 Mai 2015 - 18:43, édité 1 fois
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Amy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Dim 3 Mai 2015 - 23:28

Chapitre 3 : Enfer

Noir. Aucune lumière ne transparait, pas même l'ombre d'une étoile.

Silence. Aucun bruit ne résonne, si ce n'est le léger souffle de ma respiration et les battements de mon cœur.

Vide. Aucune odeur, si infime soit-elle ne parvient à mon odorat.

Néant. Je ne ressens aucune sensation. Attendez, si. Une sorte de froid m'engourdit. Je tremble, j'ai peur.

Je sens le sol dur sous moi. Je me lève, je fais un pas mais un vertige me prend, m'obligeant à me rallonger. J’ai mal de partout.

Où suis-je ?

J'essaye de rassembler mes souvenirs, j'essaye de me remémorer la dernière chose dont je me souviens avant cet instant. Mais rien. C'est un abysse. Je ne suis même pas sure de savoir qui je suis. Suis-je en vie ? Est-ce que j'existe ?

Oui forcément sinon je n'aurais pas conscience d'être là et je ne sentirais ni mon cœur ni ma respiration. Et si tout cela n'était qu'une illusion ?

Et si je n'étais qu'un fugace esprit perdu dans les ténèbres ?
Après plusieurs minutes, je me reprends. À quatre pattes, je tâtonne les environs et je découvre que je suis enfermée dans une sorte de pièce façonnée de pierre. Une lourde porte en bois et en fer la fermant. Je suis prisonnière dans un cachot.
Les souvenirs me reviennent d’un seul coup : le bal et un début de promenade avec un elfe mystérieux puis… Le noir complet. Je n’ai aucune idée de ce qui s’est passé ensuite.
Plusieurs heures passèrent, je ressentais la faim, la soif, le froid et surtout la peur. Je criais plusieurs fois mais seul le silence me répondait. Je me roulais en boule dans un coin en pleurant. Je pensais à ma famille, ils étaient surement en train de me chercher. Je repris espoir, ils allaient me trouver, fouiller toute l’ile et me sortir de ce mauvais pas, c’était certain !
Un déclic. Je sursautais. Le grincement d’une porte suivit tout de suite après. Quelqu’un était entré. Je sentais sa présence mais je n’entendais aucun bruit à part ma propre respiration. Je laissais passer quelques secondes voire quelques minutes puis je lançais un timide :

-Quelqu’un est là ?

C’est alors que je sentis quelque chose de froid m’effleurer la joue. Je criais.
Un ricanement me répondit. J’entendis un bruit de vaisselle qu’on pose par terre et de nouveau la porte grincer et le déclic de verrouillage.
J’étais terrifiée. Qu’est-ce qu’on me voulait ? Qui c’était ? Pourquoi je n’entendais pas ses pas, son souffle ? On aurait dit un fantôme.
Étais-je en enfer ? Perdue dans des limbes obscures avec un esprit terrifiant ?
Je me remis à quatre pattes et je fouillais le sol à la recherche de ce qui avait été posé. Je trouvais un plateau avec un pain de vingt centimètres avec du fromage et une carafe d’eau. Je dévorais le tout.
Ayant repris un peu de force, je cherchais vainement à ouvrir cette porte mais il n’y avait aucune chance de réussite. Je fis le tour de ma cellule aussi mais je ne vis aucune échappatoire. Je pensais à ma famille et je pleurais. Non, je ne devais pas. Ils allaient venir me chercher, bientôt tout ça ne sera qu’un mauvais souvenir, il ne fallait pas que je me laisse aller à la panique.
J’entendis à nouveau le déclic annonçant le retour de cet effrayant personnage. Je me collais le plus possible contre le mur, le cœur battant à la chamade.
Une chose glacée et forte m’attrapa la gorge et commencer à m’étouffer. Par réflexe, je saisis à deux mains ce qui m’étranglait et je me rendis compte que c’était une main, la main de celui qui me tenait enfermée ici.
Une voix froide et dure me chuchota à l’oreille :

-Tu es à moi. Ta vie m’appartient petite chose. Je vais d’abord jouer avec toi puis je te tuerai.

La main serra encore plus. Je luttais pour respirer, me débattant, gémissant. Sadiquement, mon agresseur serrait de façon que j’arrive à absorber de minces filets d’air en luttant, tout en n’ayant pas assez de façon que je m’affaiblisse de minutes en minutes. Une mort lente en somme.
La main me lâcha brutalement au moment où je commençais à perdre connaissance.
Je tombais au sol. J’haletais bruyamment, essayant de reprendre mon souffle. Difficilement j’essayais de parler mais un murmure sortit de mes lèvres :

-Qui êtes-vous ?

Seuls le grincement et le déclic de la porte me répondirent.
Le lendemain, on vint de nouveau avec un plateau. Cette fois-ci, je reconnus au gout, au toucher et à l’odeur de la viande séchée, du fromage et de l’eau.
Et même rituel, une heure plus tard environ, il revint pour « jouer » avec moi.
Cette fois-ci, on m’attrapa violemment pour me plaquer au sol. Ensuite on déchira ma robe et je sentis des doigts glacés parcourir mon corps, glisser le long de mes reins, autour de mes seins. Sentir des ongles remonter du nombril jusqu’au milieu des seins, mimant un éventrement. Ensuite ce fut une langue froide et humide qui glissa par le même chemin. J’avais beau essayer de me débattre, mon agresseur était fort et me bloquait les jambes avec les siennes, mes mains avec une de ses mains. Avec la deuxième main, il m’enserra le menton et me le rejeta en arrière pour mettre en avant ma gorge. Il commença par me lécher le long de la trachée puis il fit frôler deux choses pointues le long de ma peau. Des dents ?
J’avais beau crier, pleurer ou gémir, rien n’y changeait.
Tout cessa aussi brutalement que ça avait commencé. Je me recroquevillais dans un coin. N’ayant pas entendu la porte se refermer, je savais qu’il était encore là mais aucun bruit ne se fit pendant plusieurs minutes. Je tremblais de tous mes membres.
Un doigt effleura mes cheveux et une voix me murmura :

-Si tu te soumets à moi, j’améliorerais ce qui reste de ta vie. Appelle-moi maître et allonge-toi au sol en basculant ta tête en arrière.

Je frissonnais. Terrifiée, j’obéis, j’articulais un « oui, maître » et je fis ce qui me dit. Aussitôt, j’entendis la porte se fermer et se verrouiller.
Quelques minutes plus tard, je vis une lueur. La porte se déverrouilla et je vis une jeune fille très pâle avec une bougie à la main entrer. Elle semblait cernée.

-Mon maître désire que je vous amène autre part. Veuillez me suivre s’il vous plait.

Tremblotante, je la suivis. Et elle me fit amener dans une autre cellule mais celle-ci était éclairée de plusieurs bougies. Il y avait un matelas au sol également. La jeune fille m’avait fait une drôle d’impression, elle ne faisait aucun bruit en marchant. Ses yeux avaient un éclat ambré étrange. Ses oreilles étaient pointues comme les elfes mais je n’étais plus très sure d’en avoir à faire avec eux.
Plusieurs heures plus tard, quand mon bourreau arriva, à la lumière des bougies je le reconnus.
C’était l’elfe qui m’avait invitée me promener, la dernière chose que je me souvenais avant de me retrouver ici.

-Vous ? Mais ? Je ne comprends pas !

L’homme sourit en retroussant ses lèvres. Je vis deux grandes canines en sortir. Un frisson me parcourue l’échine.

-Vous n’êtes pas un elfe ?

Sire Drakul éclata de rire, un rire froid et cruel.

-Il y a très longtemps de cela, j’en étais un…mais la magie noire que je pratiquais m’a changé.

Une lueur malveillante éclaira ses pupilles. Je le voyais à présent tel qu’il était réellement : pas le gentleman bienveillant du mal mais une créature cruelle, aimant torturer ses proies et très probablement les tuer.
D’un geste, il balança sa main contre ma gorge et aussitôt je suffoquais. Je tombais à genoux et je plaquais ma main contre un liquide chaud et visqueux qui s’échapper de là où ses ongles m’avaient touchée. Je sentais le sang envahir mes poumons, je toussais, j’avais la vue qui se brouillait. Il avait réussi à m’égorger avec seulement des ongles ? Mais quelle créature était-ce ?
Je le vis s’ouvrir la main avec une de ses griffes puis il me retira les mains de la gorge pour me plaquer la sienne puis me prenant la bouche avec ses lèvres il aspira le sang de mes poumons. Je respirais et je ne sentais plus la douleur à la trachée. Je mis ma main au cou et je sentis que la plaie s’était cicatrisée.
Devant ma mine étonnée, mon agresseur eut un sourire machiavélique.

-Le sang de vampire guérit les blessures. C’est pratique pour quasi tuer un humain, le soigner puis de nouveau recommencer.

Je compris, paniquée, à partir de ce moment-là que le nom de cette créature était un vampire et quel était son jeu favori.
Mon calvaire dura plusieurs mois. Chaque jour, il me rendait visite. À chaque fois il prenait un malin plaisir à me mettre entre la vie et la mort : pendaison, noyade, étranglement à mains nues, éventrement, égorgement… Je subis toutes les « pseudo-morts » possibles et inimaginables. Me « sauvant » qu’à la dernière seconde. Cette fois ci je le savais, j’avais perdu tout espoir, personne ne viendrait me chercher.


Drakul ou plutôt prince Drakul était le premier des vampires. Il y a de cela de nombreux siècles, il était un elfe noir, un mage qui pratiquait la magie noire. Sa soif de pouvoir et sa curiosité scientifique l’amenaient à faire toutes sortes d’expérience. Un jour, un de ses maléfices expérimentaux le transforma. Physiquement, il gardait l’aspect des Elfes noirs. Ce n’est qu’en ouvrant la bouche qu’on pouvait y voir 2 deux canines anormalement longues. Il avait réussi à gagner l’immortalité totale mais à présent la lumière du jour était douloureuse et il ne pouvait se nourrir que de sang.
De son vivant, il était déjà considéré comme un elfe froid et cruel. Sa transformation n’avait rien arrangé. Dans une frénésie meurtrière, il massacra tout son clan et se mit à haïr tout le genre elfique. De siècle en siècle il devenait de plus en plus puissant, développant des pouvoirs sans avoir recours à des formules ou des objets. Découvrant sous ses canines, deux glandes à venin, il réalisa qu’il pouvait transformer d’autres créatures humanoïdes en vampire. Les vampires crées étaient liés à lui comme des sortes de marionnette qu’il pouvait contrôler à sa guise. Ils étaient moins puissants que lui.
Son esprit scientifique restait ancré en lui et sa passion désormais était de voir les vivants lutter contre la mort. L’instinct de survie qui les faisait se débattre, prendre des décisions absurdes. Ce fil entre la vie et la mort le passionnait. Voir dans le regard de ses victimes la peur, la lutte puis cette petite flamme qui s’éteignait au moment de passer à trépas avait sur lui un effet jouissif.
Sa nouvelle victime en faisait les frais. Quel plaisir de prendre de jeunes filles naïves, fraiches et innocentes et de leur apprendre la cruauté de la vie, de les voir souffrir, leurs yeux s’agrandir de terreur. Puis lorsqu’il aura envie, il la tuera ou bien la transformera suivant l’humeur du moment.



Une nuit il m’amena dans une vaste prairie de l’ile. Il me demanda de courir, ce que je fis aussitôt. Au bout d’un moment j’entendis une sorte de grognement. Me retournant, je vis avec horreur un immense loup noir aux yeux rouges et au poil hirsute qui me poursuivait. J’essayais d’accélérer mais étant à fond, mes pieds s’emmêlèrent et je trébuchais. Quelque chose bondit sur moi et m’attrapa sous les aisselles et m’éleva dans les airs. Alors que je prenais de l’altitude, je tournais la tête et vit le maitre vampire avec deux immenses ailes de chauve-souris dans le dos. Après être monté assez haut il me lâcha brutalement. J’hurlais, me sentant tomber de plus en plus vite au départ puis la vitesse se stabilisant. À la lumière des étoiles, je devinais le sol qui se rapprochait de plus en plus. J’allais m’écraser, c’était fini. Peut-être que cela ne fera pas trop mal ? Alors qu’il me restait à peine quelques mètres avant le point de chute, mon bourreau m’attrapa puis me ramena, toute tremblotante, à ma cellule.
Je me demandais comment mon cœur arrivait à tenir pendant toutes ces tortures tellement j’étais effrayée, tétanisée.

Une nuit fut différente des précédentes. Comme à l’accoutumé, il entra. Une lueur d’excitation malsaine dans les yeux. Comme à l’accoutumé, je m’attendais au pire des châtiments.
Il se colla contre moi, me souffla dans le cou et fit parcourir ses mains sous mes vêtements. Il me léchait, me mordillait puis tout à coup je poussais un petit cri de douleur lorsqu’il enfonça profondément ses crocs dans ma gorge. Il aspira et plus il aspirait plus il me plaquait contre le mur. Je commençais à sentir mes membres s’engourdir. C’est alors qu’au lieu d’aspirer, il me sembla qu’il m’injectait quelque chose dans le sang. Quelque chose de brulant, de plus en plus brulant qui se diffusa dans tout mon corps. Je hurlais de douleur tandis qu’il se retira un sourire aux lèvres et qu’il partit.

Que m’avait-il fait ? Était-ce une nouvelle forme de torture ?


Chapitre 4 : Métamorphose

Il était le premier, le plus ancien et le plus puissant. Il avait un royaume entier à ses pieds : la Valachie et il était craint de tous.
Aussi grande fut sa surprise de s'apercevoir que pour la première fois depuis des milliers d'années, il créa un vampire inachevé. Lui Le Grand Drakul ratait la transformation d'un vampire ?! On n'avait jamais vu ça. Tous les vampires qu'il créait devenaient des vampires au sang pur. Seuls les vampires « bas de gamme » pouvaient rater leur transformation.
Oh comme il aimait, voir ses proies terrifiées, espérant la vie et luttant pour. Il s'amusait à les mettre entre la vie et la mort puis en dernière minute, il les soignait et laissait la vie regagner du terrain. Il jouait ainsi plusieurs jours jusqu'à que, lassé, ils les exécutent. Quelques fois, lorsqu'il en avait envie, il les transformait en vampire pour qu'elles soient à jamais ses sujets.
Cette humaine, dont il ne savait pas le nom, n'avait pas fait d'exception. Il avait joué plusieurs jours avec sa vie. Puis, il décida d'en faire un des leurs car il la trouvait jolie et avait un petit quelque chose de spécial qu'il ne sut définir. Pour cela, il la mordit en pressant sa langue sur les glandes à venin situées derrière ses crocs.

La nuit suivante, il sut qu'il y avait quelque chose d’anormal. En effet, au bout d'une nuit elle aurait dû être une créature de la nuit. Or, là elle était toujours en pleine fièvre, en train de se battre contre l'emprise vampirique. Curieux, il attendit de voir la suite. Deux nuits de plus passèrent et la fièvre tomba, signe que la transformation était terminée. Elle avait deux ailes de chauve-souris qui avaient poussé dans son dos, signe distinctif des vampires au sang pur, ses canines s'étaient allongées et ses yeux étaient devenus identiques aux chats.
Épuisée, elle dormait profondément. Ce qui le rendit perplexe était d'entendre toujours les battements de son cœur et sa respiration. Il la toucha et sentit qu'elle était toujours chaude comme les humains. Un vampire inachevé, voilà ce qu'elle était devenue. Qui était-elle donc pour avoir neutralisé le venin le plus puissant de tous les vampires?
Son venin, Lui le vampire le plus puissant du monde.
Sa première pensée fut de détruire cette chose imparfaite. Puis il se ressaisit et eut une cruelle idée. Et s'il la laissait vivre ? Juste pour voir combien de temps elle survivrait avant qu'elle soit tuée par une quelconque créature, car il n'en doutait pas. Une chose restée aussi vulnérable qu'un humain avec un physique de démon ne survivrait pas longtemps dans ce bas monde. Au pire, si par un quelconque hasard elle vivrait assez longtemps pour recroiser un jour son chemin, il se ferait un plaisir de goûter cette nouvelle proie et l’achever.
Sur ce, avant qu'elle ne se réveille, il l'abandonna à son sort.


Je ne sais combien de temps dura la douleur et la fièvre. Outre le fait d’avoir l’impression d’avoir le sang qui bout à l’intérieur de moi, j’eus aussi le sentiment d’avoir les yeux en feu, le dos qui se déchirait et une douleur à la mâchoire.
La douleur se calma et je pus ouvrir les yeux. La pièce semblait éclairée par une lumière bleue dont je ne trouvais pas l’origine. Il me sembla entendre le grattement de petites pattes. Dirigeant mon regard, je vis une sorte de crustacé terrestre qui marchait le long du mur. J’entendais les battements de mon cœur qui me semblaient étrangement calmes et lents.
Je sentais également une sorte de présence dans ma tête, c’était difficile d’expliquer. Je pouvais savoir à quelle distance se trouvait l’individu qui en avait l’origine. Je sentais qu’il était loin. Je supposais que ceci était l’œuvre du vampire, je ne serais pas étonnée que ce soit lui que je ressentisse.
Je me levais et sentis comme un poids que je portais dans le dos. Je tournais la tête en même temps que je tendais mon bras derrière et je sursautais. J’avais des ailes membraneuses accrochées aux omoplates. Je m’aperçus que je pouvais les faire bouger rien qu’en y pensant…comme un bras ou une jambe. Les ailes semblaient faire partie de mon corps.
La porte était ouverte. Timidement et prudemment, je sortis de ma cellule. Je commençais à raser les murs et plus je me rendais compte que j’étais seule, plus j’accélérais. Je finis par trouver la sortie et quitter le bâtiment. Me retournant je reconnus une sorte de manoir abandonné que je savais être à l’autre bout de l’île.
La lumière était vive et je mis plusieurs minutes à me rendre compte que nous étions la nuit. Je voyais pourtant parfaitement comme si j’étais en plein jour.

Milles odeurs m’assiégeaient, puissantes. Il y avait également beaucoup de bruit : amphibiens, insectes chanteurs se donnaient à cœur joie.
Je me mis à courir pour quitter cet endroit au plus vite. Au bout d’un moment je m’arrêtais à un ruisseau pour me désaltérer. Hélas, de manière incompréhensible, j’avais beau boire, j’étais toujours aussi assoiffée. C’est alors que je vis mon reflet dans l’eau claire. Cernée, pâle et joues creusées dues sûrement à ma captivité dans le noir. Mais le plus choquant fut de découvrir mes yeux, habituellement gris-vert, ils avaient tourné au vert émeraude. Mes pupilles étaient devenues fines comme un chat. Derrière moi, écartant légèrement mes nouveaux membres, je pris conscience de ressembler à un démon. Un monstre.
Les larmes se mirent à couler le long de mes joues. Je ne pourrais plus jamais voir ma famille, mes amis. Il me fallait me cacher.
Je marchais, ne sachant pas trop où aller ni comment se servir de ces ailes. J’avais si soif. Soudain, j’entendis le cri de douleur d’un animal et aussitôt je sentis une odeur ferreuse, attirante, alléchante. Je grognais et je me précipitais vers l’endroit d’où venait l’odeur.
Je vis un renard avec un lièvre mort entre ses crocs. Sans me contrôler je me jetais sur lui. Il abandonna aussitôt sa proie en glapissant tandis qu’appliquant mes lèvres contre la blessure du lagomorphe, j’en aspirais tout le sang. Aussitôt ma soif s’atténua. Je me léchais les babines, de ce fait, je sentis quelque chose que je n’avais pas encore remarqué : mes canines avaient grandi. Puis je réalisais l’horreur de mon geste. Je reculais vivement, lâchant la bête inerte. Je n’avais pas que l’apparence d’un monstre, j’en avais aussi le comportement !
Il me fallait quitter mon île natale au plus vite ! Il ne fallait pas que je prenne le risque d’en croiser les habitants.

Une chouette passa au-dessus de moi. J’observais les mouvements de ses ailes. Je décidais ensuite de monter sur un rocher et j’écartais les miennes, puis les bougeais et les battais de plus en plus fort puis je sautais du rocher.
Je fis au début que quelques mètres. Des vols maladroits.
Une lumière ultra très vive commença à poindre à l’horizon. Le soleil se levait. Cela me faisait mal aux yeux. Par réflexe, je me cachais à l’ombre des arbres. Sur les premiers moments je sentais une chaleur sur ma peau et un aveuglement mais je m’y habituais rapidement. J’avais entendu des contes sur les démons nocturnes dont le soleil les blessait mais a priori, ce n’était pas mon cas.

Pour un souci de discrétion, je me cachais le jour dans des grottes ou bâtiments abandonnés pour ne sortir que la nuit. Ma soif n’était jamais étanchée, je devais en permanence me nourrir de sang animal. Mais le sang seul ne me suffisait pas, mon ventre réclamait de la nourriture solide. Je mangeais donc ce que je trouvais : champignon, œuf, fruit, voire je volais de la nourriture laissée sans surveillance.

Un soir, alors je vis un beau morceau de viande dans une assiette posée sur une table, je profitais d’une fenêtre ouverte pour voler ce mets. Hélas je fus surprise par le propriétaire. Je sifflais en découvrant mes crocs et écartant mes ailes pour l’intimider. Celui-ci prenant peur recula brutalement et se blessa la tête au coin d’une armoire. Le peu de sang qui s’écoula suffit à réveiller une sorte d’instinct incontrôlable. Je me jetais sur lui, le mordit à l’épaule puis commença à aspirer le sang. C’est en sentant l’homme s’affaiblir et son cœur ralentir qu’une lueur de lucidité me revint. Je le lâchais et partis précipitamment. Pour une fois, le sang avait étanché entièrement ma soif. M’étant était entrainée depuis plusieurs jours, je maîtrisais à présent beaucoup mieux mes ailes et je pouvais parcourir plus de longues distances. Je profitais de cet incident pour me risquer à traverser la mer pour quitter l’île d’Hêkno et rejoindre le Royaume d'Isbieran.

***************

Cela faisait plusieurs mois que j’étais devenue un pseudo-vampire. Je volais de plus en plus loin sans but réel. Fuir était la seule chose qui comptait. Après avoir quitté l’île d’Hêkno, j’arrivais au Royaume d'Isbieran, en longeant ses côtes je découvrais de nouvelles créatures, certaines dont je n’avais entendu que des légendes. Hormis les elfes, je vis des nains, des sortes de démons, des fées, des dryades, des sirènes, des sortes d’anges…
Je n’osais pas approcher d’eux, ne les connaissant pas je les craignais. J’avais honte aussi de ce besoin de sang. Je me sentais sale, une bête immonde. J’avais hélas découvert depuis l’incident que le seul le sang humain me désaltérait totalement. Heureusement seul un litre de sang humain tous les 2deux jours me suffisait.

Les elfes avaient une ouïe fine et des yeux perçants. Ils me repéraient facilement en fronçant les sourcils et en mettant leurs mains à leurs armes. Je m’éloignais aussitôt. Étonnement, je n’avais pas reçu de réelles hostilités de leurs parts. Je n’avais croisé aucun vampire et j’étais soulagée, je ne voulais plus avoir affaire à ces infectes créatures.

J’avais développé une technique d’attaque pour me nourrir en employant mes ailes. Survolant un village, je repérais un homme seul dans une rue. Je le suivis en tournant d’abord autour de lui en volant de plus en plus bas, puis arrivée à une certaine hauteur, je descendis en piqué, me positionnais de façon à arriver derrière lui et l’encercler de mes ailes. Mes ailes avaient une forte musculature et étaient aussi puissantes qu’un vampire alors que le reste de mon corps avait la force d’une frêle jeune fille. Les deux crochets des ailes s’imbriquaient de façon qu’en encerclant ma proie, celle-ci se trouvait comme ligoté au niveau des bras et du thorax. Il n’y avait donc aucun moyen pour elle de se dégager ou de brandir une quelconque arme, elle pouvait juste donner des coups de pieds en arrière. J’enfonçais ensuite mes crocs dans son épaule car je ne voulais pas faire de blessures mortelles, ensuite j’aspirais le sang et quand je sentis que la victime qui commençait à s’affaiblir, je relâchais mon étreinte et m’envolais. Je ne tuais jamais personne, je m’y refusais, la vie était trop précieuse pour me rabattre à ça.

Une nuit, je traversais ce qui me sembla une frontière. D’après mes souvenirs de géographie, je devais me trouver au royaume de Sengoran. Le changement d’atmosphère se fit aussitôt. J’eus tout d’abord eu l’impression de traverser une sorte de courant électrique comme si la frontière était protégée d’un sort. Ensuite je passais brutalement d’un ciel clair et dégagé à une sorte de brume inquiétante. Perturbée par ce brusque changement, je décidais de me poser sur un arbre pour y faire une halte et y dormir, reportant l’exploration au lendemain.
Fouillant dans mes souvenirs, je me remémorais qu’un de mes professeurs m’avait expliqué que Sengoran était tenu par une famille royale elfique à l’instar de celui d'Isbieran, à la différence que Sengoran était peuplé à moitié d’elfes et d’humains alors qu’Isbieran était peuplé de quatre-vingt-dix pourcent d’elfes. Le roi de Sengoran, le seigneur Ghalan, était réputé pour être un homme bon. Il avait perdu sa femme Sélénia assassinée par des brigands et il ne lui restait que sa fille Yukina, unique héritière du royaume.


Je me réveillais le lendemain en fin d’après-midi. J’en profitais pour survoler quelques villages. Ce que je vis me choqua : tous les villageois étaient squelettiques, en haillons et sales. Je remontais vers le nord, partout où je passais, il n’y avait que désolation. Je ne comprenais pas ce qui s’était passé dans ce royaume qu’on disait riche et fécond, un grand malheur s’était sûrement abattu ici il y a peu. Je trouvais tout de même quelques mûres dans les forêts. J’avais envie de viande mais vu l’état des habitants, je n’osais pas aller les piller.

Continuant mon exploration, je trouvais en bordure de forêt deux soldats qui bivouaquaient. Je fus surprise qu’ils aient l’air bien nourri par rapport au peuple. Il était en train de faire rôtir des marcassins. L’odeur était alléchante mais les soldats étaient armés. En face de moi, je vis un loup qui les observait aussi. Il avait l’air aussi affamé que moi. Je le rejoignis discrètement. J’avais remarqué depuis ma transformation que j’avais le pouvoir de me faire comprendre de certains animaux. Je pris une voix profonde et lui parla :

-Loup.

Il sursauta puis plongea son regard dans le mien.

-N’aie pas peur loup, nous allons nous entraider. Fais diversion devant ces humains, je vais leur prendre leur repas. Puis nous partagerons.

Le loup regarda les humainspuis, s’élança vers eux puis se mit à courir dans tous les sens à proximité d’eux. Les soldats se mirent tout d’abord sur leur garde, puis regardèrent le loup d’un air abasourdi. Profitant de leur inattention, je repris mon envol puis piqua vers les deux rôtis et les prirent par les branches qui les maintenaient. Les soldats m’entraperçurent et crièrent:

- Hé ! Mais on nous pique notre repas !

Le loup s’élança dans ma direction et me suivit en courant au sol sous moi. Lorsque je fus assez loin, je rigolais comme je ne l’avais pas fait depuis des mois et me posais au sol. Le loup s’arrêta à un mètre de moi. Je lui parlais d’une voix normale.

-Tiens le loup, voici ton marcassin.

Je lui lançais. Il se jeta dessus et le dévora. De mon côté,je fis de même. Lorsque j’eus fini, je constatais que le loup était toujours près de moi. Il avait fini son repas et me fixait. Son pelage était gris-blanc. Ses yeux étaient noirs et avaient un air intelligent. Le loup s’avança vers moi, les oreilles légèrement en arrière et le cou tendu, sa queue balançait doucement de gauche à droite. J’avais une chienne quand j’étais humaine, et ce loup adoptait le comportement qu’un chien qui venait de faire connaissance amicalement. Je lui tendis donc la main pour qu’il la renifle, il le fit. Ensuite il s’assit à côté de moi. J’étais surprise, a priori ce loup solitaire cherchait de la compagnie. Ou plutôt comme tous les loups qui sont des animaux sociables, il cherchait une meute.
Je souris car moi aussi je me sentais seule et sa compagnie était la bienvenue. Je tendis une main vers lui et du bout des doigts je lui touchais la patte. Voyant qu’il se laissait faire, je remontais le long de sa patte jusqu'à l’épaule puis lui caressa l’encolure délicatement. Le loup se laissait faire, ce qui était incroyable pour un animal sauvage, je sentis que lui et moi nous allions devenir amis.

Depuis ce jour, nous ne nous quittâmes plus, je retrouvais mon âme d’enfant en jouant avec lui. J’oubliais la créature que j’étais, me sentant en harmonie avec la forêt. On s'amusait à se poursuivre et à faire semblant de se bagarrer. Vu que je ne savais pas quel nom lui donner, je l’appelais Loup. Durant un de nos jeux, je vis une grosse ombre passer au-dessus de nos têtes. Je regardais et vis avec surprise un dragon. Il avait l'air énorme et était noir. Je le trouvais magnifique mais ce genre de créature devait sûrement ne faire qu’une bouchée d'un individu comme moi, mieux valait donc ne pas approcher trop près. Pourtant la curiosité l'emporta, je m'envolais vers l'ouest dans la direction du dragon.
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mer 6 Mai 2015 - 22:30

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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Dim 10 Mai 2015 - 22:49

Chapitre 5 : Kean

Je perdis rapidement de vue l’énorme reptile. Cela faisait une heure que je volais quand je vis un humain seul dans la forêt. Il était accroupi près d’un petit ruisseau et semblait laver des affaires. Une odeur de sang flottait dans l’air : ses équipements en étaient recouverts. Un combat avait sûrement eu lieu récemment. Ma première pensée fut de me dire que j'avais l'occasion de boire un peu de sang. Je me rapprochais du sol en tournoyant lorsque soudain l'homme s'arrêta et leva les yeux vers moi. Il se leva, prit sa hache dans les mains et se mit sur ses gardes.

Surprise, j'arrêtais donc de descendre mais continuais de tournoyer afin de l'observer en détail.
Je remarquais qu'il avait un petit quelque chose d'elfique : un visage allongé et une légère pointe au niveau des oreilles. Ce qui expliquait sûrement qu'il m'ait repérée. À moins qu’il n’ait vu mon reflet dans l’eau.
Il était grand, musclé, les cheveux noirs ainsi que les yeux. Il avait aussi des bottes en cuir. Je vis qu'il avait des poignards à sa ceinture.

Loup était resté à distance, aplati derrière un buisson. L’homme ne l'avait pas encore repéré.

Voyant que j'avais affaire à une sorte de guerrier ou chasseur, il serait donc suicidaire d'espérer lui prendre un peu de sang. Je gardais donc mes distances en l'observant.

Plusieurs minutes passèrent mais aucun de nous deux ne changea de comportement. Je vis un cheval blanc à proximité, sûrement sa monture. Celui-ci, tout un coup, se cabra et hennit. J'en vis la raison : mon loup gris s'était rapproché tout doucement et se trouvait maintenant à deux mètres de l'homme. Celui-ci se retourna brusquement face au loup, la hache prête à frapper.
À ce moment-là, je ne réfléchis pas et agit instinctivement. Je descendis en piqué et me mis entre mon loup et l'homme, les ailes écartées pour paraître plus impressionnante. M’étant attachée à mon compagnon canin, il m’était insupportable l’idée qu’il soit blessé ou pire.
Je le regardais droit dans les yeux puis je me mis à ouvrir et fermer les ailes à toute vitesse essayant maladroitement de le faire fuir.
De son côté, Loup grognait et montrait les dents. Malgré tout l'homme ne parut pas impressionné. Peut-être avait-il remarqué mon regard apeuré et désemparé.
Le semi-elfe m’observa attentivement, semblant comprendre qu’il y avait un lien entre le canidé et moi-même. Il brisa le silence en s’adressant à moi d’un ton ferme :

- Qui es-tu ? Et que fais-tu là ?

Voyant l'homme baisser son arme, je me détendis légèrement et refermais à moitié mes ailes. Néanmoins, mon cœur battait à toute vitesse. Devant sa question, je répondis d'une petite voix :

- Je m'appelle Almendra Pina, je suis là par hasard... Je suis en quelque sorte une âme errante qui vole sans but... Je viens d'Isgieran...

Je n'osais pas lui dire que l'odeur du sang m'attirait, s'il apprenait que je buvais du sang il serait sûrement horrifié. Je me sentis tout à coup confuse devant lui, je me demandais ce que je faisais là. Devant son silence je continuai à lui parler en bafouillant :

- Je suis désolée de vous avoir importuné, Canis lupus et moi, on ne veut faire de mal à personne, on va plutôt continuer notre chemin de notre côté.

Je reculais d'un pas. J'étais en même temps nerveuse et fascinée devant lui. De très près, je le trouvais impressionnant. C'était aussi la première fois depuis ma transformation que je parlais à quelqu'un. Loup, que j’avais appelé Canis sur un coup de tête, de son côté avait arrêté de grogner mais il s'était mis à côté de moi, le poil toujours hérissé prêt à me défendre en cas d'attaque. Il dévisageait intensément l'individu.
Le semi-elfe, après m’avoir écoutée, se présenta à son tour :

- Je me présente : Kean Shaolan Khudan. Chère Almendra, vous ne m’avez pas importuné. C’est juste que de nos jours, les forêts sont de moins en moins sûres. Il faut se méfier de tout et de tout le monde. Si je me permets un conseil, évitez de surprendre quelqu’un d’armé, cela pourrait vous être mortel.
Voyant qu’il ne présentait pas un danger immédiat, la tension se relâcha d'un coup. Je refermais complètement mes ailes.
Il s’éloigna de quelques pas afin d’être à la fois face au ruisseau, au loup et à moi-même. Il s’accroupit et regarda le loup puis s’adressa à lui. Ce qui me fit sourire.

-Je n’ai pas l’intention de vous faire du mal.

Il fit une pause et reprit :

- Sauf si je dois défendre ma vie ou celle de mon cheval Monoka…

À ces mots, ces yeux s’obscurcirent encore plus. Kean et le loup restèrent quelques minutes à se toiser.
Canis vint ensuite s’asseoir près de moi. Quant à Kean, il posa sa hache près de lui. Restant accroupi, il enleva son harnois. Puis regardant sa chemise, il l’enleva, se mettant torse nu devant nous et la lava. Je me demandais pourquoi est-ce qu’il avait autant de trace de sang sur lui. Comme s’il avait lu dans mon esprit, il prit la parole :

- Je vais enlever ce sang ignoble avant que le cuir s’en imprègne, ainsi que le coton. J’ai eu quelques différents avec des mages noirs juste avant que nous nous croisions. Cela ne vous incommode pas au moins ?

N’attendant pas de réponse, il continua :

- Dites-moi chère Almendra, les ailes ça doit être super pratique pour se déplacer ? Est-ce de naissance ? Et je vous trouve bien jeune pour errer sans but… Tout le monde a un but dans la vie. Soit c’est de réussir sa vie, soit d’accomplir son devoir ou d’aider les siens, ou bien encore de débarrasser ce monde d’un fléau…

Ses pupilles noirs étincelaient d’une lueur de curiosité. Gênée devant ces questions, je baissais la tête et, mes yeux s'embrumèrent. Ce que j'avais vécu avec ce vampire m’était encore douloureux. Je répondis :

-J'étais humaine, ma famille était des gens fortunés. J'ai vécu heureuse avec eux, ne manquant jamais de rien. Un soir, alors que j'étais sortie admirer les étoiles, je fus enlevée par un vampire. Les souvenirs de la semaine qui ont suivi sont douloureux à décrire.

Une larme coula sur ma joue.

-Il m'a ensuite transformée en ce que je suis maintenant. D'ailleurs, je ne sais pas trop ce que je suis. J'ai des attributs de vampire : mes ailes, mes canines, mes yeux, mes sens et ma vivacité. Par contre, j'ai toujours mon cœur qui bat et j'ai toujours besoin de respirer. Je me sens toujours aussi fragile qu'avant. Cela fait plusieurs mois déjà. Et avec mon aspect, je ne peux plus retourner auprès des humains. J'ai l'impression d'être une erreur de la nature... Je suis devenue un monstre. Pour revenir à votre question sur mes ailes, elles sont la seule chose qui me donne envie de vivre. Je prends plaisir à prendre les courants ascendants et descendants. J'adore descendre en piqué puis me redresser en planant.

Je taisais mon envie de sang, de peur de provoquer chez lui une réaction agressive. Après avoir lavé ses affaires, le semi-elfe les essora en les tordant puis les posa un instant au soleil.

- Vous n’avez pas eu de chance… Mais j’ai l’impression que le monde est de plus en plus sombre… Ce n’est pas évident de vivre entre deux espèces. Je suis bien placé pour savoir à quel point cela peut être dur à accepter et à vivre, surtout vis-à-vis des autres. Néanmoins, acceptez-vous comme vous êtes. Je sais que c’est dur, surtout dans votre situation qui est récente. Prenez vos changements comme des atouts pour faire face.

J’écoutais ses paroles, peut être avait-il raison au fond. Le souvenir des villageois que j'avais croisé depuis que j'avais traversé la frontière me revint en mémoire. Je décidais de lui en parler :

-J'aimerai vous poser une question: cela fait trois ou quatre nuits que je suis entrée dans ce pays. Tous les gens que j'ai vus depuis le ciel étaient très maigres et pauvres, alors que les soldats et vous-même êtes de constitution normale. Pourquoi ? À Isgieran nous n'avons aucune idée de ce qui se passe à Sengoran.

Le chasseur alla près de la selle de son cheval et sembla chercher quelque chose, tout en le faisant il me répondit :

- Un usurpateur a pris possession du trône de Sengoran en assassinant son prédécesseur. Cet homme a une âme noire, son but est de tenir le pays d’une main de fer. C’est pourquoi le peuple est affamé et pauvre. Il les considère comme des pions. De plus, les gardes se servent sans retenue sur les vivres et les biens des villageois. C’est pour ça qu’ils s’engraissent. Une résistance est en train de se mettre en place…

Ainsi, j'avais l'explication de la situation de ce pays. Cela faisait froid dans le dos qu’un pays si prospère soit devenu une ruine en peu de temps. Je sentais naître en moi le désir d'aider, je pourrais enfin servir à quelque chose et avoir un but. Semblant trouver ce qu’il cherchait, l’homme sortit des lamelles de viande et de pomme séchées ainsi qu’une fiole sentant l’eau de vie et une gourde. Il alla ensuite s’installer près du ruisseau et me posa la question tant redoutée :

- Mais si vous êtes à demi vampire, de quoi vous nourrissez-vous ? Seulement de sang ou du sang complété avec de la nourriture humaine ? En tout si vous voulez, je peux partager avec vous un peu de mes vivres.

Kean finit sa phrase par un sourire.
Sa question sur mon alimentation me mit entre deux états, d'un côté j'étais soulagée qu'il aborde le sujet et d'un autre j'étais inquiète de sa réponse.

-Je mange de la nourriture humaine, par contre je vous avouerai que... (Je baissais d'un ton) la seule boisson qui peut étancher ma soif est le sang.

Je rougissais honteuse. Kean, quant à lui, avait commencé à manger et acquiesçait de la tête.

-Je me risque aussi à vous avouer que c'est l'odeur de sang qui m'a attirée vers vous... Merci pour votre offre, j'accepterai sûrement quelques pommes séchées mais pour l'instant...

Mon regard se tourna vers un lieu où je sentais fortement l’odeur du sang. Peut-être l’endroit où il s’était battu. J'avais vraiment soif.

-Je vais m'absenter quelques instants avec Canis, je reviens ensuite.

Sans attendre sa réponse, je m'envolai à quelques mètres de là. Du ciel je repérais vaguement des cadavres qui étaient cachés sous une sorte de broussaille. J'atterris à cet endroit-là. Je voyais deux mages décapités, ils s'étaient donc vidés de leur sang. Le troisième avait une blessure mortelle dans le dos, il avait beaucoup perdu mais je tentais d'en tirer quelque chose. Je plantais mes crocs dans sa carotide puis aspira le sang qui restait. Le sang avait coagulé, il était donc devenu visqueux. Mais n'étant pas mort depuis très longtemps, moins d’une heure je dirais, il avait gardé le goût de sang frais. Canis, de son côté, prit plaisir à lécher les plaies de ces humains morts. Je me dis que dès que j'aurais finis mon repas, je demanderai à Kean si je pourrais me rendre utile auprès de la résistance. Je vis une sépulture récente, était-ce Kean qui l’avait construite ? La longueur était petite comme si on avait enterré un enfant. J’imaginais sans mal les mages noirs utilisant le sacrifice d’un enfant pour un rituel satanique et Kean, en voyant ça, les attaquer.
Une fois rassasiée, je m'apprêtais à décoller quand je sentis qu'on m'observait. Je me retournais et vis que Kean nous observait de loin, caché par la végétation. La peur me reprit : peur de sa réaction, peur du monstre que j'étais. Le loup sentit mon désarroi et se tenait prêt à réagir.
Je décidais de prendre mon courage à deux mains et d'aller lui parler. Je marchais jusqu'à une distance raisonnable de sécurité. Je baissais la tête et pris la parole :

-Je suis désolée que tu aies assisté à ça, je ne voulais pas que tu me vois boire du sang. Tu dois être écœuré maintenant... Je pense que ce n'est plus la peine de te demander si je peux faire quelque chose pour aider les rebelles.

Avec un visage stoïque et un ton ferme, il me répondit :

- Ne t’accable pas en vain. C’est dans ta nouvelle nature,tu n’y peux rien même si c’est répugnant... La résistance a besoin de toute l’aide nécessaire. Tant que tu arrives à contrôler ta soif de sang, je pense que tu pourras faire l’affaire… Mais ne prends pas cette décision à la légère, une fois qu’on rentre dans la résistance il n’y a qu’un seul moyen d’en sortir : la mort...

Sur ce, Kean se retourna auprès de sa jument Monoka.

J’emboîtais ses pas.Grâce à notre rencontre, j'avais enfin un rayon de lumière qui traverse le voile noir qui m'obscurcissait. J'ai l'occasion de me rendre utile, de faire quelque chose de bien comme lorsque j'étais humaine. Je veux aider, rien ne me fera changer d'avis. Je saurai contrôler ma soif de sang. Je ne sais pas me battre certes, mais mes ailes pourront servir pour d'autres tâches.
Je le fixais d'un regard déterminé. J'avais trouvé un but, une raison de vivre.
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Lun 11 Mai 2015 - 1:13

japonais-pom-pom japonais-pom-pom japonais-pom-pom japonais-pom-pom

J'attend la suite impatientent.
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Amy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Lun 11 Mai 2015 - 19:40

Chapitre 6 : Le mentor

Avec mes nouveaux compagnons de route, nous nous mîmes en marche.
Nous arrivâmes à un étang à l’aurore, nous avions marché toute la nuit. Kean et loup longeaient le lac tandis que moi je m’amusais à le survoler.
Quelque chose de brillant au fond de l’eau attira mon attention, je me mis donc à tournoyer autour pour l'observer mais je n'arrivais pas à distinguer sa nature.
Kean et loup s'arrêtèrent et observèrent intrigués mon manège.
Je décidais de plonger pour voir de plus près. J'étais une très bonne nageuse lorsque j'étais humaine mais je n'avais jamais réessayé depuis ma transformation.
Je plongeais les ailes plaquées contre le corps puis une fois dans l'eau je me mis à onduler mais mes ailes me gênaient. J'eu donc l'idée de m'en servir pour "voler" dans l'eau. Le résultat fut au delà de mes espérances. J'avançais deux fois plus vite.
J'avais fait moins de trois mètres quand mes oreilles se mirent à me faire très mal. Je remontais un peu sans pour autant aller à la surface puis soufflais en me bouchant le nez pour les déboucher. J'essayais de continuer ma plongée mais la douleur revint. Je dû donc recommencer une douzaine de fois l'opération avant de pouvoir atteindre l'objet sans trop de douleur.
J'empoignais l'objet à deux mains puis entrepris la remontée en faisant attention de ne pas aller trop vite. Je fus contente en m'approchant de la surface car mes poumons commençaient à me brûler.
Je jaillis à la surface tel un animal marin prenant des grandes bouffées d'air.
En décollant de l'eau j'eu soudain conscience que l'objet était très lourd, je baissais les yeux et vis une magnifique épée. Sa garde était en or et incrustée de pierres précieuses. La lame était droite et brillante comme de l'argent.
J'atterris devant Kean le visage souriant et lui donnais l'épée puis prise par l'enthousiasme je replongeais à l'eau.
Prise par l’excitation et le jeu, je me mis à faire des sauts et toutes sortes de figures acrobatiques, j’avais l’impression de redevenir un enfant comme au temps où avec mon frère on passait des heures à nous amuser dans l’eau.
Une fois que je me fus dépensée, je sortis de l'eau, je trouvais Kean installé contre un arbre. Il passait le temps en nettoyant ses armes et en les affutant.
Je me sentais heureuse, humaine. A cette pensée, je sentis mes ailes raccourcirent et disparaitre.
Alarmée je m’exclamai:

- Kean ! Mes ailes elles ont disparues !!

Kean leva la tête et me dit:

- Tes yeux sont redevenus humains et je ne vois plus non plus tes canines.

-Je suis donc redevenue humaine? M'écriais-je pleine d'espoir.

Kean fut surpris et secoua la tête

- Je ne pense pas, tu as du seulement réussir à rentrer tes caractéristique vampire d'une manière ou d'une autre. Elles réapparaîtront tôt ou tard. Ne te fais pas de faux espoir.

Il observa l'épée du lac puis déclara en la rangeant :

- Nous allons rester nous reposer ici. Je vais dormir un peu pendant que tu fais le guet.
Je hochais la tête, ce type avait surement l'expérience de ce genre de voyage. Il descella Monoka et s’allongea sur le sol.

Je m’assis à coté en caressant mon ami le loup. Je n’expliquais toujours pas le fait qu’il se soit aussi vite attaché à moi et vice versa. Je me sentais comme libérée d’un fardeau, je me mis à imaginer que j’étais redevenue humaine et que mes mésaventures n’étaient qu’un lointain souvenir.
Le semi-elfe ne dormit que deux petites heures. En se réveillant, il m’invita à faire de même.
Lorsque que je me réveillais, le soleil était au zénith, cela devait faire 3heures que je dormais. Je regardais l’astre de jour avec inquiétude, bien que je ne partais pas en torche comme les autres vampires, si je restais trop longtemps en soleil, j’avais des plaques rouges et douloureuses qui apparaissaient, il me fallait donc rester à l’ombre. Au début de ma transformation, je ne me rendis pas compte tout de suite de cet inconvénient, ce n’est que quelques semaines plus tard alors que je marchais en début d’après midi en plein soleil que je ressentis une sensation douloureuse sur ma peau.
Kean était déjà debout et avait sellé sa jument. Il était à présent en train de mâcher des bouts de viandes séchées. En croisant mon regard il me lança :

- La vie d’un résistant n’est pas de tout repos ! Prépare-toi vite, cette journée risque d’être longue ! Allez en route !

Il souriait et me lança un paquet de pomme séchés en disant « Réflexe ! ». Mais surprise je reculais et je laissais de ce fait le paquet tomber. Contrairement à la plupart des gens, je n'avais pas le reflexe d'attraper ce qu'on me lançait mais celui d'évitement. En plus j'étais d'une maladresse maladive.
Je pris le paquet, l'ouvris et mangea avec délice les pommes séchées.
Le chasseur soupira :

-Avoir de bons réflexes est primordial pour rester en vie. Tu dois aussi apprendre à te battre et à manier cette épée qui dorénavant t'appartient. Bien que tu ais des ailes et un loup, ce n’est pas suffisant. Imagine que tu sois séparé de ton ami et que tes ailes ne reviennent pas, que feras-tu dans ce cas ?

Kean parlait de faire de moi une guerrière? Moi me battre, une dame? Ce genre de tache était réservé aux hommes, pas aux femmes. Je préférais faire le messager ou l'espionne. De plus l'épée était assez lourde, je n'avais pas assez de force même à deux mains pour la tenir plus de quelques minutes.

Il ajouta tout en montant en scelle :

- Une question me taraude l’esprit, as-tu déjà bu du sang d’elfe ?

Je lui répondis en toute franchise :

-A vrai dire, je n'ai jamais osé gouter un autre sang humanoïde que l'être humain. Et puis, quand je vois les elfes ils ont l'air tellement pur que ce serais surement sacrilège de leur prélever un peu de sang.

Ma réponse sembla mettre mon compagnon d’excellente humeur, il souriait :

- Tu as de bons principes. Certains buveurs de sang ne s’arrêtent pas à ce genre de détails.
Je compris que le chasseur avait déjà croisé des vampires au cours de sa vie.
Lorsqu’il me tendit l’épée, je fis la moue. Il comprit que je n’étais pas très enthousiasme à toucher ce genre d’arme.
Il descendit du cheval, afin de fouiller plus facilement dans ses fontes rattachées à sa selle.

- Je sens que l’idée de manier l’épée ne t’emballe pas, donc autant de pas mettre une arme de cette qualité entre tes mains, tu n’en es pas digne. Mais néanmoins, je vais te donner une lame, à toi de l’utiliser comme tu le souhaites.

Il sortit un paquet de chiffon, je voyais pointer la garde d’une arme. Il déroula le tissu. C’était un poignard, sa lame était grande et très effilé. Il y avait de petites lames au coté de la lame principale, afin d’infliger une blessure deux fois plus grave. Kean me prit le bras et posa l’arme au creux de ma main.

- Avoir un poignard est le minimum d’un arsenal quand on voyage. Soit pour la chasse ou sa propre défense. Ne soit pas offusquée.
Il soupira et continua devant ma mine perplexe.

- Imagine que tu sois sous couverture comme une simple humaine et que tu dois te défendre sans montrer ton coté obscur comment feras tu ? Si tu dois éliminer proprement un ennemi compromettant pour la résistance ?

Kean parlait d’un ton dur qui me surprit et ajouta :

- Tu n’es plus sur ton île à jouer les filles modèles. En entrant dans la résistance, la vie d’autres personnes est entre tes mains. Dans ce cas là, nos propres vies n’ont que peu de valeur face à l’intérêt commun, seras tu prête à faire les pires choses que tu puisses imaginer ou à te sacrifier pour la cause ?

Il laissa un blanc, je baissais les yeux

- Pour l’instant, je te tolère à mes cotés car les volontaires pour se rebeller sont rares. Et je pense que tu as des capacités intéressantes. Mais ne te fais pas trop d’illusion si tu veux avoir un rôle actif dans cette résistance, il faudra faire tes preuves. Aucune erreur n’est tolérée.

Kean martelait les derniers mots.
En peu de temps son humeur avait radicalement changé. Il était devenu aussi froid que le métal de sa hache. Deux enjambées lui suffirent pour rejoindre Monoka. Il remonta sur sa selle et mena le cheval près de moi. Je gardais le silence car j’étais assez choquée par ce changement d’atmosphère et de ton. Ses paroles étaient comme des serres qui me lacéraient. J’en avais presque les larmes aux yeux, j’avais l’impression d’avoir fait quelque chose de mal. Pourquoi, ne pouvais t'il pas être simplement gentil avec moi? J'avais tant besoin d'affection et de me sentir en sécurité. Je regrettais ma vie d'avant. Canis sentis ma détresse et frotta sa tête contre moi. Je mis mes mains dans sa fourrure, j'avais envie de le serrer contre moi comme une peluche vivante. Je me retiens pour ne pas montrer au semi-elfe que ses paroles m’avaient touché.

- Bon puisque tu n’as plus tes ailes, enfin pour le moment, tu monteras avec moi. Ne fais pas cette tête, tu n’arriverais pas à suivre le rythme sinon, et on a assez perdu de temps.

Sur ces mots, il se pencha et en un rien de temps, passa son bras autour de ma taille, puis me souleva et m’assis entre les rennes et lui. Je me tendis un peu, n’aimant pas le contact d’un homme sur ma peau depuis les tortures que j’avais subit.
Le rebelle fit partir sa jument au galop, le loup suivit. Oubliant l’instant d’avant j'éprouvais un frisson de plaisir devant l’allure de la monture. Cela me faisait penser à ma propre jument Eclair et les longues courses que je faisais avec elle. Et voilà que mes pensées me ramenaient encore à mon frère, mes parents, ma vie d’avant. Je secouais la tête pour en chasser les souvenirs.
Au bout d’un long moment, à force d’être collé au corps du chasseur, je commençais à sentir l'odeur de Kean qui était très proche de celle d'un humain et de ressentir les battements de son cœur. Je sentis la pointe de mes canines pousser et aussitôt j'eu une image en tête où je me voyais planter mes crocs dans la nuque de Kean et boire son sang. Rien qu’à l’idée, j'avais l'impression d'avoir le goût du sang dans ma bouche. Dès que je sortis de ma pensée. Je fermais les yeux et secouais la tête. Il fallait que je pense à autre chose... Sa hache, oui la lame aiguisée de sa hache et ses yeux froids. Aussitôt mes canines reprirent leur taille humaine. Je pris conscience à ce moment là que je pouvais à présent sortir et rentrer mes canines à volonté. Il suffisait que je pense au doux sang chaud dans ma gorge pour qu'elles sortent. Je pouvais donc logiquement faire pareils avec mes ailes, il fallait juste que je trouve comment.

Nous chevauchâmes toute la journée jusqu’à la nuit tombée. Nous firent une pause pour faire boire les bêtes et nous restaurer. Kean me fit descendre du cheval avec brutalité, je m'offusquais. Où avait-il été éduqué ? Ne savait il pas qu'avec une femme on doit se montrer délicat.
Je fus tout de même soulagée de pouvoir enfin prendre mes distances pour respirer. La tentation de le mordre serait atténuée. Je profitais de cette halte pour sortir le poignard de ma ceinture. Je l'observais, j'éprouvais une sorte de fascination morbide pour cette lame. C'est vrai que pour me défendre ce serait très pratique, c'était comme une griffe, une extension de la main. Malgré tout, je ne me voyais pas tuer quelqu'un, je ne l'avais jamais fait, la vie me paraissait trop précieuse pour ça.
Je me demandais comment je pouvais blesser sans tuer et de sorte que l'adversaire soit suffisamment blessé pour que je puisse fuir facilement.
Je décidais de poser la question à l'envers:

-Kean ? Pourras-tu me montrer comment m'en servir, quels sont les points vitaux à toucher au cas d’attaque ?

Le guerrier leva les yeux étonnés.

-Alors comment ça, tu veux que je t'apprenne à te servir de cette arme. J'accepte de répondre à ta question. Même si la réponse me semble évidente... enfin je puis comprendre que ce détail n'a pas fait parti de ton éducation. Après tout tu n'es qu'une femme.

Kean eu un sourire narquois.

-C'est parti pour améliorer ton éducation. Dans l'idéal, il nous faudrait un pantin ou un cobaye. Mais pour la théorie ça ira. En ce qui concerne la pratique on verra plus tard. Alors les points vitaux sont nombreux. Mais tout dépend de l'arme qu'on utilise, de sa force que l'on possède et aussi de la résistance de son adversaire. Un homme qui sait sa vie en danger peut être très dangereux...

Il s'arrêta pour avaler une gorgée d'eau.

-Les principaux points vitaux sont en corrélation avec les organes vitaux. Évidement si on touche le cœur, la victime aura très peu de chance de survivre, ça vaut aussi pour les poumons. Pour résumer, le thorax est une zone sensible. Aussi bien la partie haute…

Il me désigna mes pectoraux.

-..que la partie basse.

Il toucha mon abdomen.

-En effet une blessure à cet endroit peut facilement s'infecter si on ne l'a fait pas soigner à temps ou si on fait appel à un charlatan au lieu d'un bon guérisseur. Les jambes aussi peuvent être des points clés. Quand une personne a une blessure aux jambes, bien souvent elle tombe et donc par conséquence ne représente plus une menace. Le cou est une partie très délicate comme tu dois déjà le savoir... Mais n'oublie pas qu’à chaque fois que tu planteras ton poignard dans la chair de quelqu'un, tu ne pourras jamais vraiment savoir s’il va s'en sortir. Une blessure même banale peut s'avérer mortelle. Tout dépend des personnes et du contexte. Voila, je pense avoir tout dit sur les points vitaux.

Kean fit une pause. Il avait dit ça d'un ton appliqué. Je sentais qu’il savait ce qu'il disait. Le demi-elfe prit l'arme de mes mains.

-Ce poignard a un maniement simple, puisque sa lame est courte, donc pas besoin d'une grande ampleur. Dans un premier temps, il faut mettre la main sur la garde. La droite ou la gauche, tout dépend de préférences personnelles. Puis il ne faut pas oublier les placements des jambes. Elles sont nécessaires pour garder son équilibre et combattre l'ennemi. Ta jambe d'appuie est placée à l'opposé du bras qu'il tient l'arme. Mais bon pour savoir utiliser une arme, rien ne vaut la pratique. Mais avant je vais te poser une question et de la dépendra ton apprentissage.

Kean reprit une grosse gorgée d'eau. Posant sa gourde, il riva ses yeux sur ceux moi. Son regard était dur mais avec un zeste de bienveillance.

-Je te propose d'être ton mentor. D'abord pour t'apprendre des techniques de défense, puis pour la suite on verra.... C'est la seule et unique fois que je t'offre mon aide... Prends-la si tu la souhaites ou refuses-la... Je ne m'en offusquerai pas, même si tu refuses. Mais dans ce cas tu ne pourras pas revenir en arrière. Bon tâche de te décider rapidement, j'aimerais pouvoir arriver à Mwolen avant demain soir.

Je fus prise de court par sa proposition. Un mentor était une sorte de professeur ? Je pesais le pour et le contre, ne sachant pas quoi penser de l’homme en lui même. J'avais des sentiments mélangés à son égard: Il me faisait peur, mais en même temps je me sentais en sécurité avec lui. Il était parfois inamical mais d’autre fois bienveillant. Je voulais le fuir, m'envoler loin de ses paroles blessantes mais en même temps, j'avais quelqu'un à qui parler.

Je pris ma décision et lui répondis timidement:

-Oui je veux bien.

Le demi-elfe parut satisfait de la réponse :

- Bien, tu as accepté que je sois ton mentor. J’en suis honoré. Mais sache que de ce fait j’aurais autorité sur toi, tu me devras le respect et l’obéissance. Mais ne t’inquiètes pas je n’en abuse jamais. Mais je serais intransigeant puisque la moindre de tes erreurs pourrait entacher ma réputation ou mettre en péril la rébellion.

Je repris mon poignard. Hélas, il me faudrait remonter à cheval avec lui avec la tentation que cela impliquait.

-Kean, pourrais tu me donner un peu de viande séchée ? ...s'il t'en reste encore.

Le guerrier acquiesça et me donna ce que je demandais. Un peu de viande à mâcher me permettrait de me concentrer sur autre chose que son odeur.
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fleurviolette
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Lun 11 Mai 2015 - 22:36

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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mar 12 Mai 2015 - 9:10

J'ai lu les trois premiers chapitres, c'est très prometteur! Smile

Je vais t'envoyer un mp pour te donner mes impressions plus détaillées.

Fais attention quand même que des yeux mal intentionnés ne tombent pas sur cette partie du forum et ne te piquent pas tout ton travail.
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Amy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Ven 22 Mai 2015 - 19:06

Chapitre 7 : Mwolen

Après une journée supplémentaire de chevauchée, nous arrivâmes au vue d’une cité portuaire.
Nous rencontrâmes d’autres personnes qui se dirigeaient au même endroit. Plus nous approchâmes de la ville, plus le soleil déclinait. Dans la journée, nous avions fait un court sommeil de quatre heures. Nous pouvions voir à présent des mouettes dans le ciel et le brouhaha de la ville nous vint aux oreilles. Kean me chuchota à l’oreille :

-Ne dis rien, ne fais rien sauf si je te le demande. Les gardes royaux ne doivent pas se focaliser sur nous et nous laisser passer sans problème.

Je hochais la tête, je préférais me fier à lui et obéir à ses ordres. Je savais qu’il était le mieux placé pour savoir comment réagir là-bas.
Le guerrier s’écria :

-En avant ma belle…Tu auras de l’avoine ce soir.

Sur le coup, je me sentis toute fière, je croyais à une marque de gentillesse de sa part, telle ne fut pas ma déception en voyant qu’il s’adressait au cheval.
L’entrée de Mwolen était bien surveillée. Des gardes étaient postés de chaque côté de la route.
Canis resta en arrière, il avait peur des hommes et préférait rester en bordure de la ville, dans la forêt. J’eus un pincement au cœur quand je vis qu’il ne nous suivait plus, je ne savais pas si j’allais le revoir à la sortie.
Dans la foule des arrivants, nous passâmes inaperçus. L’air était empli de brumes marines. Les maisons étaient dans l’ensemble délabrées. Sauf celle des nobles et des marchands. Cette quantité de monde, cette multitude d’odeur, me fit sortir mes crocs. Je me crispais. Il me fallait penser à autre chose.
Je fermais les yeux pour ne pas que l’on voit mes pupilles qui était devenue semblable à ceux des chats. Les auberges ne manquaient pas. Il y en avait de diverses qualités. Kean ne choisit pas la plus luxueuse, bien au contraire, il se dirigeait vers la plus proche du port. Un garçon d’écurie nous vit arriver et alla à notre rencontre.

- Messire.

Il salua le demi-elfe, visiblement impressionné par le côté elfique de Kean. Ce dernier demanda :

- Reste-t-il des chambres dans cette auberge ?

-Il en reste qu’une messire. À cette époque, les marchands fourmillent dans notre bonne ville.

-Bien, ça ira je la prends.

Kean et moi-même mirent pieds à terre. Nous prîmes nos affaires et le guerrier tendit les rênes au garçon.

-Je te confie mon cheval pour la nuit. Si demain je constate que tu t’es bien occupé de lui, je te récompenserai.

Le garçon fit entrer Monoka par la guide dans l’écurie. Je croisais le regard de Kean, il vit à ce moment-là que mes yeux avaient changé mais il fit semblant de ne pas le voir. Je gardais les yeux baissés pour ne pas que tout le monde le remarque.
Kean et moi-même rentrèrent dans l’auberge. L’établissement ne brillait pas de propreté, mais je n’y prêtais pas attention, focalisée sur la soif que me provoquait toutes ces odeurs humaines. Le semi-elfe demanda au gérant une chambre tout en mettant une pièce d’or sous son nez. Le gérant accepta sans problème. Kean demanda aussi une baignoire d’eau chaude. Une servante leur montra le chemin. La chambre se trouvait au-dessus des écuries. Il me regarda et demanda :

-Alors que penses-tu de cette chambre ? Au moins, on sera au chaud et au sec. Puis on pourra manger un bon plat chaud et boire de la bonne bière. Avec un peu de chance, je pourrai apprendre des informations sur d’éventuels rebelles, voire les rencontrer en même temps.

En levant les yeux vers la chambre, je vis qu’elle était très spartiate. Les draps avaient l’air propre mais on voyait de la poussière un peu partout. Le mobilier avait l’air très usé aussi. Tout ça n’avait pas l’air confortable. J'étais habituée à mieux. Au moins Kean avait eu la présence d’esprit de commander de l’eau chaude.
Je ne répondis pas à sa question. J’avais faim et envie de chasser. Mais comment faire sans mes ailes ?


C’était à ce moment que surgit par magie au milieu de la pièce, un démon bleu couvert de tatouages tribals. Surprise, je bondis en arrière en feulant, découvrant les canines. Mes ailes réapparurent et je les positionnais en défense. Le démon me regardait l'air surpris.
Kean parut amusé par la situation, il se positionna entre nous deux puis parla d’une voix grave en me fixant.

-On se calme !

Puis il s’adressa à la créature :

-Cher Pierre, je suis ravi de te revoir. Je te présente Almendra une nouvelle recrue. C’est mon apprenti. Elle est spéciale comme tu peux l’avoir remarqué. Almendra je te présente Pierre, qu’on surnomme aussi El Diablo, un des membres imminents de la Résistance. Lui aussi a un don particulier et son aspect est peu courant. Mais tu ne dois avoir peur de lui. Bon les présentations sont faites.

Je fus agréablement surprise d'apprendre qu'un démon puisse être « gentil ». Je n'étais donc pas la seule et démon ne rimait pas forcément avec cruauté. Il invita El Diablo à s’asseoir. Puis il se tourna vers moi :

-Essaye de retrouver ton calme et ton apparence humaine, il est hors de question de descendre à la salle commune dans cet état.

Puis il parla à son collègue sans faire plus attention à moi. J’en profitais pour détailler l’étrange individu. Il avait un drôle d’accent chantant.

-Alors comme, tu peux le constater j’ai trouvé une alliée. Enfin c’est plutôt elle qui est venue à moi. Je pense qu’elle pourra être utile dans notre combat, mais il est trop tôt pour dire à quoi elle va nous servir. En ce qui concerne la Dame, je n’ai pas encore eu de nouvelles, mais ça ne devrait pas tarder. Et toi as-tu vu la Princesse ?

Dame ? Princesse ? Est-ce qu’il parlait de la princesse héritière de Sengoran ?
Le démon répondit en me désignant :

-En effet, elle semble intéressante. Non, je n’ai pas encore eu de nouvelles de la Princesse, le dragon ne l’a pas amenée au repère.

-Quoi ? Mais qu’attend cette Furie pour la mettre en sûreté ? T’a-t-elle donné une raison ?

Je n’avais aucune idée de quoi parlaient ces deux personnes mais Kean semblait furax. Cela faisait bizarre d’entendre une conversation dont on ignorait tout.

-Aucunes nouvelles de Kimiku non plus. Elle a dû avoir un contretemps.

-Espérons. Enfin j’espère pour elle qu’elle n’a pas fait courir de risque inutile à la princesse. Car si Yukina est en danger, je la tiendrai pour seule responsable.

Il parlait donc bien de la fille du Roi Gualan. J’étais soulagée qu’elle soit en vie et aux mains des rebelles. Lorsque Kean m’annonça que son père avait été assassiné, cela m’avait peiné. Ce qui m'étonnait était l'attachement que semblait éprouver Kean pour la princesse. Il était donc capable d'aimer quelqu'un, aussi incroyable que cela puisse être.

-Oui je te comprends mais attendons d’en savoir plus, avant de tirer des conclusions hâtives.

Kean et El Diablo se turent, ils réfléchissaient à la situation. Ils semblaient préoccupés par ce qu’ils s’étaient dit. Kean reprit, changeant de sujet :

-Tu veux te joindre à nous pour le repas ?

-Pourquoi pas ? Je serais ravi de faire plus ample connaissance avec cette charmante créature.

-Bien mais rejoins-nous dans la salle car si on te voit descendre d’une chambre, on risque de se demander comment tu as fait pour arriver.

-Parfait, cela me convient. À bientôt charmante demoiselle.

Pour appuyer ses dernières paroles, El Diablo me fit une révérence avant de se téléporter. Le démon me laissa en partant une bonne image de lui. Il avait utilisé à mon égard les mots « charmante » et « mademoiselle », de plus il m'avait fait une courbette. J’étais toute émoustillée.

À peine El Diablo partit, Kean dit rapidement :

-Attention, on vient avec l’eau.

En effet une servante frappa à la porte l’instant suivant. Elle entra sans me voir et versa l’eau chaude dans la baignoire. Dès qu’elle eut terminé, je craquais et me jetais sur elle en plantant mes crocs dans son épaule. Elle hurla. Je n'eus pas le temps de boire que je sentis un objet pointu à côté de mon omoplate gauche.

-Lâche-la ! fit la voix menaçante de Kean

Je me figeai mais ne bougeai pas, je sentais du sang de la victime couler dans ma bouche.

-Si tu ne la lâches pas à trois, je t'enfonce cette lame dans le cœur. Un… Deux…

Je lâchais aussitôt la servante qui s'enfuit en criant. Kean rangea son poignard et me cria en colère.

-Bravo! Par ta faute, nous nous sommes fait remarquer, tu as foutu en l'air notre couverture! Et puis range-moi ces ailes, du monde ne va pas tarder à débarquer avec tout le raffut que tu as causé!

Kean avait l'air fou de rage. Je baissais les yeux et murmurais d’une petite voix :

-Mais j'ai soif moi.

Je me concentrais à essayer de me sentir humaine. Lorsque j'y parviens, mes ailes rentrèrent. J'avais maintenant compris le truc, je pouvais les sortir et les rentrer.
Comme Kean l'avait prévu, des hommes débarquèrent dans notre chambre, armés.

-Où est le monstre? Il parait qu'une chauve-souris géante a attaqué un de nos employés.

Kean sourit et les rassurait.

-N'ayez crainte, j'ai réussi à mettre en fuite le « monstre ».

Les hommes jetèrent un coup d'œil suspect dans la chambre puis ne voyant pas une quelconque créature ressemblant à une chauve-souris, ils partirent.
Kean s'adressa à moi :

- Peux-tu te contenter du sang animal ?

Je répondis à demi-mot :

-Provisoirement oui, ça pourrait étancher en partie ma soif.

Kean hocha la tête.

-Suis-moi dans ce cas-là.

Je le suivis docilement. Il m'amena aux écuries.

-Prélève un peu de sang sur les chevaux mais pas trop pour ne pas les affaiblir. Surtout, ne touche pas à Monoka et fais gaffe à ne pas laisser de marques profondes.

J'acquiesçais. Je me dirigeais vers un grand cheval costaud puis lui murmura des paroles à l'oreille d’une voix grave : je lui demandais de rester de marbre durant ma morsure. Puis je plantais mes canines à la base de son cou.
Le cheval, semblant hypnotisé, ne broncha pas. Après réflexion, je pris conscience que lorsque je parlais d’une voix grave, les animaux rentaient dans une sorte de transe où ils comprenaient chaque mot que je disais. Moi-même j’avais l’impression d’être dans un état second lorsque j’exerçais cette voix sur eux. Je bus facilement presque deux litres sans l'affaiblir puis, repue, j'arrêtais. Le goût du sang de cheval était infect, mais je savais que je n'avais pas le choix. Je pris de l'eau dans son abreuvoir pour laver la blessure que je lui avais infligée. Puis pour me laver le visage.
Mes dents rentrèrent et mon regard redevint humain. J'annulais l'envoûtement sur le cheval en me détendant, ce qui eut l'effet de le faire hennir et sursauter.
Puis je rejoignis Kean. Il était furieux. Il m’attrapa la nuque et me plaqua contre un mur dans un endroit désert.

- Ne recommence plus jamais ça ! Qu’est-ce qui t’as pris de t’en prendre à cette femme ? Dans une auberge bondée qui plus est! Tu n’aurais pas pu réfléchir avant d’agir ? Je comprends que tu aies des besoins particuliers mais ce n’est pas une raison pour te comporter comme une idiote. Même une bête sauvage n’aurait pas agi avec autant d’imprudence ! Crois-tu que ton loup va attaquer une proie alors qu’il y a du danger autour de lui ? Dire que je te croyais capable de te contrôler. Mais si tu n’en es pas capable autant que je t’élimine de suite comme ça tu ne seras un danger pour personne. C’était ta première grosse erreur et j’espère que ce sera la seule ! Je n’en laisserai pas passer une autre de ce genre. Compris ?

Il me lâcha et s’écarta. Il avait retrouvé une partie de son calme, il me fixa dans les yeux attendant une réponse. Je hochai la tête, j’avais les larmes aux yeux et commençais à dire :

- Mais j’avais soif, je...

Le guerrier me stoppa net :

- La prochaine fois si tu as « soif » dis-le-moi. Je connais les besoins d’un humain ou d’un cheval mais pas ceux d’un vampire. Si tu me préviens quand tu as besoin de boire, je pourrais t’aider. Mais je ne peux pas le deviner… Bon maintenant que tu es provisoirement repue, allons prendre notre repas dans cette auberge. Puis on partira au milieu de la nuit. Je n’ai plus envie de m’y attarder surtout après l’incident. Tiens-toi à carreau. Si vraiment tu ne tiens plus, débrouille-toi pour me le faire comprendre.
Kean se retourna et entra dans l’auberge. Il choisit une table d’où il pouvait voir l’entrée et la pièce dans son entier. Puis il s’y installa. Il me désigna la place en face de lui.

Le gérant de l’établissement vint vers nous :

- Messire, noble sauveur, pour vous remercier d’avoir sauvé ma servante, je vous offre le repas et de la bière.

- Merci, mais je ne suis en rien un sauveur, tout homme aurait fait de même pour mettre en fuite un monstre de la sorte. Cependant nous acceptons ce geste avec plaisir.

Le gérant de la taverne partit donner des ordres à ses seconds. Peu de temps après, on leur amena un morceau du rôti de porc qui tournait dans la cheminée, accompagné d’un gruau et de pichets de bière. Kean descendit la totalité d’un pichet en une seule gorgée. Puis il s’attaqua au porc. Il était énervé. Tous les regards de la salle étaient tournés vers nous. Kean observait attentivement les lieux gardant le silence, évitant de me regarder.
De mon côté, les minutes me paraissaient interminables, j’avais hâte que le démon revienne pour briser la glace. Je ressassais mes pensées en attendant. Je me sentais si mal. J’avais une boule au niveau de la gorge. J’essayais de me retenir de pleurer mais c’était si dur. Les images de Kean me prenant par la nuque, me menaçant d’un poignard et ses yeux qui brûlaient de fureur… Sans oublier ses paroles « si blablabla… je t'enfonce cette lame dans le cœur... » « si blablabla… je t’élimine de suite… ».
Kean ne m’aimait pas, il était prêt à me tuer si l’occasion se présentait. Cette constatation me brisait.
Je cherchais le réconfort et j’avais trouvé une épée de Damoclès au-dessus de moi.
J’avais tellement besoin d’être aimé, que quelqu’un me sert dans ses bras et tienne à moi.
Devant ces idées noires, je mangeais à peine.
Je repensais encore « Si vraiment tu ne tiens plus, débrouille-toi pour me le faire comprendre. » Il avait vu pourtant que mes yeux étaient redevenus vert étincelant et que mes canines étaient sorties quand je lui parlais. Ça ne lui était pas venu à l’esprit que c’était les signes de ma soif ! Ces paroles étaient vraiment injustes, je m’étais retenue de mordre pendant plusieurs heures avant de craquer.
Je sentis en plus du chagrin et du désarroi, une boule de colère qui s’ajoutait en moi.

La plupart des hommes de la taverne était des ivrognes. Ils me lorgnaient ce qui rajoutait mon malaise. Parcourant la salle des yeux, je vis que j’étais la seule jeune fille de bonne réputation de la taverne, les autres femmes étaient plus âgées, habillées de façon provocante ce qui ne laissait aucun doute sur leurs professions. D’ailleurs un trio de femmes vint vers Kean. Elles avaient remarqué l’ambiance froide entre moi et le semi-elfe et décidèrent de tenter leur chance avec le héros du jour. Kean leur jeta un regard noir, il n’était pas d’humeur aux frivolités.
El Diablo ne vint pas. Kean semblait inquiet. Nous finîmes notre repas, nous nous levâmes, snobant totalement les péripatéticiennes et autres ivrognes puis nous montâmes dans la chambre.
Arrivé dans la chambre, Kean alla à la baignoire et y trempa le doigt.

-Elle est encore tiède.

Puis il se déshabilla devant moi à ma plus grande stupeur et entra dans le bain.
De mon côté, je m’assis contre une armoire de façon à être dos à lui.
De le voir nu sans ses armes, m’avait donné de drôle d’idées : j’avais envie de prendre toutes ses armes et les jeter par la fenêtre ou bien de me jeter sur lui et de le mordre non par faim mais par colère pour qu’il éprouve la même souffrance que j’éprouvais à l’intérieur de moi.
Je secouai la tête, ça serait de l’inconscience de faire l’une et l’autre de ces actions.
Je regardais la fenêtre et me dis pourquoi ne pas partir dès maintenant, je m’envolerai puis pourrait mordre n’importe qui, rien que pour le plaisir de la chasse. Non, connaissant Kean, il sera capable de me traquer pour me punir à sa façon.
Plongé de nouveau dans mes pensées, la voix de Kean me fit sursauter :

-À ton tour ! me cria-t-il.

Je me levais, et me dirigea vers la baignoire. J’hésitais quelques instants à me déshabiller devant lui, vu que la baignoire était exposée, puis je pris parti de le faire, au point où on en était… J’enlevais donc ma robe en me mettant tout de même dos à lui, puis j’entrai dans la baignoire. L’eau était froide à présent. Je me lavais donc rapidement puis dus remettre avec dégoût ma seule robe que je portais depuis le bal. Il me faudra la laver dès que l’occasion se présentera.
L’eau me fit du bien, elle effaça les traces de mes larmes, je me sentais maintenant le courage de parler calmement à Kean.

-Pendant toute notre chevauchée je me suis retenue de te mordre. Tu as dû remarquer mes yeux qui avait changé d’aspect lorsque nous sommes arrivés ici. C’était le signe de ma soif. Maintenant j’ai encore envie de te mordre mais pas par faim mais par colère pour toutes les paroles dures que tu me dis. Si je meurs, mes souffrances s’arrêteront.

À ces mots, je sortis mes crocs et mes ailes et sifflai de colère.

Kean eut un sourire mauvais et sortit sa hache.

- Vas-y, je suis prêt.

Je pris une grande inspiration, fermais les yeux puis repliai mes ailes et les rentrèrent, je fis de même pour mes crocs. Il me fallait contrôler cette colère, je me rendais compte que j’allais faire quelque chose de complètement stupide. Puis je chuchotais à moi-même.

-Ce serait une façon idiote de mourir de se laisser aller à la colère.

Le chasseur sourit cyniquement et reposa sa hache.

- En effet, j’avais vu que tes pupilles étaient différentes. Mais je pensais que c’était plus à cause de la peur d’être au milieu d’une foule et non à cause de la faim. Même si j’ai rencontré quelques vampires je ne connais pas leurs mimiques par cœur… Mais dorénavant je le saurais. Au moins, tu sais te mettre en colère. Je finissais par croire que cela n’arriverait jamais.



******************************************************************************************



Au petit matin, Kean me réveilla. Mon sommeil avait été agité. Il empaqueta ses affaires, mit sa hache sur son épaule et quitta la chambre. Nous descendîmes les escaliers et rendîmes la clé au gérant étonné.

- Vous partez déjà Messire? J’espère que vous avez passé une agréable nuit. Faites bon voyage !

Kean fit un signe de la tête et nous sortîmes. Peu de gens circulait, il faisait encore nuit, il devait être autour de quatre heures du matin. À mon grand étonnement, Kean ne se dirigeait pas vers la sortie, au contraire il commença à s’engager dans les ruelles sombres. Comme s’il lisait dans mes pensées, il s’expliqua à voix basse :

- Avant de quitter cette cité, nous allons nous procurer quelques vivres. En plus, ces ruelles sombres sont un excellent lieu pour t’exercer au combat.
En même temps qu’il disait ces mots, il bifurqua dans une petite ruelle très sombre. Il me chuchota à l’oreille.

- Je suppose que tu as dû entendre l’individu qu’on va croiser. Je te propose de le blesser avec ton poignard. Libre à toi de choisir où tu veux le toucher. Je regarderai donc si la situation tourne mal, je pourrais te venir en aide. Si tu te débrouilles bien, tu auras le droit à un bonus, comme pouvoir étancher ta soif. Mais hors de question de le mordre ou de te servir de tes « capacités » pour le blesser ! Acceptes-tu l’exercice ?

J’en restais quelques secondes abasourdie, Kean me surprenait. Il me demandait d’attaquer sans raison apparente un homme que je ne connaissais pas. Décidément je ne comprenais pas le mode de fonctionnement du demi-elfe.
De plus avec toutes les émotions que j’avais éprouvées la veille, j’avais plus envie de tranquillité que de me lancer encore dans une situation de stress.
Je regardais Kean avec des yeux ronds :

-Maître Kean, je ne peux pas blesser quelqu’un s’il ne m’a rien fait.

Kean fit un drôle de sourire puis recula se cacher dans l’ombre. Au même moment l’homme apparut dans notre ruelle. Il portait une chemise débraillée, un sabre et un couteau accroché à son pantalon. Il était mal rasé et avait de longs cheveux sales emmêlés avec des flots rouges accrochés dessus. Ses dents étaient jaunes, pourris et son odeur en général suggéra qu’il ne se lavait jamais.
Il me vit et s’exclama :

- Ça alors c’est mon jour de chance de croiser une belle donzelle rien que pour moi.

Je mis ma main près de mon poignard et grognais. Il n’était plus qu’à un mètre de moi.

-Tiens c’est amusant tu grognes comme un chien, tu ne serais pas plutôt chienne ?
(Il rit seul à sa blague douteuse.) Viens par ici me montrer tes beaux atouts.

Il avait un sourire mauvais. Je lui répondis d’un ton sec en le regardant droit dans les yeux :

-Ne me touchez pas !

-Allez ma belle, ne fais pas ta sauvage, je te mangerai bien toute crue.

Sur ce, il commença à me tripoter. Je réagis en lui donnant de toutes mes forces une gifle.

-Sale peste ! (Le pirate cracha parterre.) Tu vas me payer ça !

Il sortit son couteau et l’avança vers moi. Aussitôt je fis un bond sur le côté de manière à me placer sur son flan gauche en sortant mon poignard puis je lui plantai la lame dans les côtes et la ressortit de suite.
Le type tomba à terre et se mit à cracher du sang.
Je restais pétrifiée dans cette position, regardant le poignard ensanglanté au poing.
Un flot de sensations diverses me submergeait. J’étais à la fois horrifiée d’avoir planté un homme, fascinée de voir cette vie lutter contre la mort et excitée à l’odeur du sang.
Kean sortit de l’ombre, prit sa hache et l’acheva. Devant mon regard il répondit d’une voix froide.

-Il allait mourir de toute façon.

J’étais encore sous le choc, je dis d’une voix tremblotante :

-Maitre Kean… qu’a-t-il fait pour mériter ce sort ? La vie n’est-elle pas assez précieuse pour qu’on lui retire ?

Kean me regarda alors dans les yeux et me parla dans un murmure :

- C'était un pirate. Ce genre d'homme passe son temps à voler les bateaux marchands, à piller les villages côtiers et à violer toutes les femmes à sa portée. Crois-tu vraiment que sa vie était précieuse ? En tout cas, si tu as eu des scrupules à le tuer, lui n'aurait pas hésité à abuser de toi. Bienvenue dans le monde réel et au combien cruel.

Il se pencha pour faire les poches du cadavre, rien de bien intéressant à part une bourse remplie de pièces de cuivre. Il essuya sa hache puis se releva.

- Tiens sa bourse, elle est à toi. Fais-en ce que tu veux, donne-la ou sers-toi. Je m'en fiche. Et si tu as trop soif, il est à toi... Mais grouille, on doit faire des achats.

Je pris la bourse, je n’étais pas idiote, je connaissais l’utilité d’avoir de l’argent et sa valeur.
Pour ce qui était du sang du pirate, je n’avais pas vraiment soif à proprement parler mais je savais qu’avec seulement le sang des chevaux dans l’estomac, j’aurais de nouveau soif le lendemain. Tandis que le sang humain me permettait de tenir deux jours environ.
Je m’agenouillais donc au-dessus du cadavre, et pris soin d’aspirer au niveau des plaies pour ne pas faire de marque suspecte. Une vingtaine de gorgées me suffit.
En me relevant, je vis un faucon se poser sur Kean. Il était magnifique, d’un blanc pur avec le bec et les yeux dorés. Par contre il avait des marques de blessures sur les ailes, au niveau de la tête et des plumes de la queue manquaient comme s’il avait été attaqué. Il piailla comme s’il parlait à Kean puis il s’envola. Le semi-elfe parlait-il aux oiseaux ? Je l’interrogeais du regard.

-C’est Fye, mon faucon. Il est venu m’apporter un message. Il est allé nous attendre à la sortie de la ville.

Je repensais au dénommé Pierre et étonnée qu’on ne l’ait pas revu depuis la veille, je lui demandais :

- Maître Kean, n’y avait t-il pas un collègue à vous, Pierre je crois, qui devait nous rejoindre pour dîner ?

- Si, mais un imprévu important a dû le retenir.

Pendant que nous cheminions dans les rues, je me demandais de plus en plus ce que je faisais avec un pareil individu. Il était capable de tuer de sang-froid, c'était une brute incapable de tendresse et ne sachant pas respecter les femmes.
Au bout de quelques minutes nous arrivâmes dans des rues commerçantes un peu louches où on y vendait des choses suspectes. Il y avait beaucoup de stand avec mille et une choses. Les étoiles commençaient à s’éteindre.
Kean semblait savoir où il allait car il se dirigea droit vers une échoppe. Il ouvrit la porte puis me laissa passer pour s’engager derrière moi, puis il se replaça devant moi, arrivé à l’intérieur.
Le magasin en question était sombre, seules quelques chandelles éclairaient la pièce, ainsi qu’un grand feu dans l’âtre. Un mélange d’odeurs âpres rendait l’atmosphère lourde limite irrespirable. Il y avait une multitude de boîtes sur le sol. Sur les étagères, se trouvait des bocaux remplis de choses assez douteuses… des créatures baignaient dans le formol comme des reptiles, des rongeurs. Parfois il y avait que des bouts de créatures… Sur les étagères en haut on pouvait même apercevoir des têtes de différentes races : homme, nain, elfe, troll… Elles trônaient comme des trophées faisant partie d’une sinistre collection.
Kean alla droit vers le vendeur. Les deux hommes se saluèrent. Ils semblèrent se connaître. Le vendeur souriait à Kean :

- Le chasseur ici, bien du temps a passé depuis ta dernière visite. Oh mais quelle jolie compagnie. C’est donc pour ça que tu es venu ?

L’homme me regardait bizarrement.

- Non, elle n’est pas à vendre…Elle est à moi.

Je regardais le semi-elfe de travers mais je ne dis aucun mot. Ensuite Kean donna une sorte de liste au vendeur :

- De la viande séchée, de l’orge, de l’avoine, de l’onguent et des fioles d’alcool fort.

Le négociant s’agitait derrière son comptoir et sa boutique pour déposer les articles sur le comptoir où Kean les examinait. Il regarda rapidement le reste de la boutique puis aperçut une tenue noire. Il la désigna d’un signe de tête. Le marchand emballa tous les achats séparément et de manière hermétique. Kean négocia puis paya et nous sortîmes. Rejoindre l’air libre et plus respirable. Une lueur commençait à pointer à l’horizon.
Le silence était de mise entre nous deux. Kean portait les achats aisément et avançait d’un pas rapide. Nous prîmes un autre chemin pour retourner à l’auberge. Une fois sûr, Kean réveilla le garçon d’écurie et lui donna une pièce d’or, mais il alla lui-même sceller Monoka et rangeait les vivres en même temps. Sans un mot, Kean Shaolan me tendit le paquet. Je ne savais pas comment interpréter son geste. Peut-être qu’il m’appréciait à sa façon tout compte fait. Je bredouillais :

-Merci Maître Kean.

Je défis l’emballage et regarda de plus près la tenue : c’était un long manteau avec une capuche.
Je le mis immédiatement et vis qu’il m’allait comme un gant, il me protégeait du vent et la capuche me permettait de cacher mes yeux lorsque j’aurais soif. Je compris mieux le geste de Kean, il voulait que je passe plus discrètement.
Je remontais à cheval, Kean derrière moi. Puis nous nous dirigeâmes vers la sortie de la ville. Il commençait à présent à faire clair, le ciel avait une belle couleur jaune orangé.

Arrivés à la porte de la ville, deux gardes nous arrêtèrent et nous demandèrent où nous allions.

Kean répondit calmement en imitant la tristesse.

-Ma compagne est souffrante. Aucun docteur de cette ville n’arrive à la soigner, je m’en vais donc en trouver un à la capitale Wälkinzt qui puisse la guérir.

Aux mots de Kean, je fis semblant d’être plus abattue que jamais.
Les gardes se regardèrent entre eux. Un des leurs, nous demanda avec perfidie, dix pièces de bronze pour passer. Ce que Kean fit sans broncher mais qui je l’imaginais lui faisait détester le garde qui voulait profiter de nous.
Une fois hors de la ville, nous partîmes au petit galop jusqu’à la lisière de la forêt.
En y arrivant, je vis Canis arriver à toute allure vers nous. Je me dégageais aussitôt de Kean et sautais à terre. Je courus de même à la rencontre du loup. Celui-ci arrivé, à mon niveau, me sauta dessus puis me lécha le visage. De mon côté, je le serrais fortement dans mes bras en enfouissant mon visage contre sa fourrure. Un raclement de gorge mit fin à nos retrouvailles.
Kean nous attendait d’un air impatient ,le faucon blanc l’avait rejoint et était posé sur la selle de Monoka. Dans un soupir, je le rejoignis et lui demanda si je pouvais le suivre en volant. Kean réfléchit quelques instants puis me l’accorda mais à condition que je vole sous le couvert des arbres.

Nous cheminâmes ainsi jusqu’à la mi-journée puis nous arrivâmes à une clairière un peu surélevée.
Kean jugea bon de s’arrêter pour faire une pause, il descendit de Monoka puis la dessella, Puis il s’installa au niveau d’une butte.
Je m’assis juste à côté de Kean et je profitais pour câliner Canis. Je m’allongeais ensuite contre lui et fermais les paupières. Sans m’en rendre compte, je m’endormis.
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Sam 23 Mai 2015 - 10:39

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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mer 27 Mai 2015 - 11:22

Chapitre 8 : La Dame

Le prince Drakul était en train de semer la terreur dans les chaînes de Beor, lorsqu'il reçut des messages de ses sujets à Sengoran. Une ombre noire était en train de s'abattre sur ce pays depuis plusieurs semaines. L’ancien roi elfe Gualan avait été assassiné par un individu nommé Astharof. Ce dernier avait pris sa place et le nouveau monarque était aussi cruel qu'il était assoiffé de pouvoir.
Le prince sourit, cet Astharof allait beaucoup lui plaire, il avait hâte de faire sa connaissance.
Il était sûr que ce nouveau monarque ne serait pas indifférent à une proposition d'éternité.
Il réfléchit au moyen le plus rapide de se rendre là-bas. À cheval, il mettrait au moins une semaine, alors qu'en volant il ne mettrait que trois jours.
Sur ce, il déploya ses grandes ailes puis s'envola vers la capitale Wälkinzt.
Arrivé en vue de Wälkinzt, il prit la forme d’une chauve-souris puis se faufila dans le château.
Il le trouva dans son bureau. Il reprit forme « humaine » derrière lui puis le regarda.
Astharof sentit une présence derrière lui et se retourna brusquement la main sur son pommeau. Devant la frayeur qu’il inspirait aux mortels, le prince eut un sourire cruel découvrant ses superbes canines. Ses yeux étincelaient de malice. Il se força à faire une petite courbette polie devant ce nouveau seigneur. Puis il s’adressa à lui d’une voix mielleuse :

-Bonjour Messire, je me présente : je suis le Prince Drakul. J’ai entendu parler de votre ascension. Je suis venu satisfaire ma curiosité à votre égard. Votre réputation d’être cruel vous octroie ma sympathie. Je viens donc vous faire une visite de courtoisie. Cela ne vous dérange pas j'espère, que je séjourne quelque temps dans votre royaume?

Il sourit à sa propre proposition, que lui importait l'avis du monarque, il séjournerait à Sengoran.

Astharof fut surpris de voir le Prince Drakul en personne face à lui. Il détestait ce genre de visite incongrue et méprisait ce genre d’individu : le teint pâle, entièrement vêtu de noir. Ses yeux sans pupilles, sans vie, sans fond que même la lumière n’atteignait jamais et ce sourire, ce sourire si étincelant, si arrogant… Il voulut appeler sa garde, pour que l’on s’occupe de cet être répugnant. Mais c’était inutile. Il le savait. Il éprouvait de la colère et de la crainte en même temps. De façon indicible, ses sentiments s’emparaient de lui. Il détourna le regard afin de se calmer, mais resserra sa prise sur le pommeau de son arme.

Astharof afficha alors, un sourire ironique et s’inclina légèrement :

- Votre réputation n’est pas élogieuse non plus Prince Drakul. Je dirais même qu’elle vous poursuit comme la mort que vous octroyez à de simples mortels, qu’elle vous suit comme…

Il s’arrêta, sarcastique. Ses yeux pleins de vie, brillaient eux aussi de malice.

...Comme cette odeur nauséabonde de sang poisseux qui à trahi votre présence en ces lieux.

Le prince fut surpris qu’Astharof ose lui parler de cette façon. Sa remarque ne lui fit pas plaisir mais il savait que les humains quand ils avaient peur disaient des choses insensées à son égard.
Astharof reprit de nouveau sur un ton moins railleur :

- Je n’aspire à aucune sympathie venant de votre part. Mais je dois vous avouer que votre venue comble également ma curiosité à votre égard. La vôtre est-elle assouvie, Prince Drakul ? J’aimerai savoir quel est le but précis de votre visite et sachez d’ores et déjà que je vous autorise à séjourner ici tant que vous ne vous attaquez pas au château. La ville est assez grande et la population fourmille. Certes leur sang n’est sûrement pas succulent mais au moins vous en avez à profusion…

- Je vous remercie

Répondit Drakul, d’une voix suave. Il faisait semblant de paraître poli devant ce vulgaire mortel.

Astharof acquiesça, il se rassit et invita le Prince à en faire de même. Le vampire prit place en face de lui.

- Désirez-vous un verre ?

Et sans attendre sa réponse, il fit un signe de la main à un jeune page.

- Que l’on apporte un verre de sang.

- Mais, mon seigneur, où… où ça ? Questionna le jeune homme, tremblotant.

- Débrouille-toi ! Du sang humain et si tu ne trouves pas, tranche-toi les veines !

Le valet blêmit, il était presque translucide et il s’enfuit d’un pas rapide. Le Prince Drakul se mit à rire discrètement. Le même valet, toujours aussi blanc, revint avec une coupe dorée, posée sur un plateau d’argent. Il tremblait. Il déposa la coupe devant le vampire le bras tendu et disparut en courant après un bref salut de politesse. Le graal contenait un liquide rougeâtre, visqueux et nauséabond pour Astharof. Drakul, lui semblait satisfait et humait avec plaisir et finesse la boisson comme un bon vin.
Il but avec délice le contenu du calice. Puis il prit la parole pour en venir au fait :

-Vous me plaisez, seigneur Astharof. J’aime les personnes qui ont le courage de me lancer des piques, vous feriez un parfait seigneur de la nuit. Je peux vous offrir l’éternité si vous le voulez. Vous seriez à jamais le maître de ce royaume et vous pourrez exercer à l’infini votre cruauté.

Il plongea son regard dans celui d’Astharof. Il pouvait facilement l’hypnotiser et le transformer contre son gré, mais ce serait trop facile. De plus cette nuit, il était plutôt d’humeur à lui laisser son libre arbitre.

-Prenez votre temps pour réfléchir à ma proposition, mon offre sera valable durant toute votre vie.

Il laissa un temps de réflexion et enchaîna.

-Ah et aussi, c’est juste un détail. Mais pendant mon séjour ici, Ne vous étonnez pas s'il y a un pic d’activité de manifestation vampirique dans votre pays. Ma présence dans un lieu est sentie par mes compatriotes qui se réveillent à l’occasion. Le jour ne va pas tarder à se lever. Je vais donc devoir vous quitter, cher Astharof. Réfléchissez à ma proposition.

Sur ce, le vampire se leva, s’inclina devant le monarque, ouvrit la porte et disparut.
Le prince sortit du château comme il y était rentré, c'est-à-dire furtivement sans que personne ne le remarque. Il trouva facilement une bâtisse abandonnée. Il ne voulut pas faire le difficile en assassinant tous les habitants d’une riche demeure vu que le ciel commençait déjà à s’éclaircir.
Il entra puis s’accrocha au plafond la tête en bas en s’enveloppant de sa cape.

En s’endormant, le prince pensa à cette terrible expérience où ces maudits elfes avaient réussi à le piéger par leur terrible magie. Il avait connu la brûlure du soleil quand son corps prit feu au lever du jour. Ses cendres avaient été gardées plusieurs siècles prisonniers des elfes avant qu’un groupe de vampire réussisse à leur reprendre. Ces congénères avaient vidé un humain de son sang sur ses cendres pour qu’il puisse ressusciter. Depuis il vouait une haine féroce à la race elfique.


******************************************************************************************


J’eus un sommeil agité. Je fis des rêves confus : je me voyais survoler des paysages puis entrer dans un château pour parler à un souverain. Ensuite, changement de décor, je me vis dans la forêt et que je vidais Kean de tout son sang. Le pirate de la ville précédente était devant moi et criait : « vampire » ! J’eus un rire diabolique et le tua en lui arrachant le cœur. Ce cœur, je l’offrais à mon maître, le vampire qui m’avait créée. J’étais devenu un vrai vampire machiavélique.
Je me réveillais en sursaut. Ce rêve était bizarre et effrayant et je gardais l’intuition que mon géniteur était ici en Sengoran. Je me souvenais du lien que j’avais senti lors de mon premier réveil vampirique. Je me concentrais dessus, et oui c’était bien cela. Mon créateur était dans ce pays et je ressentais sa présence. J’eus un frisson d’effroi. Je pris soudainement conscience d’une présence derrière moi, je sursautais. Je regardais le loup et vis qu’il était toujours allongé à mes côtés mais ses sens étaient en alerte et il regardait fixement derrière moi. Je tendis l’oreille mais n’entendais rien. Je pris donc une grande inspiration et me retournais en prenant une position accroupie.

Je vis à côté de Monoka, une elfe, une vraie à la peau sombre et à la longue chevelure noire.
J’étais fascinée devant elle, sa beauté, mais en même temps j’éprouvais de la crainte. Elle ressemblait un peu au vampire qui m’avait transformée. Mais nous étions en plein jour et en me concentrant, j’entendais les battements de son cœur. Je jetais un coup d’œil autour de moi, je ne voyais pas Kean. J’étais inquiète, elle était donc réellement une elfe, pas un vampire mais les elfes étaient réputés pour être de féroces guerriers. Pourtant rien dans son attitude ne présageait de l’animosité. Au contraire, elle semblait calme et me souriait. Je me levais lentement et fis un pas vers elle. Elle parla la première :

- Bonjour, je m’appelle Amalberga, surnommée aussi « la Dame ».

- Je suis Almendra.

Canis s’était levé mais restait au même endroit, observant attentivement la scène. Je repris innocemment :

- Un homme était présent avec moi. Il est le propriétaire du cheval que vous caressez. Par contre je tiens à vous prévenir, il est grognon et assez brutal. Donc ne vous étonnez pas s’il vous agresse en vous voyant…. J’espère me tromper.

Je me demandais où était parti Kean, pourquoi m’avoir laissé seule ? C’est alors que la femme éclata de rire. Étonnée, je la regardais. Elle s’expliqua :

- Ne t’inquiète pas pour moi, belle Almendra. Je connais bien ton maître C’est vrai qu’il peut être parfois brutal et souvent grognon mais il n’est pas toujours comme ça.

L’elfe noire prit soudainement une mine sérieuse :

- Crois-tu vraiment que Kean t’aurais laissé seule dans cette forêt pleine de dangers ? Et ce avec une parfaite inconnue ? En plus, étant donné qu’il a accepté de devenir ton maître, malgré ta particularité, ne devrais-tu pas avoir un tant soit peu de respect pour lui ?

Aux mots d’Amalberga, je baissais la tête confuse. Ainsi donc elle connaissait Kean et avait l’air d’avoir une bonne opinion de lui. Ce qui me troublait davantage était qu’elle avait l’air de me connaître. Est-ce pendant que je dormais que Kean et elle eurent le temps de discuter ?

- Je suis désolée si je vous ai fait penser que je ne le respectais pas. C’est que… (Je cherchais mes mots)… je n’arrive pas du tout à le cerner, sa personnalité me laisse perplexe et il m’a déjà menacée de me tuer. Pour ce qui est de me laisser isolé, j’ai déjà vécu six mois en solitaire, parcourant les forêts avant de le rencontrer. S’il y a un danger, j’ai les moyens de m’échapper. (Je pensais à mes ailes, j'ignorais ce qu’elle savait de moi précisément). Et puis j’ai maintenant le loup qui m’aide à repérer les ennemies.

L’elfe restait silencieuse et j’avais besoin de parler donc je continuais.

- Je remercie Kean de m’avoir proposé de m’apprendre à me défendre, j’ai même une sorte d’affection pour lui. Mais malgré ce que vous dites, ce n’est pas réciproque, j’ai l’impression qu’il ne m’aime pas et je souffre de ne pas me sentir aimé et apprécié.
La dame hocha la tête et me répondit :

- Il est vrai que Kean a une personnalité assez complexe, surtout quand on le connaît depuis peu. Néanmoins s’il a menacé ta vie, c’est juste à cause de ta nature profonde et du fait que tu ne la maîtrises pas. Kean a déjà eu l’occasion de constater les dégâts d’un vampire sur un village d’innocents. Tout comme moi d’ailleurs… Et s’il peut empêcher qu’un autre monstre suceur de sang tue des innocents, il le fera pour le bien du plus grand nombre. N’est-ce pas une décision honorable ? En ce qui concerne les sentiments de Kean à ton égard, je ne peux répondre à sa place… Mais je peux te dire qu’en général, il ne reste pas longtemps près des gens qu’il déteste…

Je me retenais tant bien que mal de ne pas couper l’elfe à l’évocation de « monstre suceur de sang ». Cela ne me concernait pas, je ne me voyais pas tuer des innocents de sang-froid. Mais je reconnaissais que, si Kean avait eu l’occasion de connaître des vrais vampires, c’était légitime qu’il se méfie de moi et ait peur que je devienne une assoiffée de sang incontrôlable. Je soupirais :

- J’aimerai bien revenir à ma vie d’avant, chez moi avec ma famille, mes amies, des personnes qui m’aiment…

Mon regard se brouilla. J’inspirais et me retenais de ne pas pleurer face à ses souvenirs de bonheur qui m’était douloureux. Je m’efforçais aussitôt de passer à autre chose.
L’elfe répondit :

-On ne peut pas revenir en arrière, la fuite n’est pas toujours une solution. Il faut savoir faire face à ses ennemis. C’est le seul moyen d’évoluer. Affronter ses peurs les plus profondes est aussi important…

Affronter mes peurs ? Je me sentais encore vulnérable face au danger et tout comme le lapin ou la biche, mon meilleur moyen de défense était la fuite.
Je me demandais où est-ce que Kean était parti. Peut-être l’elfe savait quelque chose. Je la questionnais :

-Savez-vous où est Kean ?

La Dame hocha la tête :

-Kean est allé faire un tour dans la forêt... Sûrement pour trouver du gibier. D’ailleurs il sera bientôt de retour avec le déjeuner…

L’évocation de Kean parti chasser me fit plaisir, j’espérais fortement qu’il ramène quelque chose, ne serait-ce qu’un lapin. L’idée de la viande fraîche me fit saliver. En attendant, je commençais à fureter aux alentours avec Canis et sous la surveillance de la Dame. Au bout d’un quart d’heure, je poussais un cri de victoire, j’avais trouvé des belles myrtilles noires. Je ramassais toutes celles qui étaient mûres : une dizaine environ. J’allais aussitôt en offrir la moitié à Amalberga. Puis je mangeais les miennes avec gourmandise, elles étaient bien sucrées comme je les aimais.
À peine avions-nous fini nos friandises, qu’un bruissement de feuille nous fit lever la tête.
Une sorte de croisement avec un ours et un gorille en sortit en poussant une sorte de rugissement, le regard affamé, la bave dégoulinant de ses babines et le poil hirsute.
Canis hérissa ses poils et montra les crocs, prêt à attaquer, tandis que la dame se mit dans une position étrange.
Pour ma part, je sus sans savoir pourquoi ce que je devais faire : je plantai mon regard dans le sien puis pris ma voix hypnotisante.

- Nous ne sommes pas appétissantes et nous sommes beaucoup plus fortes que toi, tu n’as aucune chance donc tu vas faire demi-tour. Va-t’en ! Maintenant !

Le monstre cligna une fois des yeux puis se retourna et partit d’où il était venu.
J’étais fière de moi, jusque-là j’avais réussi à hypnotiser tous les animaux que je croisais.
Je me demandais si ça marchait avec les humains, j’avais bien envie d’essayer à l’occasion.
J’allais demander à la Dame elfe quel était cet animal quand tout à coup un grand dragon bleu atterrissait à quelques mètres de moi.
Je restais sans voix devant cette beauté de la nature, je détaillais la moindre de ses écailles. Les rayons du soleil en jouant dessus faisaient voir une infinité de bleus différents. Ses yeux couleur or semblaient être des joyaux incrustés dans ses orbites. L’animal était à la fois immense, puissant et plein de grâce. Il se posa avec légèreté devant nous tel une plume, se déposant sur le sol. Malgré la prestance de la bête, je n’éprouvais aucune peur car je ne sentais aucun signe d’agressivité de sa part.
Le dragon, après m’avoir observé à son tour, prit un cerf posé sur son dos pour le dévorer. C’est seulement à ce moment-là que je vis Kean descendre de son dos avec un second cerf. Il s’adressa à la Dame :

- Pourquoi le wendigo a-t-il fui ? Comment avez-vous fait ?

L’elfe noire lui répondit :

- En fait c’est ta protégée qui semble t-il l’a envoûté et l'a convaincu de s’enfuir. Jeune fille, vos capacités vampiriques ne font aucun doute… et elles sont plus fortes que je le pensais.

Sur ces mots, la dame alla caresser le dragon.
Interloqué, Kean se tourna vers moi et me demanda:

- Pourquoi ne pas avoir combattu ce wendigo et le tuer ? Cela aurait été un bon entraînement au combat…

Il s’installa ensuite près de la carcasse du cerf et se mit à l’éventrer. Il donna les entrailles au loup. Puis il commença à le découper.
Après une courte minute de silence où je m’attendais à des félicitations et non à un reproche de la part du chasseur, je me sentais bouillir de fureur et j’explosais :

-Pourquoi se battre quand on peut l’éviter ! Je ne suis pas vous, maître Kean ! J’ai accepté de devenir votre disciple pour le cas où je n’ai pas le choix et que je doive me défendre. Je suis plus quelqu’un de défensif que d’offensif ! Chacun sa tactique. Vous savez bien que ça me répugne à prendre la vie à un être vivant. Imaginez que je m’y habitue voire pire que j’y prends goût à cause de ma nature vampirique !

Je fumais de rage, je respirais un coup et reprenais en changeant de sujet.

-J’attendais votre retour justement pour vous signaler que j’ai senti la présence du vampire, celui qui a fait de moi ce que je suis. Il est en Sengoran. Dans cette direction précisément.

Je désignais sans le savoir la direction de la capitale.
J'étais tellement énervée que j'avais envie de me jeter sur lui et le mordre, ce que j'aurais sûrement fait s'il n'y avait pas la dame et le dragon. J'avais tellement de rancune et de frustration accumulées depuis ces derniers mois que j'en tremblais légèrement. C’était trop demandé pour maître Kean de m'encourager en me félicitant de temps en temps!

Kean semblait surpris par ma réaction, il me répondit :

- Je ne t'ai pas demandé de tuer tout le monde sur ton passage, bien au contraire. J'ai juste dit que tu avais manqué une occasion de peaufiner ton entraînement, alors que tu avais des personnes à côté de toi prête à t'aider

Devant sa réaction, je me calmais légèrement.

-Je n'y ai pas pensé sur le moment... Je vais aller chercher du bois.

-Je viens avec toi, me répondit la Dame.

J'étais surprise, j'aurais préféré par ailleurs rester seule pour me calmer en ramassant du bois. La récolte se fit sans un bruit. La Dame ne m'adressa pas la parole, ce que je lui en fus reconnaissante. En revanche, ce qui m’agaçait c'était que Canis restait avec Kean car il lui donnait à manger. Les animaux ne pensaient qu’à ça en fin de compte, l’appel du ventre me disait ma mère.
Nous revîmes vingt minutes plus tard avec assez de bois secs et la Dame avait ramassé des herbes aromatiques.
Kean avait fini de découper le cerf. Nous le cuisîmes puis nous le mangeâmes toujours en silence. Je continuais à faire la tête et n'avait pas du tout envie d'engager la conversation.

Après le repas, Kean alla préparer son cheval, la dame le rejoignit et ils parlèrent à messes basses. En tendant l'oreille, je réussis à saisir qu'ils étaient intrigués par mon géniteur et voulaient partir sur ses traces vers la capitale.

Après avoir levé le camp, nous prîmes donc la direction de la capitale. Nous fîmes la route ensemble pendant deux jours. J’appris pendant notre trajet-là que le dragon était le sien, elle l’avait trouvé lorsqu’il était un œuf et s’appelait Zéphyr. Kean et elle se connaissaient depuis de nombreuses années tout comme ils connaissaient personnellement la famille royale. Kean était un garde royal dans le passé. À l’approche de la capitale, l’elfe, à mon grand étonnement, nous dit au revoir. Elle monta sur le dragon bleu, échangea quelques mots à Kean et elle s’adressa à moi :

- Prends garde à toi Almendra. Tes heures sombres ne sont peut-être pas finies… Suis bien les conseils de Kean, je sais qu’il peut être odieux et dur parfois, mais il sait ce qu’il fait. Je lui ai demandé d’être plus gentil avec toi. Mais changer un ours en un agneau n’est pas simple. Accroche-toi à ce que tu es maintenant et oublie ta vie passée. Plus tu t’en souviendras, plus tu en souffriras. Regarde vers l’avenir…et non vers le passé.

Elle décolla avec son dragon. Je sortis mes ailes pour l’accompagner un peu mais les ailes puissantes du dragon mirent très vite de la distance entre elle et moi. Ce n’était que lorsqu’elle ne fut qu’un point à l’horizon que, le cœur serré, je retournais autour du semi-elfe. Ce qui me rendait triste, c’était l’impression que dès que je rencontrais quelqu’un de gentil et compréhensif avec moi, cette personne repartait aussi sec.
Ses paroles étaient sages, j’essayerai de les appliquer.

Je rejoignis Kean et lui demandais pourquoi la dame ne faisait pas route avec nous.
Il me répondit assez sèchement :

- La Dame est partie là où Zéphyr la conduira et rien obligeait la Dame à rester avec nous.

Je fis la moue.

- Mais encore ? Ce n’est pas vraiment une réponse.

Kean gronda :

- Seuls Zéphyr et la Dame savent où ils se dirigent. Je n’ai pas à le savoir tout comme toi. Si elle avait voulu qu’on le sache, elle nous aurait tenu informés de ces projets. Ça te va comme réponse ? Remettons-nous en route, tu peux voler si tu veux mais sous le couvert des arbres. On risque de croiser des badauds et des soldats.

Kean poussa Monoka au galop en slalomant entre les arbres. Mes ailes étaient puissantes, je pouvais le suivre sans problème mais zigzaguer entre les arbres me ralentissait énormément. J’avais l’impression qu’il le faisait exprès pour m’humilier. Il me distançait de plus en plus et ne ralentissait pas malgré mes appels. Ce qui me remit en colère.
J’eus soudain une idée diabolique, une sorte de défi mortel, une idée de jeu complètement inconscient. J’essayais de le chasser de ma tête, mais pas moyen, d'autant plus que la dame n'était pas là pour intervenir. Bravant l’interdiction de Kean, je montais au-dessus de la couverture des arbres puis je rattrapais rapidement le cheval au galop. Me plaçant au-dessus de lui, je piquais. Au moment où j’écartais les ailes pour les refermer sur Kean, il tourna la tête. Mais il était trop tard, mes ailes l’encerclèrent par derrière et lui bloquèrent les bras. Le choc fut brutal, lorsque mes ailes empoignèrent Kean, la vitesse de piqué était tellement forte que Monoka tomba sur le côté en hennissant de terreur. Kean et moi fîmes également plusieurs roulades avant de s’immobiliser.
Je savais qu’une fois ma proie prisonnière de mes ailes, je ne risquais plus rien. J’enfonçais mes crocs dans ses épaules et aspira quelques gorgées. Kean se débattait comme un diable mais ses bras étaient solidement bloqués contre son torse. Mes ailes étaient le seul élément de mon corps qui avait la force d’un vampire.
Kean hurla contre moi.

-Almendra, tu me le paieras ! Tu as intérêt à me tuer car moi je ne te raterai pas.

Le goût de son sang était exquis, un mélange de sang humain avec un quelque chose d’épicé que je ne saurais définir. Je ne lui pris que quelques gorgées, je ne voulais pas l’affaiblir ni le blesser ou même le tuer. Ce n’était qu’un défi, juste un jeu pour moi et malgré tous ses défauts j’avais de l’affection pour Kean.
Je le lâchais et m’envolais aussitôt en haut de l’arbre le plus proche.
Kean se retourna brutalement en prenant sa hache en main, il était furieux et ses yeux me jetaient des éclairs.
Pour ma part, j’avais un large sourire malicieux, prise par l’excitation d’avoir réussi mon défi de mordre Kean sans recevoir de coup. J'étais trop fière de moi. Ce me faisait oublier provisoirement le danger mortel auquel je m’étais exposée en attaquant Kean. Ceci me faisait juste l’effet d’un jeu excitant.

J’essayais de me reprendre et de parler à Kean :

-Maître Kean, je suis contente d’avoir été votre élève, mine de rien j’ai appris beaucoup à vos côtés. Vu que l’audace dont je viens de faire preuve en vous mordant risque de me coûter la vie, il préférable pour moi que nos chemins se séparent.

J’avais toujours le sourire aux lèvres, je m’envolais vers le ciel. J’étais passé au-dessus des arbres et je continuai à prendre de la hauteur quand je voulus jeter un dernier œil à Kean. Je vis avec surprise qu’il était attaqué par trois brigands possédant chacun une lame fine.
N’écoutant que mon cœur, je sortis mon poignard et piqua droit sur l’un des bandits, je ne pouvais pas laisser Kean seul face au danger. Je visais un des brigands et lui enfonçais la lame dans sa poitrine en le projetant au sol. Je criais en même temps :

-Loup, attaque !

Canis attaqua l’homme au sol à la gorge pendant que moi je lui donnais un coup de poignard dans la main pour lui faire lâcher sa dague puis je m’en emparai. Je me tournais vers le deuxième homme en prenant ma voix hypnotisante.

« Lâche ton arme et va-t’en »

Mais c’était comme si je n’avais rien fait, le deuxième brigand se jeta sur moi, je reculais en décollant avec mes ailes. L’homme s’effondra la tête fissuré en deux par Kean arrivant par derrière. Le troisième bandit avait été également tué par le chasseur. Les yeux de Kean étaient toujours noirs de fureur à mon encontre. J’allais reprendre de la hauteur et partir quand je vis que le loup était blessé. Avant de rendre son dernier souffle, le premier homme avait réussi à sortir un couteau et à l’enfoncer derrière l’épaule de Canis pendant que le loup l’étouffait en enserrant sa *Censure* autour du cou du bandit.
J’oubliais Kean sur le moment et me précipitais regarder la blessure de mon compagnon loup. Au moment où j’étais en train d’évaluer la blessure de Canis, je sentis qu’on m’attrapait par la nuque et qu’on me plaquait contre un arbre en me retournant. Je sentis aussitôt la lame de la hache contre ma gorge ainsi que les yeux de Kean qui étaient plongé dans les miens en me fusillant du regard. La peur de mourir me prit aussitôt aux tripes, je sentis comme un froid qui m’enserrait, me paralysait.
Kean siffla entre ses dents :

-Tu n’aurais pas dû revenir…

La lame de sa hache s’appuya davantage contre ma gorge. Mes yeux se remplirent de larmes.

-Kean… dis-je d’une petit voix suppliante.

-Je n’aurais jamais dû te laisser une chance.

Il leva sa hache. Mon ventre se serra encore plus, non je ne voulais pas mourir, j’étais terrifiée. Mon cœur se mit à battre frénétiquement comme pour mieux appuyer le désir de vivre. Je suppliais :

-Pitié…je… je suis désolée.

Je vis la lame descendre vers mon cou. Je fermais les yeux et criait : « Non ! » D’une voix suraiguë. J’entendis le loup hurler, sûrement la dernière chose que j'entendrai. La lame me frôla l’oreille et s’enfonça dans le tronc. Je rouvris les yeux, Kean me fixait toujours. Il dit d’une voix menaçante :

- Va-t’en ! Je ne veux plus te voir ! Et prie pour qu’on ne se recroise jamais.

Il retira sa hache du tronc et s’écarta pour me permettre de m’enfuir. Je restais pétrifiée contre l’arbre incapable de réagir, ne réalisant toujours pas d’avoir survécu à sa colère. Je tremblai de tout mon corps.

Kean éleva la voix.

- Dépêche-toi avant que je change d’avis !

Je sursautais, sortie de ma léthargie, puis m’envolai le plus vite possible allant tout droit et ne réfléchissant pas à la destination à prendre. Je m’éloignais le plus vite possible, loin de Kean, laissant mon ami le loup sur place.
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fleurviolette
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mar 9 Juin 2015 - 20:50

japonais-coeur2 japonais-coeur2 japonais-coeur2 japonais-coeur2
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Pokepsy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mer 10 Juin 2015 - 9:24

Fleur tu m'as fait une fausse joie, je croyais qu'il y avait la suite Razz
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fleurviolette
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mer 10 Juin 2015 - 19:31

Désolée Embarassed Embarassed Embarassed Embarassed (Raksha m'avait supprimer mon post , parce poster depuis mon compte anonyme : p )
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Amy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Dim 14 Juin 2015 - 12:42

Le prochain chapitre est terminé, il est en cours de correction. Pour vous faire patienter, voici la fiche personnage d'Amalberga:


Nom: Nanaeldar
Prénom : Amalberga
Surnom:La Dame, Ama
Race: Elfe noir appelé aussi Elfe de la nuit
Age:Inconnu
Spécificité: De par son espèce, elle connait le langage des animaux et a les sens très développés
Pouvoir:La maitrise de l'Eau est son pouvoir de naissance. Elle s'est beaucoup entrainé pour le maitriser. Elle a appris par la suite à maitriser l'air avec son maitre de magie.
Profession:Ambassadrice pour le royaume d'Hosthän.
Arme:une épée et un bâton avec une pierre bleu au bout.
Compagnon: un jeune dragon bleu : Zéphyr.
Caractère: Conciliante, diplomate, gentille, douce, mais peut se montrer froide, intransigeante, calculatrice et redoutable.
Apparence:Une peau sombre dans les gris violacé. Des cheveux violet foncé. Les yeux doré. Élancée, de longue oreilles pointus. Elle porte une armure aux couleurs de son pays d'origine: bleu foncé avec les dorures.

Passé: Les elfes noirs sont une espèce peu connu à Sengoran. Ils sont rares. Ses parents étaient des mages elfes noirs  Peuple nomade les elfes noirs vivent souvent de piraterie et de pillage. Lors d’une attaque, le père d’Amalberga fut tué. Sa mère inconsolable.ne put lui survivre.
Amalberga fut abandonné sur l’île de Berigor Den. Elle fut recueillie par des nains. Malgré les différences ils l'aimèrent vraiment. Mais à l'adolescence son don inné s'est réveillé, le maitriser était devenue vital. Elle était un danger pour les autres en provoquant inondation, ras de marée et toutes autres catastrophes. Sa route croisa celle du mage Ismyël, et devient son élève d’Ismyël. Brillante, elle réussie vite à dompter l’eau. Une fois son pouvoir canalisé, elle put retourner chez les siens à Berigor Den pendant de longues années. Ses parents adoptifs moururent de vieillesse alors qu'elle était encore jeune pour une elfe. Sans famille, elle alla à Halberet'Dûr et devenue proche de Gamelin, le roi du pays d’Hosthän. Par son caractère diplomate et son envie de découverte, elle choisit de devenir l’ambassadrice de Gamelin. Lors d'un voyage diplomate, elle rencontra le seigneur Ghalan, alors roi de Sengoran et bien vite elle se lia d’amitié avec lui, c'est comme celà qu'elle rencontra Kean et El diablo.
Un jour, lors d'un voyage vers les terres de glace, elle y découvrit un œuf de dragon à coté du cadavre d'une femelle dragon... Ne pouvant l’abandonner, elle décida de le garder et de l'élever. C’était un dragon bleu qu’elle prénomma Zéphyr.
Amalberga sut la nouvelle de la mort de Ghalan par le chasseur Kean, elle fut sous le choc. Quelque part, elle se sentait coupable de ne pas avoir empêché la montée en puissance d’Astharof. Elle ne pouvait pas rester à rien faire. Elle s’inquiétait beaucoup pour la jeune Yukina et envoya Kean la protéger. Pour sa part, elle décida de rassembler une résistance…

Dans l'histoire Almendra: Elle découvrit la vampire inachevée au coté de Kean. Indulgente, elle a toujours essayé de la comprendre et l'aider. Elle est la première à prendre conscience qu'Almendra de par son état est instable et risque donc par finir sa transformation un jour. Tant qu'Almendra gardera son âme humaine, elle tentera de l'aider à ne pas sombrer du coté vampirique.

Propriétaire du personnage: Une jeune femme dont le pseudo était Mary.
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Dim 14 Juin 2015 - 22:17

Je suis fan ,bravo les artistes I love you I love you I love you
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Lun 15 Juin 2015 - 17:46

Chapitre 9 : Le repère

Je volais un bon moment l’air hagard avant de reprendre mes esprits. Je pris seulement conscience d’une brûlure au niveau du cou. Je touchais avec ma main et sentis une coupure superficielle, la lame de la hache était tellement affûtée qu’elle m’avait entaillée quand Kean l’avait appuyée contre ma gorge. Je m’arrêtais et fis du surplace. Le loup était resté là-bas, qu’allait-il lui arriver ? Je ne pouvais pas l’abandonner, il fallait que je retourne voir comment il allait. Je réfléchissais… En restant en hauteur, Kean ne pourrait pas m’atteindre. Je pris ma décision et fit demi-tour, tout en faisant le point sur les derniers événements. J’avais essayé sans succès d’hypnotiser un humain, cela n’avait pas marché ce qui signifiait que mon pouvoir d’envoûtement ne marchait sûrement pas sur les créatures supérieures.
Jusque-là, que ce soit le pirate ou les bandits, les humains m’avaient paru lents dans leur mouvements. Mais en y réfléchissant, c’était peut-être Kean et moi qui étions plus rapides et vifs qu’eux.
Quoi qu’il en soit, je n’étais pas faite pour le corps à corps. Il me faudrait trouver une arme à longue distance comme un arc pour pouvoir tirer du ciel.

**********

Lorsqu’il rencontra la mi-vampire pour la première fois, le loup fut victime de son envoûtement. Quand il retrouva ses esprits, il resta perplexe devant la créature ailée. Elle dégageait une odeur qui l’attirait et qui le mettait en confiance. Il lui semblait qu’il avait devant lui la louve alpha originelle. Il se soumit donc naturellement à elle.
De plus, il y gagnait car il était plus avantageux pour la survie d’un loup d’être en meute que d’être solitaire. Son clan précédent l’avait renié car il avait tenté de courtiser avec affront la femelle du mâle alpha en son absence.
Sa nouvelle meute s’agrandit avec la rencontre du demi-elfe. Au début, il s’en méfiait à cause de son odeur humaine et les humains étaient les ennemis des loups. Ensuite il s’y fiait mais il était bien conscient des tensions entre sa femelle alpha et le nouveau mâle. D’autant que celui-ci était un dominant dans l’âme. Mais l’odeur de la fille rendait le loup fou d’affection pour elle.
Puis les animosités commençèrent, les deux dominants se battirent pour la suprématie. Le demi-elfe prit le dessus et faillit même tuer la mi-vampire, ce qui arracha un hurlement de douleur au loup qui s’était attaché à la créature ailée.
Dès que la femelle alpha partit, le charme se rompit. Tout d’un coup, le loup se demanda pourquoi il s’était autant attaché à elle, pourquoi l’avait-il prise pour une déesse.
Il se demanda l’instant suivant qu’est-ce qu’il allait pouvoir faire à présent.
Le demi-elfe le soigna et il lui parut évident qu’il lui était plus avantageux de rester avec lui, le nouveau mâle alpha, que de retourner à la vie solitaire. Il y gagnait en sécurité et en l’assurance d’avoir un repas chaque jour.


*********


Je retrouvais rapidement le lieu où j’avais laissé mon loup. Mais il n’y avait plus personne à part les trois cadavres de bandits. J’atterris à la recherche d’indices sur l’état du loup. J’en profitais également pour boire le sang des morts. Je trouvais une empreinte de loup un peu plus loin avec une empreinte de cheval.
Canis avait donc peut-être suivi Kean. Je repris mon envol et fis plusieurs arcs de cercle en hauteur en repérage mais ne les vis pas.
J’essayais de me souvenir dans quelle direction nous allions avant mon jeu stupide puis je pris cette direction en volant très haut pour pouvoir voir un plus large périmètre. Lorsque j’apercevais des « fourmis », je descendais pour pouvoir les identifier mais au début je ne vis que des cerfs et même un ours.
Je finis par enfin les repérer. Je descendis prudemment et vis que le loup boitait mais au moins sa blessure n’avait pas l’air grave et Kean ne lui avait pas fait de mal, il me semblait même qu’il l’avait soigné d’après des traces de pâtes sur son pelage.
Rassurée, je me demandais ce que j’allais faire maintenant, suivre Kean en espérant qu’il m’amène jusqu’aux rebelles ou partir à la recherche de la dame.
Le loup tout à coup s’arrêta et leva la tête vers moi.


********


Le loup suivait le demi-elfe difficilement, il boitait et avait mal à la patte. Une odeur vient soudainement le frapper. L’odeur de la déesse femelle alpha. Il se figea et leva la tête. Elle était là, elle était revenue, il sentit de nouveau un profond amour l’envahir. C’était sa femelle et il lui devait soumission, loyauté et obéissance.



*******

Kean, devinant ma présence, s’arrêta. Mon ventre se noua. Mais il ne leva pas la tête, il se contenta de parler à voix haute :

- Tiens, ça sent la charogne par ici… Allez Monoka ! Allons respirer un air plus frais !

Puis il partit au galop. Les mots qu’il prononça me firent de la peine, je compris à ce moment-là, qu’il y avait pire que la haine : le dégoût.

J'atterris en face de Canis, celui-ci vint me lécher les mains en frétillant comme un chien le ferait pour dire bonjour à son maître. Je m’agenouillais et toutes les émotions que j’avais accumulées sortirent sous forme de sanglots. Je pleurais longtemps mais ces larmes me firent du bien. Canis, pendant ce temps, me léchait le visage.
Un bruissement de feuille fit grogner le loup, ses poils s'hérissèrent. J’arrêtais de pleurer et regardais : je vis trois loups sortir des fourrés. Leurs attitudes n’étaient pas agressives, ils avaient l’air hésitants et gênés. Un des loups, un grand mâle gris foncé probablement le dominant s’avança timidement vers nous. Canis grogna de plus belle mais je lui intimais d’arrêter. Je me levais, passais devant Canis et tendis une main vers le loup. Celui-ci la renifla puis baissa la tête. Canis s’avança à son tour, les deux mâles se toisèrent puis se reniflèrent prudemment.
Les deux autres loups s’avérèrent être des louves, elles vinrent également nous renifler.
Au milieu de cette meute de loup, je sentais un grand calme intérieur, je me sentais bien parmi eux. J’avais toujours eu le loup comme animal préféré et j’avais l’impression qu’un rêve se réalisait. Néanmoins, j’étais étonnée par leur comportement, c’était comme si je les attirais.
Je décidais de me remettre en route. Je pris mon envol et me dirigeais dans la direction que Kean avait prise, il me semblait que c’était le bon choix. Je volais très doucement en planant pour ne pas épuiser Canis. Sans trop que je sache pourquoi, les autres loups nous suivirent. Cela me fit plaisir, j’avais à présent une meute, ma meute. Par contre, il allait falloir que je surveille les mâles, les deux avaient l’air d’avoir un caractère fort qui risquait de produire des conflits.

Au bout d’une heure à peine je m’arrêtais, Canis boitait de plus en plus et cela me faisait de la peine. J’atterris, puis examinais sa blessure, elle s’était un peu ré-ouverte et suintait. Il me fallait trouver de l’eau pour la nettoyer et le faire boire. Je demandais aux loups de rester sur place et je repris mon vol en repérage. J’aperçus, une mince fumée un peu plus loin, je volais dans cette direction et découvrit une chaumière faite de bois et de pierre. Un enclos était à ses côtés et contenait un cheval ainsi que trois chèvres. Un abreuvoir était présent avec un système de poulie et un seau. Ne voyant pas de présence humaine aux alentours, j’atterris. Je pris le seau en bois et le remplis. Je m’apprêtais à repartir quand une voix grave retentit derrière moi.

- Puis-je vous aider ? lança-t-elle ironiquement.

Je sursautais, lâchais le seau et me retournais la main sur le manche de mon poignard.

-Il ne sera pas utile qu’on en arrive là, dit l’homme en face de moi.

C’était un type costaud, de longs cheveux et une barbe rousse parsemé de blanc. Il devait avoir la cinquantaine. Il portait un arc et un carquois derrière son dos, une dague à sa ceinture et je devinais la présence de couteau dans sa veste remplie de poches. Il semblait revenir de la chasse car plusieurs oiseaux étaient également accrochés à sa ceinture.
L’homme reprit la parole :

- Que comptes-tu faire avec ce seau d’eau, jeune fille aux ailes de dragon, je n’aime pas trop que l’on me vole.

Il fronçait les sourcils, les mains sur les hanches.

-Je…J’en ai besoin pour soigner mon loup blessé…Vous n’avez pas peur de mon apparence ?

-Il n'y a pas grand-chose qui me fasse peur, jeune fille. J’ai vu un peu de tout dans ma vie et j’ai les moyens de me défendre. Mais je vous avouerai que c’est la première fois que je vois une créature comme vous.

L’homme enchaîna :

-Vu que ce seau m’appartient et que je compte bien le garder, je vais venir avec vous soigner votre loup. J’ai quelques plantes médicinale dans mes poches, je pourrais vous être utile.

Sur ces mots l’homme s’avança, prit le sceau, le remplit à nouveau et me fixa.

-Allez-y, je vous suis.

Je ne savais pas comment réagir face à cette situation, son comportement me laissait perplexe. Après un moment d’hésitation, je répondis :

-Je vais y aller en volant.

Je décollai et me mis en route. Puis je ré-atterris près des loups.

-Un homme va venir, n’ayez pas peur.

En sentant l’homme arriver, les trois loups valides hérissèrent leurs poils et reculèrent se cacher derrière les buissons. Je posais une main sur Canis pour lui signifier que j’étais là et qu’il ne devait pas bouger.
L’homme émergea de derrière les arbres, le seau à la main. Il posa le récipient au sol et me tendis des herbes ainsi qu’un petit bol qu’il sortit de sa poche. Il restait à distance du loup blessé.

-Il vaut mieux que vous le fassiez vous-même. Mettez un peu d’eau dans le bol avec les trois feuilles chacune d’une variété différente. Écrasez le tout avec ceci (Il me tendit une cuillère en bois). Ensuite appliquez-le sur sa plaie. Pour finir mettez ce bandage.

Joignant le geste à la parole, il me le tendit l'objet.
Je le remerciais et fis tout ce qu’il dit. Puis je rapprochais le seau vers Canis qui but.
L’homme sourit et parla.

- Permettez-moi de me présenter à présent, je suis Tom Roudier. Je vis seul avec mon épouse dans cette modeste maison que vous avez aperçue. Nous vivons presque exclusivement de chasse et de cueillette.

-Je m’appelle Almendra Pina, je suis à moitié vampire depuis plus de six mois, j’ai gardé mon âme humaine et ma gentillesse.

Tom éclata de rire.

-Je m’en étais aperçu que vous n’aviez pas l’air bien méchante. Si vous voulez, je peux vous accueillir chez moi le temps que votre loup s’en remette.

Est-ce que je pouvais lui faire confiance ? Je n’en avais aucune idée mais je le suivis lorsqu’il repartit chez lui.
Arrivé à la chaumière, il me dit :

-Je vais vous faire visiter et vous présenter à ma famille.

Canis s’allongea près de la fontaine. Tom m’emmena d’abord à l’enclos et me désigna un bel étalon alezan :

-Je te présente Flamme, mon fidèle destrier, ainsi que quelques chèvres servant pour le lait.

Nous entrâmes ensuite dans la maison. Au rez-de-chaussée la cuisine et le salon.
Dans le salon, je découvris avec stupeur un lynx allongé sur un canapé.

-Voici Era, spécialiste dans la chasse aux daims.

Puis nous montâmes au premier étage qui présentait plusieurs chambres et la salle de bain.
Dans une des chambres se trouvait une belle femme aux cheveux châtains.

- J’ai l’honneur de te présenter ma femme Elysa.

La femme me fit un signe de tête. Puis son regard se fixa sur ma robe.

-Je vais te prêter une de mes robes, pendant ce temps tu me passeras la tienne pour que je la lave. La salle de bain est aussi à ta disposition si tu le désires.

-Merci madame.

Je pris la robe qu’elle me tendait puis j’allais à la salle de bain me laver.

Une fois propre, j’enfilais la robe prêtée et tendis la mienne à la femme. Puis je rejoignis le salon où se trouvait l’homme en remettant mon manteau noir.

-Tu tombes bien, me dit-il. J’avais à te parler. Peux-tu m’en dire plus sur toi, comment es-tu arrivé ici ? Et surtout, comment as-tu eu ce poignard que je connais ?

-Je suis arrivée dans ce pays en volant. J’étais il y a peu une pauvre créature égarée qui errait sans but. Sur ma route, j’ai croisé un demi-elfe qui m’a appris à m’accepter comme je suis, il est devenu mon mentor. C’est lui qui m’a donné ce poignard. Hélas, je me suis disputée avec lui cette après-midi et nous sommes repartis chacun de notre côté.

-Ce demi-elfe ne s’appellerait pas Kean Shaolan Khudan par hasard ?

-Vous le connaissez ?

-Un peu. (Il haussa les épaules) Nous avons un jour combattu ensemble, c’est là que j’avais vu ce poignard particulier. Si tu es devenue son disciple c’est que je peux te faire confiance, tu es des nôtres. Excuse-moi de t’avoir posé toutes ces questions mais je devais savoir car pendant que tu te changeais, un épervier est venu me transmettre une missive importante (Il me montra un papier qu’il avait en main) Je dois me rendre de toute urgence à la citadelle cachée. Elysa restera ici pour garder la maison. Libre à toi de faire comme tu le sens.

-Je viens avec vous.

-Il te faudra porter ton loup alors car je vais y aller au galop.

Il alla embrasser sa femme et ils s'échangèrent quelques mots en s'embrassant. Ensuite il sortit de la maison et entra dans l'enclos du cheval. Il le brossa brièvement et le scella. Il alla ensuite chercher une sacoche et ses armes.
Montant sur son destrier, il se retourna et me tendit la main:

-Il vaut mieux que tu montes avec moi. Si tu me suis en volant, nos soldats vont croire que tu me poursuis et ils t’abattront.

Je hochais la tête et rentrais mes ailes puis me hissa sur le cheval, je calais Canis sur mes genoux. Tom me regarda étonné.

-Je ne savais pas que tu pouvais faire disparaître tes ailes mais c’est une bonne chose.

Puis il élança l’étalon Flamme au galop en direction du repère des rebelles. Le lynx nous suivit ainsi que, plus en retrait et discrètement, les trois autres loups.

Nous chevauchâmes plusieurs heures, ce qui fit que nous arrivâmes aux abords de la citadelle au beau milieu de la nuit. Tom s’arrêta brutalement. Il fit faire un demi-tour sur place à Flamme et brandit son arc. Era le lynx grogna en direction des arbres. Trois paires d’yeux nous guettaient, je compris instantanément de quoi il s’agissait.

-Ne tirez pas Tom, ce sont sûrement les autres loups !

-Quels autres loups ? demanda le chasseur perplexe.

-À part Canis, il y a aussi trois autres loups qui me suivent et sont amicaux. Ils ont juste très peur des humains, c’est pourquoi ils restent en retrait.

-Pourquoi ne pas me l’avoir pas dit plutôt ! gronda l’archer.

- Excusez-moi, j’ai oublié, répondis-je en rougissant, gênée.

Tom redirigea Flamme et à peine quelques mètres plus loin, nous traversâmes plusieurs ponts en bois au-dessus de profonds ravins. Tom me parla :

-Il y a plusieurs entrées secrètes pour accéder au repère. Pour les personnes à pied, il y a une trappe quelque part mais je ne te dirais pas où. Nous, nous allons accéder à l’entrée pour cavalier.

Nous avançâmes jusqu’à une cascade. Puis à mon grand étonnement, nous traversâmes la barrière d’eau pour aboutir à une vaste caverne.
Je descendis de cheval en prenant soin de déposer Canis avec douceur. Les autres loups préférèrent rester à l’extérieur. Je me tournais vers Tom.

-Vous pourriez m’apprendre à tirer à l’arc ?

Tom sourit.

-Pourquoi pas, oui à l’occasion. Peux-tu t’occuper de Flamme? Je dois me rendre au plus vite auprès des personnes qui m’ont contacté.

Je le vis se diriger vers un escalier en pierre en colimaçon et monter.
Un garde rebelle m’indiqua où se trouvaient les écuries.
Je pris donc Flamme par la bride et cherchait un emplacement libre. Mon ventre se noua quand je reconnus Monoka mais heureusement nulle trace de son maître. Je pensais pourtant qu’il allait à la capitale, que faisait-il ici ?
Trouvant un emplacement libre, je fis entrer Flamme et m’empressais de le desseller et de lui retirer la bride. Ensuite j’allais chercher un seau d’eau et du foin pour l’étalon. Je lui fis quelques caresses puis je le laissais tranquille.
En repartant, je décidais d’aller voir Monoka, je culpabilisais de l’avoir renversée.
Hélas en m’approchant la jument s’agita, paniquée. J’essayais de la rassurer mais je n’y arrivais pas. J’utilisais donc l’hypnose.

« Doucement ma belle, n’aie pas peur… Je suis tellement désolée de t’avoir bousculée la dernière fois, je te promets que je ne recommencerai plus ».

La jument se calma, je rentrais dans sa stalle et la caressais. Je crus bien faire ensuite en levant l’hypnose mais la jument sursauta et se cabra en hennissant. Je sortis donc précipitamment du box et m’éloignais le plus vite possible des écuries. J’avais peur d’attirer l’attention, surtout celle de son redoutable maître.
Je vis que Canis et Era s’étaient chacun de leur côté trouvé un coin où s’installer. De mon côté, je décidais d’essayer de retrouver Tom, vu que je n’avais pas reçu de consignes particulières où et quand le retrouver.
Je pris donc l’escalier en colimaçon. J’arrivais dans un lieu difficile à décrire. J’étais comme à l’intérieur d’un arbre géant. Un petit escalier en bois fin montait le long. Je grimpais jusqu’en haut. Au sommet, je compris que c’était bien un arbre géant. Des plates-formes avaient été installées, faisant office de plancher. Les branches étaient des passerelles qui menaient à d’autres plates-formes. Je me sentais complètement perdue<, je ne savais pas où aller. J’étais contente d’être sous forme humaine, car les quelques personnes que je croisais n’avaient pas l’air de se soucier de moi, je sentis même une sorte d’agitation. Je regardais par curiosité au bord de la plate-forme à quelle hauteur j’étais : dix mètres au moins. Je me retournais et m’apprêtais à prendre une passerelle pour continuer à chercher Tom quand une voix menaçante à côté de moi retentit.

- Que fais-tu là ?!

Je sursautais en reconnaissant Kean. Il s’avança vers moi, alors prise de panique je reculais brutalement, ce qui me fit basculer et tomber en arrière dans le vide.
Je sortis précipitamment mes ailes et commençais à me retourner, hélas je n’en n’eus pas le temps. Les os de mon aile droite se brisèrent en percutant violemment le sol. Ensuite mes côtes du côté droit se fêlèrent en touchant le sol puis ma tête cogna et je perdis connaissance.

*********


La nuit était à peine tombée que le prince ouvrit les yeux. Il se détacha du plafond, épousseta son manteau noir doublé de rouge puis sortit de cette maison abandonnée.
Il s’étira, déploya ses grandes ailes noires puis s’envola.
L’air était son milieu de mouvement préféré, il aimait sentir le vent lui fouetter le visage et de voir le monde sous ses pieds avec ses habitants de la taille d’une fourmi. Seuls les vampires au sang pur possédaient un ou deux de ses pouvoirs et parmi eux seul un vingtième avait la capacité de posséder des ailes.
Le prince de la nuit décida de faire le tour de ce royaume pour dénombrer ses membres vampiriques. Survolant le fleuve Yseul, le vampire aperçut tout à coup un elfe aux cheveux noirs qui portait une sorte de lance, il semblait se diriger vers la capitale.
Lorsque le vampire l’aperçut, il sentit sa haine des elfes le brûler. Il les haïssait tout en adorant leur sang si fin, si délicat et parfumé. Il se jeta sur sa victime sans lui laisser de chance et le vida de son sang. Sa longue expérience lui avait appris qu’ils ne devaient pas s’amuser avec les elfes mais les tuer directement.
En le mordant il sentit l’odeur humaine mélangée à l’odeur d'elfe et en le goûtant il comprit que c’était un hybride.
Une fois le demi-elfe exsangue, il entreprit de l’observer. Il vit que sa victime avait de grand yeux bleus devenus vitreux, il portait une cape elfique censée le rendre invisible au commun des mortels mais non aux vampires. En le fouillant, le prince découvrit le symbole d’Astharof cousu sur ses vêtements. Il en conclut donc que c’était un missionnaire du monarque de Sengoran. Le maître des vampires reconnut la lance comme étant celle de la trahison. Ainsi donc ce petit roi ambitieux voulait réveiller les dragons de Sengoran pour sa soif de puissance. À cette pensée, le prince ricana. Pourquoi pas ? Ce faible humain avait soif de pouvoir mais lui Drakul non, il n’en éprouvait pas le besoin car il se sentait assez puissant comme ça.
Le réveil des sept dragons allait tout de même être quelque chose, il avait hâte de voir le spectacle, pour une fois qu’il se passait quelque chose d’intéressant, il serait aux premières loges pour y assister.
Le prince prit la lance en main et se dirigea vers le château pour l’amener à celui qui la désirait.
Six mois auparavant, le prince avait subi une terrible frustration en créant pour la première fois un vampire inachevé. Cela l’avait à la fois intrigué et humilié. Abandonnant sa créature, il était reparti dans ses terres natales, puis quelques jours plus tard il entreprit une immense recherche sur ces vampires de pacotille. Ce qu’il apprit le rassura, ces cloportes pouvaient donc finir par devenir des vrais vampires. Il se dit qu’il ferait mieux de remettre la main sur la demoiselle pour l’encourager à se laisser aller au vampirisme. Elle deviendrait une vampire noble, une de ses maîtresses. Le prince retourna donc sur l’île d’Hêkno où il l’avait trouvée. Mais trois mois s’étaient passés et il n’en trouva nulle trace. Bien entendu, comme tous les vampires qu’il avait crées, il savait qu’un lien mental l’unissait à elle. Le souci c’était qu’il en avait tellement engendré qu’il lui fallait une grande concentration pour distinguer son lien des autres. Il ne voulut pas perdre son temps, il se concentra juste suffisamment pour détecter qu’elle était encore en vie et qu’elle était au nord. Il ne chercha pas plus loin par flemme, se disant qu’il finirait bien par tomber dessus.
Il faisait route à présent en direction du château. Comme à son habitude il entra en catimini, repéra le roi et entra en se plaçant devant lui.

-Bonjour Monseigneur.

Le monarque tressauta légèrement en entendant cette voix vil et méprisable dans son dos. Il se leva et se retourna. En colère, par son intrusion et son manque de politesse, même de la part d’un prince, il le sermonna mais à quoi bon. Drakul se jouait de lui.

- Ne pouvez-vous pas frapper à la porte comme tout le monde ! J’ai horreur que vous apparaissez comme ça en douce !

Le vampire sourit en découvrant ses canines.

-Veuillez m’en excuser monseigneur, Dit-il en mentant. Je viens vous apporter quelque chose qui vous appartiens il me semble.

Il montra la lance de la trahison.

-En revanche, j’espère que vous ne teniez pas à votre valet demi-elfique, j’en ai fait mon repas.

Le prince ricana et tendit la lance au roi. Astharof empoigna d’un geste sec l’objet l’arrachant presque des mains de vampire. Il l’examina. Sous la lumière du foyer, l’arme dorée étincelait. La pointe de la lance était pointue et tranchante. Cet examen n’avait pris qu’une fraction de seconde. Mais dès que le monarque releva les yeux, le vampire avait disparu.



**********

J’étais dans la forêt. Tout à coup, je me sentais poursuivie, je courais, le ciel devenait de plus en plus sombre, les arbres touffus furent remplacés par des arbres morts. Je m’arrêtais, regardais autour de moi. Quelqu’un me saisit pas derrière et me chuchota à l’oreille « tu m’appartiens, viens à moi et je ferai de toi la princesse des ténèbres ». L’individu me lécha le cou puis planta ses crocs dans ma gorge. Ensuite il partit d’un grand éclat de rire diabolique et disparut. À ce moment-là, tout devint rouge, j’avais une envie de sang et de meurtre, je me transformais en vampire et j’égorgeais, étripais les humains qui se trouvaient sur mon passage avec un rire démoniaque. Je vis un semi-elfe aux yeux bleus mort par terre avec une lance et plus loin une femme avec une capuche et des cheveux sombres m’observait. Une hache apparut dans mon champ de vision, sa lame brilla puis elle s’abattit sur moi. Je hurlais avant d’être décapitée.

Je me réveillais en sursaut le corps parcouru de tremblement. Dès que je repris conscience, je sentis une douleur fulgurante sur mon flanc droit. À chaque respiration j’avais les côtes qui me faisaient horriblement mal. Je sentais aussi mon cœur battre dans ma tête comme si je recevais un coup de poing à chaque pulsation.
Je voyais flou devant moi, je distinguais deux personnes mais je refermais les yeux, je n’étais plus que douleur. Moi qui avais peur de la mort, je l’envisageais à ce moment-là comme une délivrance.
J’avais si mal, il fallait que ça cesse, c’était insupportable. Je sentis qu’on me mettait un récipient dans la bouche, je refusais d’avaler. J’entendais :

-Buvez, ça vous permettra de guérir plus vite. Nous avons remis les os de votre aile droite en place par la magie, il faut maintenant que vos os se ressoudent. Vous vous sentirez mieux ensuite, il y a aussi un anti-douleur ajouté à l’intérieur.

Je bus la mixture, elle était amère. Je demandais d’une voix d’outre-tombe vu mon état.

- Où est Kean ? et Tom ? et mon loup ?

Un des hommes me répondit :

-Kean est en entretien et je doute qu’il veuille te voir. Tom est parti en mission. Quant à ton loup, nous l’avons emmené à l’extérieur du repère.

Je fermais les yeux, puis les ré-ouvris. Déjà ma vision s’améliorait et j’avais l’impression d’avoir un peu moins mal si je restais immobile.

Je repris :

- J’aimerai parler à Kean, je regrette ce que j’ai fait, j’aimerai lui présenter mes excuses

Je savais que ça ne changerait rien mais au moins je libérerai ma conscience. Les mages se regardèrent puis haussèrent les épaules.

-Nous transmettrons le message, mais il n’est pas du tout certain qu’il fera le déplacement.

Ensuite ils sortirent de l’endroit où j’étais, une petite chambre, il me semble.
Je restais couchée, l’esprit ailleurs plusieurs minutes voire des heures, je n’en savais rien, j’essayais de ne penser à rien pour essayer sans succès d’oublier la douleur lancinante dans les côtes. Du côté de l’aile droite je ne sentais rien, comme si je ne possédais qu’une aile gauche. J’entendis la porte s’ouvrir, puis une voix que je connaissais trop bien.

- Qu’est ce que tu me veux ?

Le ton tranchant et glacial de Kean avait résonné dans la pièce. Sa voix me fit grincer les dents. J’ouvris les yeux, me redressais pour m’asseoir, tentais de le regarder, pris une inspiration douloureuse puis répondis :

-Je regrette de m’être comporté de manière aussi infantile avec toi, je n’aurais jamais dû te mordre. J’ai joué à un jeu idiot. J’ai compris la leçon, je ne le ferai plus et à personne.

-Ce n’est pas vraiment un jeu, c’est une trahison, tu m’as attaqué sans raison. Je me fous de tes excuses mais je serai content que tu ne recommences plus, ce ne serait pas bon que je regrette de ne pas t’avoir tuée.

J’avais envie de lui répliquer qu’à l’heure où j’en étais, cela m’était égal mais je m’abstenais, c’était jouer un jeu trop dangereux.

- Ce que j’ai fait je le regrette mais je ne suis pas d’accord avec toi, c’était seulement un jeu, une sorte de défi, un peu exagéré certes mais cela ne mérite pas la mort. Je ne t’ai pas affaibli, juste pris quelques gouttes de sang.

Les yeux de Kean se mirent à briller et ses poings se serrèrent, puis un sourire qui n’avait rien de bienveillant apparut sur son visage.

-Tu veux jouer ? Ok on va jouer, je vais moi aussi me lancer une sorte de défi.

À ces mots, je mis l’aile qui me restait devant moi en maigre bouclier. J’entendis Kean faire le tour de la salle puis se poster derrière moi. Le demi-elfe m’attrapa et me plaqua contre le mur, mettant sa main gauche sur ma bouche et bloquant mon côté gauche de son poids. La domination était totale. La main de Kean me pinçait aussi le nez. Je fus donc soudainement privée d’oxygène. J’attendis une vingtaine de seconde, immobile, puis manquant d’oxygène je commençais à me débattre. J’essayais sans succès de mordre la main alors je crachais dedans espérant que l’agresseur dégoûté lâche prise mais rien n’y faisait.
Plus je me débattais, plus mes côtes me faisaient souffrir et plus mes poumons s’enflammaient. J’essayais de crier mais ne réussit qu’à faire un son étouffé. Les souvenirs des tortures de Drakul me revenaient à la mémoire, c’était horrible de manquer d’air, c’était si douloureux. Je suffoquais. Respirer, voici la seule pensée que j’avais en tête, un petit brin d’air.

Puis l’étreinte de sa main se desserra, me laissant un filet d’air revenir.

J’entendais comme venant d’ailleurs :

- Alors, il est marrant mon jeu ? Attends, je vais le rendre encore plus drôle. Puisque que tu m’as « juste pris quelques gouttes de sang », si je décidais de prendre juste un peu du plaisir juste pour m’amuser.

Accompagnant les gestes à la parole, Kean passa rapidement sa main droit le long de mon corps. Mes yeux s’écarquillèrent de panique.

Je commençais à sentir mes membres s’engourdir et ma vision s’éteindre. À ce moment-là, les mains se retirent, puis ce fut le trou noir.

Je me réveillais à nouveau, mon premier réflexe fut de me mettre à respirer à grandes bouffées.

Tremblante comme une feuille, je m’exclamais :

-Ne me refais jamais ça Kean, je te déteste !

-Maintenant on est quitte, tu sais ce que j’ai ressenti. Un conseil, arrête de te conduire comme une gamine pourrie gâtée car tu es entrée dans la cour des grands, que tu le veuilles ou non. Les jeux ou les défis n’ont plus de place dans ce monde et n’oublie pas que chaque acte même minime a ses conséquences… Bienvenue dans la réalité ma chère… Ah et n’aie crainte, je ne viendrai pas te violer dans ton sommeil, je ne suis pas encore si désespéré.

Il partit en claquant la porte.
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Amy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mer 8 Juil 2015 - 21:58

Chapitre 10 : la mission

Après le départ de Kean, je pleurais un moment, recroquevillée sur moi-même. Qu’avais-je fait pour mériter toutes les choses qui m’arrivaient ? J’étais tellement bien en humaine, dans ma famille. Pourquoi le destin s’acharnait-il contre moi ? Et Tom ? M’avait-il abandonnée ? Pourquoi n’était-il pas venu me voir avant de partir en mission ? Je finissais par m’endormir. Lorsque je me réveillais, je vis qu’il faisait jour dans la chambre où j’étais. Un plateau repas était posé sur la table de nuit à côté de moi, mais je n’y touchais pas. Je n’avais envie de rien sauf dormir et oublier la dureté du monde…
Quelques jours passèrent, je perdais la notion du temps. Je dormais ou restais le regard dans le vide, la plupart du temps. De temps en temps, un des mages revenait et me proposait de manger. Au fur et à mesure, les repas étaient enrichis en sang mais je les refusais. À quoi bon vivre si c’est pour continuer à souffrir et être traitée comme un monstre ? Je ne prêtais plus attention aux va-et-vient des mages qui semblaient de plus en plus nerveux et inquiets, aussi je fus surprise en voyant une demi-elfe venir dans ma cellule et s’agenouiller devant moi. Elle avait de longs cheveux noirs et portait une armure légère. La question qu’elle me posa m’interloqua, car je ne m’y attendais pas :

-Pourquoi as-tu mordu Kean ?

Je lui répondis d’une voix monotone :

-Je ne sais trop comment l’expliquer, Kean était toujours en train de me rabaisser et d’être désagréable avec moi. Je voulais lui donner une bonne leçon et en même temps je me pris au jeu. Je savais qu’il serait en colère mais je n’imaginais pas qu’il me haïrait, je pensais qu’il allait juste me gronder et me pardonner. De toute façon je le déteste aussi à présent, il est trop horrible avec moi. Si j’avais su, je ne serais pas revenue l’aider lorsqu’il a été attaqué par trois brigands après ma morsure.

Je soupirai.

-Voilà où me mène ma loyauté et mon cœur.

Un rebelle entra derrière la jeune fille pour lui transmettre une information. Je compris que cette personne était quelqu’un qui avait un rôle important dans la hiérarchie des rebelles :

-Mademoiselle, je suis désolé de vous interrompre mais une meute de loup rôde autour du camp avec insistance depuis plusieurs soirs.

Alertée, je répondis aussitôt :

-Ne leur faites pas de mal, ils sont avec moi.

La demi-elfe semblait surprise. Elle ordonna donc au rebelle de les laisser tranquille.

-Il ne faut pas que tu te laisses abattre par un seul individu, tu dois te battre, montrer ta valeur. Sais-tu ce qui arrivera si tu te laisses mourir ?

Je secouai la tête de droite à gauche. Si je mourais, je n’existerais plus. Il n’y avait rien à ajouter. La demi-elfe me donna une information contraire que j’ignorais :

-Tu deviendras un vampire entier, un monstre assoiffé de sang qui tuera tout sur son passage. Est-ce que tu veux ?

Mon sang se glaça, je n’aurais jamais pensé à cette conséquence désastreuse. Je jetai un regard affolé à la rebelle :

-Non surtout pas, je ne veux faire de mal à personne.

-Dans ce cas, ressaisis-toi ! Déjà, il faut que tu te relèves un peu, il n’est pas bon de rester allongé.

La jeune fille de sang mêlé m’aida à m’asseoir puis me tendit un bol qui était posé sur la table. Il y avait une sorte de mixture imbibée de sang à l’intérieur.

-Il faut que tu te nourrisses aussi !

Je fis la grimace.

-Je n’ai pas vraiment faim.

-Alors, force-toi ! Je dois y aller, je repasserai demain matin. J’aimerai te trouver en meilleure forme que ça.

La demi elfe se leva.

-Attends ! Je ne connais pas ton nom.

La jeune rebelle me sourit et me répondit avant de partir :

-Je m’appelle Mizu.

************

Le prince chercha une demeure digne de lui. Il en trouva une habitée par l’élite de l’armée du roi et les massacra tous. D’autres vampires vinrent le rejoindre.
Certains de haut rang vinrent se présenter au prince et lui proposèrent leurs services. Les vampires de base restèrent dehors tête basse et faisant profil bas. C’était des charognards qui buvaient les cadavres laissés par le prince.
Drakul demanda aux vampires de sang plus ou moins pur un compte rendu sur l’état de ce pays et sur les races qui y habitaient.

-La moitié de la population sont des humains, les autres des elfes. Il y a également beaucoup de sang mêlés des deux espèces. Toute la population est tellement maigre et maladive qu’ils ont peu de sang, et médiocre dans les veines. Les soldats et autres personnels du roi sont plus intéressants car mieux nourris, mais leur sang possède un arrière-goût alcoolisé à force de boire. Sinon il y a aussi quelques créatures bizarres : un démon noir qui se téléporte, une sorte d’ange aux ailes noires et aux cheveux rouges, deux dragons ont aussi été aperçus. Celui qui fait le plus peur à la population est un mi-homme mi-démon, assassin du roi actuel, qu’on surnomme Le corbeau. Ha oui j’allais oublier, des rumeurs courent comme quoi il y aurait une jeune fille avec des ailes de vampire au sang pur.

Le prince écouta attentivement l’énumération des espèces présentes. Il tiqua sur la rumeur.

- Trouvez-moi la fille aux ailes de chauve-souris et ramenez-la-moi vivante.

Se pourrait-il que ce soit l’hybride qu’il avait créé ? Il préférait en avoir le cœur net. Le vampire, qui lui fit le compte rendu, s’inclina et partit.
La nuit suivante, le prince sortit de sa nouvelle demeure. Le ciel était dégagé, les étoiles brillaient et la lune était à son dernier quartier. Il s’étira, se transforma en chauve-souris puis alla se balader. Depuis le temps qu'il était un vampire, le prince pouvait rester plusieurs semaines sans boire ou éprouver une sensation de soif. Il tuait plus par plaisir à présent que par soif.
Le vampire qu'il avait envoyé se renseigner sur l'existence ou non de la créature, qu'il avait engendré récemment, était un vampire qu'il avait créé il y a six cents ans. Comme tous les vampires qu'il avait créés, il avait accès à son esprit donc pouvait lui faire passer des messages.
Il se concentra donc sur lui. Son nom était Prilep. Il lui demanda où est-ce qu'il en était de sa mission. Le vampire lui répondit qu'il n'avait rien de nouveau, mais qu'il venait d'apercevoir une elfe chevauchant un dragon. Donc il s'apprêtait à aller l'espionner au cas où. Drakul lui rappela de se méfier de la perfidie des elfes.
Quelques heures plus tard, le prince sentit un malaise au fond de lui, suivi d'un flash où il voyait une elfe à la peau noire brandir une épée et le décapiter. Il savait que c'était Prilep et sa mort le remplit de colère comme toutes les morts des sangs purs.
Maudit elfe ! Cette sale garce d'elfe allait le payer. Il la retrouverait et la tuerait en lui infligeant le maximum de douleur.
Fou de rage, il alla dans une vieille ferme et étripa pour se détendre les pauvres paysans qui s'y trouvaient puis il brûla la ferme.


***********

Je volai sous la beauté des étoiles m’amusant à y faire des figures. J’avisai un village et je m’amusai à égorger tout le monde et y mettre le feu. Reprenant mon envol, j’aperçus un dragon bleu chevauché par une elfe venir vers moi. Je reconnus Zéphyr et Amalberga mais leurs yeux sont remplis de colère. Le dragon m’encerclai et la dame me décapita d’un coup d’épée.
Me réveillant en sursaut, je me redressais essoufflée au bord du lit. Ces cauchemars commençaient à m’inquiéter. Depuis deux jours, je reprenais des forces, j’avais hâte de guérir et de partir d’ici. Le son d une forte agitation m’interpella. Je me levais en me tenant le côté droit encore un peu douloureux, puis m’avançai vers la porte, tournai la poignée mais rien ne bougeait. Je restais sur le coup surprise, puis en me concentrant je me rappelais qu’à chaque fois que quelqu’un venait me voir, j’entendais un déclic. Je n’y avais pas fait attention jusque-là. Donc depuis le début, j’étais leur prisonnière et cela m’attristait.
J’appelai :

-Il y a quelqu’un ? J’aimerai sortir.

Le silence me répondit. J’avais plus qu’à attendre que quelqu’un vienne. Je soupirai.
Je voulus étirer mes ailes, mais j’oubliais que celle de droite était dans le plâtre, en se dépliant elle le fit exploser. Au bruit fracassant, je sursautai et poussai un petit cri.
Puis je souris à moi-même de m’être fait peur toute seule. J’étais ravie de voir que mon aile droite s'était totalement remise alors que c’était la plus touchée. Je défis le bandage de mon torse pour voir mon côté droit. Une immense tache jaunâtre parcourait mes côtes. Je touchais, c’était encore un peu douloureux mais sinon ça pouvait aller.

Combien de temps tournais-je en rond ? Trente minutes ? Une heure ? Deux heures ? Plus ? Quelque chose se passait dehors, j’entendais courir, partout autour de moi, mais personne ne s’arrêtait à mon niveau. J’avais soif. Depuis combien de temps n’avais-je pas bu un vrai bol de sang et pas une sorte de purée avec un fond de sang ? Combien de temps étais-je enfermée ici ? J’essayais de réfléchir. Avant d’arriver au fort, je n’avais pas bu depuis un jour et demi. Ensuite j’avais perdu connaissance et je restais plusieurs jours enfermée ici le temps de guérir, trois jours ? Une semaine ? Je n’étais pas sûre, vu que j’avais perdu la notion du temps.
Quoiqu’il en était, j’avais besoin de sang, et plus j’attendrais moins je pourrais me contrôler.
Je sentais déjà mes canines pointer et mes yeux prirent sûrement leurs éclats émeraude.
Cette soif et cette solitude commençaient à me rendre folle et à me donner des idées noires, j’avais la rage !
La rage contre les rebelles, je commençais à les détester. Ils m’avaient soit abandonnée soit ils avaient décidé de me laisser mourir de faim. Oui, ça devait être ça ! Ces êtres cruels attendaient que je me transforme en vampire pour pouvoir prendre plaisir à me décapiter, j’étais sûre que c’est une idée à Kean !
Kean, celui-là, je regrettais de ne pas l’avoir vidé de son sang. J’aurais aimé le tuer, enfoncer à nouveau mes crocs dans sa gorge cette fois ou bien lui arracher le cœur.
Je poussais un grognement et me lécha les babines, un sourire cruel aux lèvres.

Un bruit métallique, venant de la porte, attira mon attention. Je grognais sourdement. La porte s’ouvrait et une odeur alléchante vint chatouiller mes narines. J’écartais les ailes et feula en découvrant mes crocs, prête à bondir. Mais la vue d’Amaberga m’arrêta net. Elle avait été gentille avec moi à notre dernière rencontre. Je repliai mes ailes, puis pris mon oreiller et le serra très fort, je lui tournais le dos, me mordant la lèvre inférieure.

-S’il vous plaît, allez-vous en. J’ai tellement soif que j’ai peur de ne plus pouvoir me contrôler. J’ai besoin de sang…Je suis prisonnière ici depuis je ne sais comment de temps sans boire ce liquide écœurant mais tellement bon à la fois. J’en perds la raison, je ne sais plus ce que je dis, ce que je fais et ni qui je suis.

L’elfe semblait avoir deviné mes besoins avant de venir me voir. Une odeur de sang me chatouillait déjà les narines et du coin de l’œil je vis qu’elle avait un seau dans les mains :

- Je sais que tu as besoin de sang, que tu le veuilles ou non. Il faut que tu en boives, c'est plus fort que toi. Je ne peux te blâmer pour cela puisque dorénavant c'est une partie de ton être. Justement, je t'ai apporté un peu de sang frais.

La dame posa le récipient sur une table, puis se recula de quelques pas. Je me jetai sur le récipient et bus à grosses gorgées ce nectar. Il n’était pas savoureux, je reconnus du sang animal, mais au moins il calmerait ma soif un temps.

- Évidement tu as dû reconnaître au goût que ce n'était que du sang de porc. Mais il paraît qu'il est proche de celui de l'humain. Pour l'instant cette dose devrait te suffire pour calmer ta soif...


Je ne répondis pas, trop occupée à aspirer tout le contenu du seau, mais mes oreilles écoutaient ce que l’elfe me disait.

- Je sais qu'on a déjà dû te le demander mais j'aimerai avoir ta version des faits, sur ce qui s'est passé avec Kean. Juste pour me faire ma propre opinion. Veux-tu bien m'en parler ?

Je léchais les dernières gouttes de sang, je me sentais beaucoup plus sereine à présent. Une fois repue, je constatais que la haine et la colère que j’éprouvais à l’encontre de tout le monde avaient disparu. J’étais redevenue moi-même. Je sentis monter en moi une bouffée de reconnaissance. Sans réfléchir je m’approchais de la Dame et je l’enlaçai :

-Ho merci ! Merci beaucoup pour votre gentillesse, ça faisait tellement longtemps !

La dame me repoussa gentiment, je me reculais donc d’un pas.

- Excusez-moi…

Je n’avais pas du tout envie de raconter à nouveau mon conflit avec mon mentor. Je soupirai et me lançai :

-J'ai attaqué Kean à la fois pour me venger d'avoir été aussi désagréable avec moi et par jeu. Je sais, c'était idiot, je le regrette maintenant. Je n'ai pas imaginé que mon geste aurait entraîné de telles conséquences. Je savais qu'il serait en colère mais pas qu'il me haïrait et tenterait de me tuer. Je me suis excusée auprès de lui et maintenant je ne veux plus avoir affaire à lui. Il me fait peur, je le déteste même. Il a été violent avec moi à plusieurs reprises et j'ai cru y passer...

Un frisson me parcourut et je me tus. La Dame reprit la parole :

- Je vois... Hé oui ! Quand on joue avec le feu, on se brûle forcément… Enfin, maintenant il n'est plus possible de revenir en arrière pour vous deux. C’est dommage, avec un peu de temps, vous auriez pu faire une bonne équipe… Bon à l'avenir, il faudra trouver une autre personne pour veiller sur toi. On ne peut pas te laisser comme cela… Bref, tu devrais t'arranger un peu, histoire d'avoir un visage plus humain ! Surtout que quelqu'un arrive…

Il y avait une bassine d’eau, je me lavais les mains et le visage afin d'enlever toutes traces de sang.

Amalberga me demanda :

- Sinon comment te sens-tu vraiment ?

- Maintenant que j'ai bu, je me sens mieux. Je suis contente que vous soyez là car je voulais vous revoir pour vous parler de quelque chose qui me préoccupe. Je fais tous les jours des drôles de cauchemars, je ne suis pas sûre que cela en soit vraiment. Ça se déroule toujours de la même façon. Je suis humaine puis le vampire qui m'a transformée apparaît. Il m'invite à le rejoindre puis me mord, ensuite je deviens un vampire mais je ne suis plus moi. C'est comme si j'étais quelqu'un d'autre car je deviens cruelle et sanguinaire, semant la mort autour de moi. Le « rêve » se termine par la vision d'une hache qui me décapite. Sinon je vois souvent des personnages autour mais c'est bizarre. J'ai l'impression qu'ils existent dans la vraie vie alors que je ne les ai jamais vus. Ah et la nuit dernière, dans mon cauchemar, le vampire était furieux parce que vous aviez tué un autre vampire.

-Oh... En effet, ça s’est réellement passé… Je t'expliquerai plus tard...

C’est à ce moment-là que Mizu ouvrit la porte. J’étais fortement intriguée par ce que venait de me dire la Dame.

-Bonjour, je venais m’enquérir de la santé d’Almendra. Je suis ravie, je vois que tu vas beaucoup mieux depuis hier. Tu as enlevé tes bandages ?

-Oui je suis guérie.

Je lui montrais que j’arrivais à bouger mon aile sans problème et mon flanc droit qui était en train de guérir aussi. (phrase répétée)
Diablo apparut brutalement et nous interrompit.

-Mizu, va réunir tout le monde dans la salle de la sortie de secours et fais monter toutes les femmes et enfants dans les calèches. Fais les partir immédiatement, la sortie est à deux kilomètres plus loin. Nous n'avons que deux heures pour évacuer tout le monde et les mettre à l’abri dans la forteresse d'Yseul. Je sais que tu ignores son existence mais c’est tout à fait normal. Il n’y avait que le roi et le chef des armées secrètes qui devaient être au courant, car c’est à cet endroit que sont nos armes les plus redoutables. Dis à la princesse de m’attendre là-bas et dis-lui que j’ai des nouvelles concernant Asyendil, ça la fera certainement patienter. Et je vous indiquerai le chemin dès que je me serai entretenu seul avec la Dame et Almendra.

Diablo disparut et réapparut avec le corps d’un homme.

-Tiens, étanche ta soif. J’ai une mission importante à te confier. Tu auras besoin de toutes tes forces et de ressembler à un vampire en pleine forme et pas affaibli. Tu veux faire partie des nôtres ? Très bien je suis d’accord, alors bois et prépare-toi. Je reviendrai juste après pour t’expliquer en quoi elle consiste.

Puis il partit avec la Dame, me laissant seule avec le corps. Je me penchais, il était tiède mais l’homme était mort. J’étais déjà assez rassasiée par le sang de porc de tout à l’heure, mais l’odeur de l’homme et l’opportunité de boire du sang humain réveillèrent mon appétit. Je plantai mes dents dans sa carotide puis aspira le liquide rouge avec plaisir. Je pris mon temps pour déguster et finis par le vider entièrement. Pendant ce temps, je réfléchissais à ce que m’avait dit le démon : une mission ? Pour moi ? J’en étais toute excitée, j’aurais enfin l’occasion de montrer ce que je valais. En même temps, j’étais inquiète, est-ce que j’allais au-delà du danger ? Y avait-il un risque de mort ? Je n’étais pas très courageuse et aller au devant du danger n’était pas ma nature.
Diablo revint sans la Dame.

-Bien, je suppose que tu connais déjà mon nom, mais je préfère me présenter dans les formes. Je me nomme Pierre, chef des armées secrètes de notre regretté roi Gualhan. Je me suis permis de me renseigner un peu sur toi, j’espère que tu ne m’en veux pas trop. J’ai appris que tu étais bien impulsive, pas tout à fait mature, mais que tu avais un fort potentiel.
Un sentiment de honte s’empara de moi devant cette description.

-On m’a aussi rapporté que tu voulais intégrer la résistance ; et bien soit, je suis là pour ça. Certains doutent de toi mais pas moi. Malgré le fait que je ne te connais pas je pars du principe que tout le monde a le droit à sa chance. Il suffit de le guider, ce que je vais faire avec toi. Ne me déçois pas et montre à tous ceux qui doutent que j’ai raison. Montre-leur de quoi tu es capable, demi-vampire ou pas.

La suite de son discours me fit relever la tête, je me promis intérieurement de tout faire pour ne pas le décevoir.

-Je vais t’envoyer parfaire ton entraînement. Kean l’a commencé mais il n’a pas pu tout t’enseigner. Alors je t’envoie vers une amie à moi qui t’apprendra tout ce qu’elle peut. N’aie crainte elle te protégera très bien, je sais de quoi elle est capable et elle fait preuve de qualités remarquables, tu verras. De plus, elle sait, comme toi et moi, ce que ça fait d’être détesté par tous, prise pour un monstre en qui on ne peut pas faire confiance à cause de notre côté démoniaque. Alors, je pense qu’il faut nous entraider sur ce point. Je suis un démon mais je suis du bon côté et j’ai confiance en moi, mon âme est bonne. Je veux que tu puisses penser la même chose de toi et Kimi pourra t’y aider. D’ailleurs ça pourra peut-être lui servir aussi… enfin. Mais cette mission ne s’arrête pas là, elle est bien plus dangereuse que tu le penses. Je t’envoie retrouver Kimi qui se trouve au château, en présence directe d’Astharof.
J’avais hâte de rencontrer cette mystérieuse femme et de continuer mon entraînement.

-C’est une mission d’espionnage, tu assisteras Kimi. Le pire reste à venir pour toi malheureusement, on m’a informé que tu risques de te retrouver en face de celui qui t’a transformée. Si je te fais ça, comprends-moi bien, ce n’est pas contre toi, mais il faut absolument que tu affrontes tes démons intérieurs pour pouvoir aller de l’avant. Mais surtout n’oublie pas, si à un moment tu sens la peur monter en toi, dis-toi que des gens croient en toi et comptent sur toi. La princesse, la Dame, moi… Beaucoup de gens ici pense que tu es capable, avec un soutien au début, de faire face en restant toi-même. Ton âme est bonne, ça se voit tout de suite. Alors crois en toi et tout se passera bien. Kimi sera près de toi si tu es en danger, je suis sûr qu’elle donnera sa vie pour sauver la tienne s'il le faut. Elle est très forte, assez en tout cas pour te défendre. Elle saura te comprendre mieux que personne, son côté démoniaque lui pose aussi de temps en temps quelques soucis donc elle pourra te guider, contrôler tes pulsions et t’aider à rester toi-même. J’espère que toi aussi tu apprendras à nous faire confiance. Avec le temps sûrement tu comprendras que tu peux te fier à nous, nous sommes de ton côté même si tu fais des erreurs. C’est comme ça que l’on apprend d’ailleurs.

Une mission d’espionnage ? J’avais hâte. La mention de Drakul me glaça le sang. Je repensais à mes cauchemars et je ne me sentais pas de taille à lui faire face. La présence d’un mentor demi-démon ne me rassurait pas plus que ça pour l’affronter si besoin.

-Allez je t’emmène, ne t’en fais pas pour tes loups ils nous suivront. Je peux laisser des traces et nos odeurs les mèneront jusqu’à toi.

Mes loups. Je me rendais compte à quel point ils me manquaient, je ne les avais pas revus depuis que j’étais ici et j’avais envie d’enfouir mon nez dans leur pelage en les enlaçant. J’avais envie de câlin, de réconfort. Peut-être pourrais-je bientôt les revoir.

- Je te demanderai juste de respirer profondément et surtout de ne pas me lâcher. Attention, un, deux, trois…

Le démon avait parlé d’une traite, ne me laissant pas en placer une. Il me tendit les paumes des mains pour se téléporter, je les lui saisis comme il me le demandait et les tenaient fermement. J’étais impatiente et curieuse. Hélas après plusieurs téléportations et enfin arrivée à destination, je me rendis compte que ce n’était pas un mode de locomotion super agréable. Je me sentais très nauséeuse et j’avais le tournis. Pierre lâcha mes mains, il nous avait déposés derrière un buisson dans un très grand jardin entretenu. Le chef des rebelles me chuchota :

-Voila, attends ici. Dès que tu verras une jeune femme aux cheveux rouges comme la braise s’asseoir sur le bord de la fontaine, tu pourras te montrer. Je vais repasser très vite, ne t’en fais pas. Kimi doit me donner une information justement. D’ici là, je te souhaite un bon courage pour ta nouvelle rencontre. À bientôt, petite vampirette.

Puis il partit en me souriant.

J’attendais donc sagement derrière le buisson. Le soleil n’était pas loin de se coucher, il faisait déjà plus sombre. Je sentais que mon géniteur n’était pas loin, donc cette venue de l’obscurité commençait à m’angoisser.
L'idée me venait à l'esprit de fuir, de m'envoler loin d'ici et de retourner sur mon île. Hélas, fuir était facile mais je savais que je finirai par culpabiliser de vouloir revenir et là l'accueil que l'on me réserverait ne serait pas jovial.
Après plusieurs minutes d'attente, je vis une femme possédant des ailes noires, pas de dragon comme moi mais d’oiseau. On aurait dit des ailes de corbeau. Sa chevelure était comme Diablo me l’avait décrite : rouge comme un coucher de soleil ou même comme le sang.
Je sortis de ma cachette et me présentais à elle.

-Bonjour, je suis Almendra. Je suis prête à entendre vos enseignements et je ferai au mieux pour vous satisfaire.
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fleurviolette
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mer 8 Juil 2015 - 23:04

Je le lirai lundi (je pense pas avoir le temps avant :p )
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fleurviolette
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Sam 18 Juil 2015 - 23:17

Et la suite ?
Mais non , on peux arrêter l’histoire comme ça . Razz
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Amy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Ven 18 Sep 2015 - 11:19

Chapitre 11 : Kimi


Kimi s’avança vers moi, m’examina attentivement en silence puis se présenta.

- Bonsoir à toi Almendra, je suis Kimi et je serai ton nouvel instructeur. Je suis là pour t’apprendre tout ce que je sais mais aussi pour te protéger. Si tu as le moindre problème, je voudrais que tu m’en parles tout de suite. Je ne veux pas qu’il y ait de tabou entre nous, sois honnête avec moi, aucune question ne sera absurde. Tu apprendras à me connaître avec le temps et j’espère que nous pourrions avoir confiance l’une envers l’autre. J’aimerais pour commencer que nous fassions un petit combat amical. Je sais que c’est un peu rapide mais j’ai besoin d’une première impression sur tes capacités. J’ai entendu dire que tu avais des ailes, nous mènerons donc ce combat dans les airs, cela te convient-il ?


Kimi me parut de suite sympathique Tout en me posant la question, l’ange noir me tendit une épée toute simple, une fine lame légère. J’étais désabusée et inquiète par sa proposition de « se battre » dans les airs. Je hochai timidement la tête puis je m’élevai dans les airs en me mettant en garde comme j’avais vu mon frère le faire durant ses entraînements.
Kimi s’élança à son tour dans les airs en sortant un katana et m’assena un premier coup sur mon épée d’une puissance moyenne. En sentant l’épée m’échapper, j’eus le réflexe étonnant de serrer mon arme plus fort, je réussis même à repousser l’attaque contre mon adversaire. Kimi, après avoir esquivé assez rapidement le retour, fit un salto avant dans les airs au-dessus de ma tête si bien qu’elle se retrouvait maintenant dans mon dos. Me laissant guider par mon instinct, je me retournai rapidement pour parer le coup qui suivit.
Mon nouveau mentor me fit signe de l’attaquer à mon tour. Je tentai de foncer dessus mais Kimi d’un coup d’aile monta d’un niveau et me donna du plat de son katana un coup sur la tête.

- Tu es assez douée, mais garde confiance en toi et tes coups seront plus sûrs. Ta lame doit être un prolongement de ton bras, inutile de tordre ton poignet. Là, tu l'as inclinée vers le bas, je n’ai eu qu’à me soulever un peu plus haut pour esquiver et cela m’a même ouvert le champ pour te frapper. Ne t’en fais pas cela viendra avec le temps et l’entraînement. Surtout, ne laisse jamais la peur te paralyser même si tu penses que tu n’as pas le temps de parer ou esquiver le coup. Garde confiance en toi et tente quand même quelque chose, cela pourrait bien te sauver la vie. Allez, continuons mais un peu plus en altitude cette fois, je veux que tu te serves de l’élément que tu maîtrises et qui t’entoure. Fais comme si tu flottais, sens les courants d’air autour de toi et sers-toi-en. Encore une chose : concentre-toi ! Cette fois je serai aussi rapide que toi. Ne te laisse pas surprendre. Là je te préviens mais un ennemi pourrait feindre d'être lent pour endormir ta méfiance et profiter de la surprise pour te toucher! Allez, on y va!

Kimi s’éleva encore plus haut, je la suivis. Me battre dans les airs était assez bizarre mais j’étais étrangement plus à l’aise. J'eus d’abord l'impression que j’étais plus rapide qu’elle et que j’arrivais étonnamment à parer les coups. Mais après son discours, l’ange noir me montra aussitôt sa vraie rapidité qui était égale à la mienne. En effet, je m’étais fait avoir par son apparente lenteur. Après un début stressant, je me détendis en me prenant au jeu. Je pris conscience qu’elle ne cherchait pas à me faire mal et que je ne courrais aucun danger venant de sa part.
J’écoutais avec attention tous ses conseils et je tentais de les appliquer.
Tout à coup, une angoisse me prit, je sentais mon géniteur vampirique tout proche. Ce malaise me paralysa, j’avais l’impression de suffoquer, je chutai comme une pierre puis à quelques mètres du sol, je réussis à me reprendre et me poser, dépliant mes ailes. Je tremblais de tous mes membres. Une odeur de sang provenait du château. Quelqu’un avait été tué.
Je me mis en position de défense, les ailes déployées, les bras devant moi serrant très fort mon épée, le dos courbé, les jambes flageolantes. Kimi atterrit à côté de moi paniquée, ne comprenant pas ce qui se passait, je lui dis :

- Il est là, je le sens, il est tout proche. Il vient à moi, pour me tuer ou m’asservir.

*********
Après la mort d’un de ses sbires, le prince décida de chercher lui-même sa proie. Il se concentra sur Almendra. Du fait de sa position de mi-vampire, il n’arrivait pas bien à se connecter à elle. Il réussit néanmoins à la localiser dans la capitale. Une pointe d’excitation s’empara de lui. Il était si proche d’elle. Il ouvrit ses ailes et se dirigea vers la destination de son butin. Arrivé à Wälkinzt, il sentit une forte odeur de sang. Intrigué, il se métamorphosa en chauve souris et alla voler vers le lieu de l’odeur. Passant près des fenêtres du château, il aperçut que le nouveau roi Astharof avait été assassiné à son tour. Décidément, il ne faisait pas bon être roi dans ce pays. L’action était récente, le tyran baignait égorgé dans une mare de sang, son second criant aux gardes qu’un elfe venait de l’assassiner. Il ne s’inquiétait pas de savoir qui l’avait tué ni du pourquoi, il avait d’autres choses en tête que de se préoccuper des jeux de pouvoir des mortels. Néanmoins il fut déçu de ne pas être l’auteur du crime, il aurait tellement aimé le tuer lui-même ! Du coup, le spectacle de voir les dragons de Sengoran se réveiller était peut-être compromis. Si c’était le cas, il n’avait plus de raison de rester dans ce pays devenu inintéressant. Il ne lui restait plus qu’à récupérer sa proie et partir.
Arrivé dans les jardins, il huma une odeur étrange qu’il reconnut. Elle était là, à sa merci.
Il trouva facilement la mi-vampire. À ses côtés se trouvait une étrange femme avec des ailes de corbeau.
D’après le comportement de la vampire inachevée, elle avait senti sa venue ce qui le contenta. Il sourit en arrivant devant elle et prit son air le plus courtois.

- Bonjour mesdemoiselles, quelle belle nuit pour se promener n’est-ce pas ?

Il vit que les deux femmes possédaient des lames, mais cela ne l’affectait pas.
Il prit la main d’Almendra et la baisa. La jeune fille ne réagit pas, hypnotisée par son regard noir profond. Il sentit au même moment la pointe de la lame de la fille à la chevelure de feu contre son côté droit, à l’endroit où se trouvait son cœur qui ne battait plus depuis très longtemps. Malgré tout, il fit semblant de ne pas le remarquer.
Il lâcha la main d’Almendra et s’adressa à elle d’une voix suave, son regard plongé dans le sien.

- Il me semble vous avoir déjà rencontrée quelque part, jolie jeune fille. Est-ce moi qui vous ai doté d’une aussi belle paire d’ailes ? Il ne vous manque plus que l’immortalité et la force pour être entièrement une des nôtres, jeune demoiselle. Quel est votre nom déjà ?

- A-Almendra, bégaya t-elle, les yeux toujours rivés sur lui sans pouvoir s’y détacher.

- Quel joli prénom que celui du fruit d’un arbre situé sur les côtes de la mer du sud.

Le vampire se tourna vers la fille aux cheveux flamboyants qui le foudroyait du regard.

- Je ne crois pas avoir eu le plaisir de vous rencontrer demoiselle… ?

- Cela ne vous regarde pas, arrêtez votre numéro de charme et allez-vous-en ! Tâchez également de ne plus vous approcher d’Almendra !

Cette remarque fit sourire le prince.

- Je suis au regret de vous annoncer que nos routes se recroiseront, que vous le veuillez ou non mesdemoiselles.

Sur ce et sans quitter son sourire il prit sa forme chauve-souris et s’en alla.

Le prince était content d’avoir retrouvé sa proie. Nul besoin de se presser. Il allait essayer de la voir seule à seul, afin de pouvoir la séduire, la convaincre de se laisser aller à son côté vampirique. Au pire, il la tuerait soigneusement pour qu’elle puisse enfin devenir une vampire entière et puissante.


*************


L’arrivée de Drakul me figea. Il m’hypnotisa dès le début avec ses yeux, je ne pouvais plus bouger.
Je ne pus donc ni réagir ni penser pendant toute la durée de sa présence.
Ce fut un soulagement lorsqu’il partit mais je tremblais de tous mes membres, je savais que je le reverrai, je me sentais condamnée et je sentais en moi le désespoir m’envahir.
Je regardais Kimi, sa présence me réconfortait un petit peu. Elle posa sa main sur mon épaule :

- Ça va aller Almendra. Ne t'inquiète plus pour le moment, nous ne le reverrons pas tout de suite. Comment vas-tu? Tu es très pâle, déjà qu'à l'ordinaire ce n'est pas fameux mais là tu fais peur à voir. Je dois t'expliquer une chose importante, tu dois certainement déjà connaître l’hypnose. Drakul s'en est servi à l'instant et son pouvoir est très puissant. Si tu ressens des choses négatives en toi, n'en conclus pas que tu as un mauvais fond. Cela serait marcher dans son jeu. Ses pensées ne sont pas les tiennes, c'est dur mais il ne faut plus les écouter. Pour t'aider souviens-toi de cette phrase : ce ne sont pas tes pensées qui font de toi ce que tu es, ce sont tes actes qui définissent ton véritable fond ! Ne l'oublie jamais et toi, seule, dois avoir le contrôle de tes actes.

J’écoutais les paroles de Kimi l’esprit un peu ailleurs. C’était donc ça que j’avais ressenti et qui me paralysait devant lui. J’en tremblais encore. Elle me dit que les choses négatives que j’ai pu penser venaient de lui. Se pourrait-il que ce soit pour ça que j’avais éprouvé autant de haine lorsque j’étais enfermée dans la citadelle ? La jeune femme continuait :

- Je vais te donner une de mes techniques. Assis-toi ici, s'il te plaît. Cela pourrait te sembler absurde, mais le meilleur moyen que je connaisse pour résister à cette attraction c'est de faire le vide dans ton esprit. La méditation, je ne connais rien de tel pour y parvenir. J'ai appris les secrets de cet art dans une partie très reculée de ce monde et j'ai trouvé ça très pratique. Je sais ça n'a pas l'air très efficace mais crois-moi, elle te permettra, en faisant le vide total en toi, de mieux cerner la personne que tu es et prendre conscience de ce que tu veux réellement. Il y a de grandes chances pour que ça t'aide à te débarrasser de l'emprise que ce monstre a sur toi...»

Un grand dragon noir arriva à ce moment là. Je sursautai, ne m’attendant pas à ça. La bête était magnifique, je m’amusais à comparer ses ressemblances et ses différences avec le dragon bleu de la dame.
Kimi sembla heureuse de le voir, elle me fit de suite les présentations :

- Almendra, voici Ouriou, il est mon ami le plus fidèle. Tu n'as rien à craindre de lui au contraire quand il sera présent, il m'aidera à veiller sur toi. Je vais aller m’entretenir avec lui en privé. Je vais donc te laisser quelques minutes, mais ne t'affole pas je ne serai pas loin. En attendant, ferme les yeux, respire profondément et essaie de faire le vide dans ta tête, jusqu'à ne plus rien ressentir à part le vent dans tes cheveux. N’écoute plus tes pensées, mais juste le bruissement des feuilles dans les arbres. Quand tu y seras parvenue, concentre-toi sur ce que tu ressens au fond de toi. Bien entendue, tu ne pourras pas te défaire entièrement de toutes pressions négatives dès la première fois. Il faut de l’entraînement et même moi je ne maîtrise pas totalement la technique. Je vais un peu plus loin maintenant, avec Ouriou, tu as besoin de calme.

Kimi et son dragon s'éloignèrent mais restèrent à portée de vue, ce qui me rassurait. J’essayais de faire le vide dans ma tête comme elle me l’avait expliquée. Hélas j’avais tellement de pensées qui me traversaient je n’y arrivais guère. Songeuse, je me disais que j’avais envie d’avoir également un dragon comme Kimiku ou la dame. Quand je ré-ouvris les yeux elle était de retour, elle me tendit la main pour me relever.

- Alors j'espère que ça va déjà un peu mieux chère petite vampirette? Je sais que ça fait beaucoup d'un coup mais il faut que je te présente à Astharof très rapidement. Alors dis-moi comment te sens-tu? Es-tu prête à jouer le jeu devant lui ?

- Oui je vais mieux, merci. J’ai vu un dragon noir me survoler, il y a de cela quelques semaines, je crois. Est-ce qu’il y a d’autres dragons noirs à Sengoran ?

Kimi me regarda, étonnée.

- Non, normalement que Ouriou, c’est sûrement lui que tu as vu.

J’acquiesçai. Nous entrâmes dans le château, je suivais timidement Kimi. Très vite nous nous aperçûmes que malgré l’heure tardive, il y avait beaucoup d’agitation dans le château. Cela me semblait anormal. L’odeur de sang était aussi de plus en plus présente. Nous suivîmes le mouvement jusqu’à une porte fermée. Kimi frappa, on entendit un «entrer» puis nous ouvrâmes la porte pour rentrer. La pièce était richement décorée, mais ce qui choquait le plus était le cadavre à l'intérieur. D’après ses habits et le comportement des gens autour, j’en conclus que c’était le roi.
Kimi paraissait abasourdie par ce qu’elle voyait. Dans la pièce, il y avait aussi une femme, les cheveux brun roux et au visage imperturbable ainsi qu’un homme au regard aussi noir que les ténèbres. Ces deux personnages me paraissaient effrayants.
Kimiku se retourna et plongea son regard dans le mien :

- Retourne-toi, je vais leur parler. Toi, surtout ne regarde pas le cadavre et reste concentrée, ne perds pas ta conscience humaine, courage !

Ensuite Kimi s'adressa à l’homme au regard noir:

- Je me nomme Kimiku, informatrice du grand roi qui vient de perdre la vie et voici Almendra récemment vampire, elle est mon apprentie et m'a été très utile pour trouver le repère des rebelles. D'ailleurs qui va remplacer votre dirigeant à présent ? Ses troupes sont parties au combat, il ne faudrait pas que leur victoire ne servent à rien ! Je n'aime pas que mon travail ne porte pas ses fruits. Je me suis présentée j'attends que vous fassiez de même et aussi que vous m'expliquiez ce qui s'est passé ici !

Je n’attendis pas qu’ils répondent à la démone. Après un hochement de tête lors des présentations, je préférais quitter la pièce. Une boule d’angoisse s’empara de moi. L’odeur du sang était forte certes mais même s’il me faisait envie, j’avais largement bu aujourd’hui, j’étais rassasiée donc je pouvais me contrôler.
Non, l’angoisse venait de l’imprévu. On devait me présenter au roi et celui-ci avait été assassiné. C’était sûrement une bonne chose certes mais qu’en était-il de ma mission à présent ? Je me sentais également observée, me concentrant sur mes sens, je compris qu’il y avait des espions dans ce château, et il y en avait au moins un qui m’observait. Cela me dérangeait. Comment un individu avait réussi à assassiner le monarque sous les yeux des espions du roi ? Cela était étrange, décidément quelque chose ne tournait pas rond dans ce château.
Le malaise grandissant, je n’y tiens plus et me mis à marcher à la recherche d’une fenêtre ou ouverture. Trouvant en une, je déployais grand mes ailes et m’envolais.
Sitôt dans les airs, le poids que j’avais en moi s’allégea, je me sentais mieux. Diablo m’avait dit que mes loups m’avaient suivie. Connaissant le caractère sauvage de mes compagnons, je sortais de la cité pour la contourner par l’extérieur, les canins devaient sûrement être à l’orée de la forêt entourant la cité.

Effectivement, je ne mis même pas dix minutes à les trouver, enfin trouver Canis. À ma vue, le loup me sauta dessus de joie. En le cajolant, je pus observer de nombreuses blessures de griffes et crocs. Il me fut facile à comprendre que les deux loups mâles s’étaient battus, en effet, ils étaient tout deux dominants. Je fus déçue de ne pas voir les autres, seul Canis me restait fidèle. Peut-être aurais-je l'occasion de les revoir.
Je regardais en direction de la cité, j’allais devoir y retourner et abandonner de nouveau mon carnivore. Pourtant je n’en avais aucune envie. Sur le moment l’idée de fuir avec Canis, voler jusqu’à Isgieran et vivre une vie tranquille, m’effleura l’esprit. Après tout pourquoi me suis-je engagée dans un conflit qui ne me concernait nullement ?
Puis je pensais à Kimi, elle allait s’inquiéter si elle remarquait mon absence. Diablo, je risquais de fortement le décevoir alors qu’il me donnait ma chance. Je pensais également à la dame mais ce qui me décidait à retourner à mon devoir, c’est le souvenir de Drakul qui me traquait. Seule, je n’avais aucune chance contre lui.
Je refis un gros câlin à Canis puis le cœur en berne, je retournais tristement au château. N’ayant point le courage de retourner dans cette sanglante salle. Je me posais donc à la fontaine, là où j’avais rencontré Kimi, espérant qu’elle penserait à me chercher ici.


J’attendais à la fontaine ce qui me semblait être des heures, mais que faisait donc Kimi ? Elle me cherchait peut-être ? Mais alors pourquoi ne pas penser à aller dans le jardin ? Devais-je entrer dans le château ? Non, il y avait cet homme au regard si glacial qui me faisait si peur. Je le sentais, il était dangereux. Son odeur n’était pas entièrement humaine. Je me mis donc en tête de faire le tour des jardins du château à pied mais mes ailes toujours sorties et repliées sur mon dos. Elles étaient tellement grandes qu’elles traînaient par terre.
En marchant, je finis par rencontrer une jeune femme assise sur un banc, elle était vêtue d’une petite cape noire, en m’approchant un peu je la reconnus, c’était la femme qui était dans cette salle avec l’homme au regard froid. J’aurais passé mon chemin en l’évitant si je n’avais pas vu son serpent. Celui-ci m’intrigua, j’aimais bien les serpents, je les trouvais gracieux, élégants mais peu d’humains les appréciaient.

Ne voulant pas surprendre la femme, je m’appliquai à faire du bruit en marchant tout en m’approchant d’elle. Arrivée à sa hauteur, j’enlevai ma capuche et je lui souris :

- Bonsoir, je suis Almendra, on s’est vu tout à l’heure dans la salle où… enfin vous savez quoi. Vous avez un joli serpent là, qu’est-ce que c’est comme espèce ? Je ne connais pas cette race.

L’animal sert souvent de lien dans ce genre de situation.

La jeune femme aux cheveux rouges leva le regard vers moi et me répondit d’une voix calme et sereine :

- Bonsoir. Je suis Rhyn, maître guérisseur. Je me souviens de la courte entrevue dans la chambre de notre feu roi. D'ailleurs vous êtes partie précipitamment. Tout va bien ? C'est un serpent tigre, une espèce assez rare... Les serpents vous intéressent ?

Maître guérisseur, j’étais impressionnée et je ressentis aussitôt de la sympathie pour elle. En effet, dans ce métier on dévouait sa vie à soigner les gens. J’admirais également ce genre de personne car ils avaient la science du savoir du pouvoir des plantes. Ils savaient lesquelles soignaient, celles qui étaient comestibles, celles qu’il ne fallait surtout pas manger car empoisonnées.
Voilà donc le pourquoi de sa présence dans cette salle lugubre. Je me détendis, elle ne représentait donc pas un danger pour moi.
Je répondis à ses questions avec un grand sourire. Je devais bien sûre faire semblant d’être un méchant vampire même si cela était difficile pour moi, je déformais donc la réalité :

- Ne vous inquiétez pas, je vais bien. Comme vous le voyez je suis un vampire, l’odeur de tout ce sang m’a soudainement excitée. Et pour éviter de me jeter sur n’importe qui, j’ai préféré quitter la pièce afin d’aller me nourrir.
Rhyn me posa par la suite une question piège :

- Est-ce la première fois que vous venez ici ?

Que devais-je lui répondre ? Qu’avait dit Kimi après mon départ ? Je sais que j’étais censée avoir dit à Kimi où se cachait les rebelles mais je pouvais très bien lui avoir dit n’importe où. Ayant peur de commettre un impair, je lui répondis une partie de la vérité :

- Oui, c’est la première fois, Kimiku m’a emmenée ici pour me présenter au roi. Hélas, je suis arrivée trop tard et au mauvais moment il me semble.

Le serpent de Rhyn s’était enroulé autour de son cou comme un collier, c’était original, ceci me fit sourire.

Kimiku arriva dans mon champ de vision, Je lui fis un grand sourire pour l’accueillir et pour lui signifier que j’étais soulagée de la voir. Elle me souriait à son tour et se dirigea vers nous. Arrivée à notre niveau, elle s’adressa à la rouquine :

- Je ne pensais pas vous revoir si tôt, j’en suis honorée. Je constate que vous avez fait plus ample connaissance avec mon apprenti. Almendra tu as eu une bonne réaction en t’éloignant, je ne pense pas qu’ils auraient souhaités que tu vides notre feu souverain du peu de sang qui lui restait. Voila la raison pour laquelle j’aurai besoin de vos services, Rhyn. Almendra est une jeune vampire qui a été rejetée par les siens, je l’ai donc prise sous mon aile. Elle a des capacités qui m’intéressent. Mais du fait de son jeune âge elle est dans l’incapacité quasi totale de retenir son envie de sang. Hors comme vous avez pu le constater ça s’avère parfois assez ennuyeux. Au cours de mes nombreux voyages j’ai connu un grand herboriste qui m'a enseigné quelques petites notions et il m’a parlé d’un breuvage qui calme momentanément la soif d’un vampire. Si mes souvenirs sont bons elle est composée de trois ingrédients : deux plantes et trois gouttes de sang. L’une des plantes touche au mental : elle donne de la puissance à l’esprit humain et diminue les pensées démoniaques. Bien entendu, elle n’est efficace que sur les personnes qui ont les deux traits d’esprit sinon elle est inutile. La deuxième plante joue sur l’organisme : elle diminue l’effet du manque. Les gouttes de sang sont un élan pour le corps comme un moyen de le faire patienter en promesse d’une récompense. Le seul inconvénient c’est qu’une fois l’effet de la décoction passé, le manque devient beaucoup plus fort. Le corps réclame son dû ! Et la personne qui a donné son sang pour le breuvage sera la première visée si elle est présente. Mais malheureusement je ne me souviens plus du nom des plantes. C’est là que vous intervenez, vous avez sans nul doute beaucoup plus d’expérience que moi dans ce domaine étant donné que ceci est votre métier. Pour aller droit au but, j’aimerais que vous me fassiez une dizaine de ces potions avec mon sang. Je vous payerai amplement pour ce service. Connaissez-vous les ingrédients pour la préparation ? Et si c’est le cas pouvons-nous conclure un marché ?

J’écoutais attentivement l’échange entre les deux femmes. Kimiku voulait une potion composée de deux plantes pour calmer ma soif mais moi je n’en voulais pas ! Trop d’effets secondaires d’après ce qu’elle disait. Je ne voulais pas me jeter sur Kimi dès que les effets seraient passés. Je me mordis la langue pour ne pas intervenir. Je me promis d’en parler plus tard à Kimi, en tête à tête quand nous serons à nouveaux seule.
De plus elle avait sous-entendu que j’étais en partie humaine. J’étais étonnée, je pensais qu’il fallait croire à mon total vampirisme. Certes, ça aurait fini par se savoir.
Après avoir écouté attentivement l’ange noir, la guérisseuse lui répondit :

- Je connais ce breuvage. En effet il peut provoquer une grande accoutumance comme une véritable drogue. D'après ce que l'on dit, puisqu'il n'est pas souvent utilisé. En effet, les vampires avec un esprit humain sont assez rares... Ainsi cette chère Almendra aurait gardé son esprit humain... C'est particulier.


Rhyn fut interrompue par le battement d'ailes d'une chouette d'un blanc immaculé. La femme tendit l'avant-bras afin que le volatile puisse se poser. L’oiseau de nuit tenait une missive entre son bec. La guérisseuse, rangeait aussitôt le papier à sa ceinture sans le lire, sans doute quelque chose de personnel. La chouette repartit aussitôt. Rhyn se leva et reprit la conversation :

- Je pourrai fabriquer cette potion. Les ingrédients sont rares et chers. Revenez me voir pour qu'on parle de ce marché. Je suis désolée mais des affaires m'appellent. Au plaisir de vous revoir Kimiku et Almendra.

La femme à la chevelure de feu prit congé et disparut dans la nuit. Me retrouvant seule avec mon mentor, je pus lui dire le fond de ma pensée :

- Ce breuvage que tu as commandé ne me dit rien qui vaille, je n’en ai pas besoin. J’arrive à rester deux ou trois jours sans boire si je me remplis bien l’estomac comme aujourd’hui je l’ai fait. Je ne veux pas être dépendante d’un produit et surtout j’ai peur des conséquences dès que l’effet se dissipera. Je ne veux pas t’attaquer comme un chien enragé ni personnes d’autres d’ailleurs.
La démone me sourit :

- Ne t'inquiète pas, le breuvage ne servira qu'en cas d'extrême urgence. Il faut toujours avoir un plan B, surtout avec les choses sur lesquelles on n'a encore aucun contrôle. Une simple précaution. J'ai demandé ce breuvage pour plusieurs raisons : d'une, celle que je viens de t'énoncer, de deux, pour éviter les soupçons. Je m'explique : une simple vampire, il y en a plein mais dans ton genre, très peu. Faire d'une simple vampire mon apprentie n'est pas très crédible. Au pire, ça peut être une partenaire ou elle peut être sous mes ordres. Mais on ne transmet pas son savoir à n'importe qui. Et la dernière des raisons, c'est que ça va attirer l'attention sur nous surtout après la mort d'Astharof. J'étais dans ses bonnes grâces, mais il n'en sera pas de même avec le futur roi. Donc il faut trouver un moyen d'attirer son intérêt envers nous. Quoi de mieux que deux êtres avec un grand pouvoir, qu'on n'a pas l'occasion de croiser tous les jours… Tu suis mon raisonnement ? bien sûr, il faudra être prudent à l'avenir, car nous serons peut- être plus surveillées, pour évaluer nos capacités et notre utilité. Mais revenons-en à ce breuvage. Je ne veux pas que tu paniques à l'idée que je donne mon sang pour la préparation. Si je donne le mien, plutôt que celui d'un autre, c'est que je suis certainement l'une des seules personnes ici capables de te maîtriser. J'ai eu l'occasion lors de nombreux voyages, d'avoir affaire à des vampires donc je ne veux pas que cela te tracasse. Si tu sens que la situation t'échappe vraiment, prends-là et ne pense pas aux conséquences. De plus je pense qu'elle pourra aussi atténuer l'emprise de Drakul sur toi si ton envie est amoindrie.

J’écoutais attentivement ses explications en hochant la tête. J’acceptais mieux cette demande si ça pouvait me servir de couverture. Marquant un temps de silence, je vis que le jour était sur le point de se lever. Je lui exprimais l’autre sujet de mon inquiétude.

- Qu’est-ce qu’on fait à présent que le roi Astharof est mort ? Je suis inquiète aussi pour les autres, je crois que j’ai entendu dire qu’il y a eu un nombre important de soldats envoyé là-bas. J’ai bien envie de voler là bas, pour voir si la bataille est finie et voir s’ils s’en sont sortis. Je resterai très haut en hauteur de façon que personne ne me voie ou puisse m’atteindre. Après je reviendrai te faire un rapport.

Je n’étais pas sûre que Kimi accepterait, elle sentait responsable de moi et aurait sûrement peur que je me fasse tuer ou pire encore.
Kimiku regarda discrètement autour d’elle s’assurant que personne ne nous écoutait puis elle me répondit à voix basse :

- Pour ce qui est des rebelles, je m'inquiète aussi et Ouriou n'est malheureusement pas dans les parages pour aller voir. Je ne pense pas encore que nous soyons sous surveillance, aussi tu as raison tu devrais te rendre sur place pour évaluer la situation. Je m'inquiète pour Pierre et la princesse... Évite de te faire voir et surtout pas en compagnie des rebelles! Si quelqu'un te voit partir et aller en direction du repère, je pourrai très bien dire que je t'ai envoyée là-bas pour me faire un rapport de la situation, afin d'en faire part au roi. Tu vois, la troisième fenêtre en partant de la gauche ? Ce sont mes quartiers. Je te laisse deux heures pour m'y rejoindre. Tiens, ça te sera utile. C'est une cape que j'ai toujours sur moi, à laquelle je tiens énormément. Prends-en soin. Elle permet de te rendre invisible mais attention, elle ne masque pas les odeurs ! Si tu sens la présence de Drakul, reviens immédiatement. Elle ne te permettra de prendre que quelques minutes d'avance ! Mets-la quand tu seras hors de vue du château. C'est l'un des atouts que je possède et dont j'aimerais taire l'existence pour le moment. Pendant le trajet, garde toujours cette cape sur toi. Je ne pourrai pas te protéger et ton entraînement est loin d'être achevé. Même si tu possèdes des qualités certaines, tu ne feras pas le poids face à certains ennemis. La discrétion sera ta meilleure arme. Encore une chose : à ton retour, nous ne devrons plus parler des rebelles ou toutes autres choses s'y rapportant. On ne sait jamais, les murs peuvent avoir des oreilles. Allez, va maintenant et fais bien attention à toi.

Je fus soulagée qu’elle accepte que j’aille en repérage. Elle me montrait où je pourrais la rejoindre ensuite. Elle me donnait deux heures en tout, étant assez rapide en vol, cela me laissait le temps d’analyser la situation là-bas.
Kimi me confia également une cape d’invisibilité, objet extrêmement rare dont je n’avais entendu parler que dans les livres. Elle était douce et fluide au toucher.
Encore quelques recommandations de sa part où je rongeais mon frein en hochant la tête et enfin je pus partir.
Je pris mon envol et montai aussi haut que possible dans le ciel.
Ensuite je redescendis à la lisière de la forêt pour trouver Canis. À peine avais-je atterri qu’il surgit des fourrés, nous nous fîmes quelques papouilles. Jetant un coup d’œil autour de moi et ne voyant ni ne sentant personne, je mis la cape. Canis fut surpris et presque paniqué de me voir disparaître, je le rassurai donc et lui indiquai de me suivre à l’odeur et l’ouïe.


Dernière édition par Amy le Mar 17 Nov 2015 - 21:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Dim 27 Sep 2015 - 1:48

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Amy
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mar 17 Nov 2015 - 21:44

Chapitre 12 : Imprévus

Je m’élevais dans les airs progressivement, en faisant attention à ce que mon loup puisse me suivre. J’eu l’agréable surprise de voir que ses sens étaient assez affutés pour pouvoir m’entendre à plus d’un kilomètre de hauteur. Je maintiens donc cette altitude et continuais à me diriger vers le repère. Arrivant au dessus de la citadelle cachée, je vis une licorne ce qui m’intrigua. Je descendis donc en effectuant des arcs de cercle et en me posant à quelques mètres de l’équidé. La jument immaculée se mit sur ses gardes en pointant sa corne sur moi, reniflant mon odeur malgré la cape tout comme Kimiku me l’avait expliqué.
Canis me rejoignit grognant légèrement, je lui demandais d’arrêter alors il cessa.
Je tournais mon regard vers l’animal mythologique et lui parla doucement d’une voix normale :

- Que tu es belle toi ! C’est la première fois que je vois un représentant de ton espèce, tu es magnifique. Mais c’est dangereux par ici, il y a des violents combats proche d’ici, tu pourrais te faire blesser.

Je sentais des traces de sang, un peu partout sur le sol.
J’avançais d’un pas, prudemment mais la licorne restait dans la même position. Trouvant cela étrange je regardais à ses pieds pour voir si elle n’était pas prise dans un quelconque piège. À ce moment là que je vis une grande trappe cachée par la végétation. Un déclic se fit en moi, c’était surement une des entrées du repère. Je pris donc ma voix envoutante :

**N’aie pas peur, laisse moi passez, je suis une amie**

La licorne releva la tête, commença à se pousser puis sembla reprendre ses esprits et se retourna aussi vite à sa position initiale tête baissée.
J’en fus interloquée, pourquoi cela n’avait pas marché ? D’habitude mon envoutement marche sur tous les animaux. Etait ce dû au fait que ce soit une licorne où y avait-il autre chose ? Il fallait me rendre à l’évidence, je ne passerai pas par là. Il me restait l’ouverture que je connaissais, celle des écuries : la grotte cachée derrière la cascade. Je redécollais en direction cette entrée.
La cascade se trouvait juste à quelques mètres plus loin, je rentrais dedans. Canis me suivit cette fois ci. Les écuries étaient vides mais je commençais à sentir des odeurs de mort qui venaient de l’escalier qui descendait dans les sous sols. Je ne l’avais jamais empruntée vu que la dernière fois j’avais pris celui qui montait dans l’arbre creux.
Prudemment je le descendis jusqu’à arriver dans des couloirs. Au fur et à mesure que je les traversais, je sentais de plus en plus la mort et le sang. Je commençais à rencontrer quelques cadavres, fort heureusement tous marqués avec les armoiries d’Astharoff. Débouchant sur une grande salle je vis un monticule empilé de soldats morts et de quelques animaux des deux camps réunis. Je détournais le regard, ne voulant pas voir quelqu’un que je connaissais à l’intérieur.
Au fond de la salle, il y avait un escalier, je le pris, Canis toujours à mes cotés. Je débouchais à nouveau sur des couloirs. Je me rendais compte à présent que le repère était un grand labyrinthe. Je me sentais opprimée, presque piégée : être sous terre ne me convenait pas du tout, je préférais les grands espaces du ciel. Entendant des voix je ralentis et m’approchais tout doucement sans faire de bruit, j’humais l’air et sentais des odeurs d’humains, d’hybride et d’elfe ainsi qu’une odeur particulière qui pourrait être celui de Diablo. J’eu une bouffée d’espoir : pourvu que ce soit eux !
Arrivée à un angle du mur, je m’arrêtais tendant l’oreille et le nez. Je reconnu la voix de Mizuki et l’odeur de Kean. Je décidais de me risquer à jeter un œil. Et effectivement je ne vis aucun sbire d’Astharof mais une dizaine de rebelles : Trois humains dont l’un était Tom, deux elfes dont l’une me semblait être la Princesse, Kean, Mizuki, El Diablo.
J’enlevais donc ma cape d’invisibilité en même temps que je m’engageais dans le couloir où ils se trouvaient avec un grand sourire.

Tous se mirent en garde en sortant leurs armes.
Puis Mizuki et El Diablo s’exclamèrent en même temps :

-ALMENDRA !

Puis el Diablo pris la parole :

- C’est bon vous pouvez baisser vos armes, elle est avec nous.

Puis se tournant vers moi :

-Que fais tu ici ?

Je lui expliquais :

- Kimiku et moi avons eu vent dans la nuit, de l’attaque que vous avez subit de la part des troupes d’Astharof. Nous étions inquiètes et Kimi m’a envoyé ce matin m’enquérir de votre survie, Kimi était très inquiète pour vous Mr El diablo et pour vous princesse.

Pour les derniers mots, je me tournais vers la jeune elfe dont j’avais vu la représentation dans mes livres d’histoire-géo.

-Je vous annonce aussi la bonne nouvelle, le roi Astharof a été tué. Par contre, une sorte d’homme sombre du nom de Karasu a pris sa place.

Je me tus dévisageant chaque personne, ils semblaient tous méfiant à mon égard sauf le démon bleu et Mizuki. L’elfe masculin était accompagné d’un étrange renard qui feulait à l’encontre de Canis, j’étais impressionnée par la grâce de son visage et une impression de puissance qui se dégageait de lui. Le renard alla ensuite se percher sur son épaule et enroula sa queue autour du cou de l’elfe.
La jeune princesse était très belle et me semblait à la fois fragile et combattive.
Kean et Tom était blessés, le demi elfe au genou et l’archer à l’épaule. Bizarrement, le fait de voir la brute affaibli m’ôtait toute envie de le tuer. J’éprouvais une certaine pitié à son égard bien que je ne pus m’empêcher de penser qu’il l’avait bien mérité au vu de tout ce qu’il m’avait fait subir.
Je n’accordais pas d’importance aux autres humains.

Mizu s’adressa à l’elfe au renard :

-Asyendil tu avais raison, il nous faut partir d’ici au plus vite. Nous ne pouvons pas risquer un nouveau combat. Nous sommes tous à bout de force, une nouvelle attaque risque de nous décimer. Allons au nouveau repère reprendre des forces.

D’une voix rauque et un peu faible, Kean s’exprima à son tour :

- Elle a raison. Il faut partir ! Quelqu'un a une idée pour les corps ?

Tous semblaient le regarder perplexe. Il enchaina donc :

- Je sais, les vivants passent en premier, mais on ne peut pas laisser nos frères d'armes pourrir ainsi comme de vulgaires bout de viande ou englouti par des charognards. L'odeur du sang attira bientôt de la vermine en tout genre. Elle en est la preuve.

Il me désigna d’un geste de la main.

- Le sang attire toujours la pourriture.

Un grand blanc se fit parmi le groupe. Une pourriture ? Quoi MOI une pourriture ?! La rage s’empara de moi face à cette insulte. Le temps qu’elle prenne possession de mon corps, je ne disais rien me contentant de fusiller du regard le gougeât. Puis Kean reprit :

- On ne peut les enterrer dignement cela serait trop ardu et long. Le feu c'est pas mal, rapide et efficace. Mais comment s'y prendre... En fait pour bien faire il faudrait détruire ce repère...

Il fut interrompu par un bruit sourd. Un nuage de poussière vint assombrir la pièce. Tous étaient aux aguets. Une fois la poussière retombée, nous pûmes voir que ce n'était rien d'autre que Zéphyr le dragon bleu qui venait de se poser dans le repère à coté d'eux. Le reptile était paré d’une armure étincelante aux reflets bleutées concordant parfaitement avec sa peau. Le dragon inclina noblement la tête devant l'assemblée face à lui. Il semblait attendre nos réactions. Sur l'armure, tous pouvait voir un étrange symbole. Kean s’adressa au dragon :

-Toi, mon pote, tu arrives à temps!

Comme une réponse le dragon cracha un petit jet de flamme. J’écoutais le reste d’une oreille discrète, ma colère contre la brute semi elfique m’accaparait tellement l’esprit que c’est à peine si je fis attention à ce qui se passait autour de moi. Je serrais les dents, il fallait que je me contrôle.
Le guerrier elfe soupira et prit la parole sur un ton détaché et froid :

- Je ne sais ce qui se passe ici. Pardonnez-moi mais je suis complètement perdu ! Kean pour répondre à ta question, je peux incendier le repère. J’en ai encore le pouvoir. Ryoku, peut être toi aussi, s’il te reste encore de l’énergie.

Un humain hocha la tête. Pierre répondit :

- Zéphyr est le compagnon d’une amie Amalberga Nanaeldar. Elle se trouve actuellement dans le second repère.

L’elfe répondit malicieusement :

- Il vient tout juste de me prévenir par télépathie, Mais je suis ravi de voir que tu as pensé au deuxième repère. Nous avons toujours espéré avec Ghalan qu’il ne serait jamais utilisé… Amalberga… N’est-elle pas l’ancienne ambassadrice D’Hosthän ?

- Oui en effet.

- Bien. Je pense qu’il serait sage que Zéphyr emmène Yukina.

La princesse sembla vouloir protester mais le regard glacial et dur de l’elfe la figea dans son élan.

-Et toi aussi Kean... Tu connais Amalberga. Tu pourrais l’informer mieux que personne des derniers événements. Je pourrais rester ici et m’occuper du Repère. Je pourrais vous rejoindre rapidement par la suite. Pierre, toi tu pourrais transporter les autres avec tes pouvoirs. Je propose ceci, bien sûr à condition que Zéphyr accepte.

J’avais beau essayer de me concentrer sur ce qu’il se disait, la haine continuait à envahir mon être, brûlant mon cœur et ma raison. Mes crocs étaient de sortis, me yeux devaient surement briller de leurs éclats vert.
Puis sans prévenir personne je craquais, je bondis sur Kean toutes griffes et dents dehors. Vu son état de faiblesse, et ma rapidité qui s’était agrandit depuis notre dernière rencontre, je l’aurais tué avant qu’il ne se rende compte, avant que quiconque ne réagissent. Kean avait eu à peine le temps de mettre la main à la poignet de sa hache. C’était sans compter une douleur fulgurante à la poitrine qui m’arrêta dans mon élan. Je reculais de quelques pas et pensais :

- Que m’arrive t-il ?

Je me rendis compte que j’avais formulé la question à voix haute. J’avais mis mes mains sur ma poitrine. J’avais une sensation de froid, une impression qu’une étreinte glacée m’enserrait le cœur, comme s’il allait s’arrêter. Je me demandais d’ailleurs si ce n’était pas le cas, peut être que j’étais en train de mourir soudainement pour achever ma transformation en vampire. Canis hérissa le poil et montra les dents en grognant. Le renard se jeta par terre face à lui et prit une forme démoniaque. J’entendais aussi le grognement sourd du dragon.

Une voix me répondit :

- J’ai une certaine emprise sur l’eau…

Je dirigeais mon regard vers la personne qui parlait et vit que c’était le bel elfe que j’avais remarqué à mon arrivée.

- L'eau présente dans votre corps est en train de geler...

Dans un élan de panique, essoufflée je m’écriais :

- Arrêtez-ça !

Je n’eus pas la force d’expliquer que j’allais devenir un monstre assoiffé de sang si je mourrais. Et que c’était plus de ça que j’avais peur plutôt que de mourir pour de vrai.
L’elfe ajouta :

- Pas avant d’être certain que vous soyez calmée. Je ne sais pas ce qui s’est passé entre vous deux mais je ne vous laisserais pas tuer Kean.

Je sentis aussitôt la chaleur revenir dans mon corps, et ma poitrine se débloquer. Qui était donc cet individu avec un tel pouvoir ? Un mage elfe ? Les plus redoutables d’après ce que j’avais lu, mieux valait ne pas se les mettre à dos. Je sentis de la crainte envers cet elfe. La magie était plus effrayante que la force brute. C’était la première fois que j’en voyais et que je la subissais. Étant une expérience désagréable, valais mieux que fasse profil bas face à ce genre d’individu.
Le mage au pouvoir aquatique continua à parler :

- Restez tranquille Almendra ! Cela vaut pour toi aussi Kean !

L’elfe se tourna ensuite vers mon loup et sembla lui parler. Canis arrêta de grogner et son poil se dégonfla. Le drôle de renard reprit une apparence normale.
Le mage elfique repris la parole.

- Inutile de se battre. Trop de sang a déjà été versé. Almendra, je sais que Kean peut parfois paraître brutal et immature mais vous réagissez de la même manière en répondant à ses provocations. Nous n’avons pas besoin de conflit parmi les rebelles…

Je soutiens son regard pendant quelques secondes puis me yeux allèrent se fixer sur Kean avec un regard froid, plein de haine. C’était réciproque chez le guerrier, c’était comme s’il y avait un concours de celui qui avait le regard le plus meurtrier.

Prenant appuit sur sa hache, Kean se leva et s’approcha du dragon puis s’adressa à la jeune fille Elfe :

- Princesse, il est temps de vous mettre à l'abri.

Ils montèrent tout les deux sur le dragon, Yukina devant et lui derrière. Ils saluèrent tout le monde et le dragon décolla.

Pendant ce temps là Mizu se rejoignit et me toucha un mot :

-A quoi tu joue ? Tu cherches à te faire tuer ? Est-ce que tu crois que c’est comme ça que tu attireras notre sympathie sur toi ? Tu te comportes comme un animal, tu ne réfléchis pas aux conséquences tes actes. Tu passes pour la ‘’méchante’’ et Kean ‘’la victime’’ .Ha bravo !

Je baissais et la tête et murmura un pardon.

Mizuki soupira puis reprit la parole.

- Notre Chef Diablo t’a fait confiance, ton comportement a dû surement le décevoir, n’est ce pas Pierre ?

Diablo qui nous avait rejoint acquiesça et ajouta :

-Je ne tolérerais pas ce genre de réaction, je regrette déjà de t’avoir rendu la liberté.

Je bredouillais :

-Je suis…

Mais le chef des rebelles me coupa :

- Je n’accepte pas tes excuses, si tu recommences, je te ferais à nouveau enchainer.

Les paroles de Mizuki et Diablo me blessèrent, je me sentis honteuse comme jamais et eut soudain envie de réconfort. Je m’agenouillais devant Canis, lui enserrait tendrement l’encolure avec mes bras et laissait couler quelques larmes que le loup s’empressait de m’essuyer d’un coup de langue.
Je lui chuchotais à l’oreille :

- Merci Canis, tu es un loup libre, n’appartenant à personne hormis toi-même et tu as choisis de m’accompagner, d’être mon ami. Je ne sais pas comment tu me considères mais pour moi tu es un compagnon inestimable, je t’aime Canis.

Je lui fis un ba*ser sur le museau.
Je n’avais cure de ce que les gens penseraient de cette scène, j’allais juste les accompagner dehors puis je retournerai auprès de Kimiku. Ma mission de messager était fini, et vu que personne ne m’appréciais, je ne voyais pas d’intérêt à rester plus longtemps.
Mizuki avait raison, il fallait à tout prix que j’arrête de me laisser emporter par les sentiments, c’est cela qui allait finir par me tuer. Le mieux pour l’instant était d’éviter au maximun le semi elfe sans cœur qui provoquait autant de haine en moi et faisait ressortir mon coté sombre.
Un bruit attira mon attention, Zéphir avait essayé de décoller et re-atterrit, je m’approchais du dragon mais Mizuki me retient par le bras.

-Si tu ne veux pas te faire bruler ou manger, je te conseille reste loin du dragon, il ne t’aime pas beaucoup.

Mes yeux s’agrandir de stupeur :

-Ha bon mais pourquoi ? Je ne lui ai rien fait !

-A priori, il considère Kean comme son ami donc il n’a pas apprécié que tu l’attaques.

Je me sentais d’autant plus triste, je n’aimais pas attirer la peur ou l’animosité des animaux, je les aimais tellement, trop même.
Nous regardâmes l’elfe qui avait le pouvoir de communiquer avec les dragons, Kean demanda :

- Que se passe t-il ? Asyendil ?

Son nom était donc Asyendil. Il nous répondit d’un regard sombre :

- Quelqu’un est entré dans le deuxième repère. Il n’est donc plus sur. Amalberga ne veut pas que Yukina vienne. Elle mène son enquête pour savoir s’il s’agit vraiment d’une menace. Et elle a raison. Il ne faut prendre aucun risque. Je pense que Yukina et toi Kean n’avez plus le choix. Vous devez rester avec nous.

Il fixa Yukina qui était déconfite et horrifiée à la fois.

-Et même si le château n’est à quelques lieux, ensemble nous serons plus aptes à te protéger que séparément.

Toux deux semblèrent d’accord et redescendirent de Zéphyr.

- Croyez-moi. Je pense qu’il n’y aura pas d’attaque de la part du roi aujourd’hui. Le château sera en deuil, pour faire bonne figure. De plus si Karasu a pris le pouvoir. Il doit certainement réorganiser son armée. Et remettre malheureusement de l’ordre dans les geôles. Je doute qu’il ait apprécié la défaite du général d’Astharof. Je me demande même si ce malheureux a réussi à atteindre la forteresse.

Pierre d’un mouvement de tête sembla approuver Asyendil. L’elfe, s’éloigna légèrement de nous et reprit :

- De toute façon, nous ne pouvons rester ici. L’air est devenu irrespirable et si nous ne faisons rien, des monstres viendront se repaître des cadavres. Le repère va devenir un véritable brasier. Dans la forêt se trouve des hameaux isolés. Certains sont sûrement abandonnés. Nous pourrons aisément y trouver refuge en attendant.

Il se tut, fit volte face et partit dans les profondeurs de la citadelle. Le renard sauta de ses épaules, reprit soudainement son apparence démoniaque, ce qui fit stresser Canis qui grogna. Le renard fit un bond au dessus de lui et fila à vive allure à travers le repère.

Pendant ce temps, nous autres regagnèrent la surface.
Arrivée dehors je revis la licorne, Flamme et Monoka l’avait rejoint. Je sentis le regard intriguée de la licorne sur moi.
Je m’adressais aux autres, enfin surtout à Mizu et Pierre.

-Je dois retourner au château, si Kimiku ne me voit pas rentrer, elle va s’affoler. A bientôt.

Le chef des rebelles me répondit.

-Fait attention à toi. Je passerais voir Kimi comme prévu, dans la journée probablement.

J’hochais la tête, puis je pris ma cape d’invisibilité et la remis sur moi avant de m’envoler.
Canis me suivit jusqu’à l’entrée de la capital puis il resta à l’orée de la forêt.
Je continuai donc le dernier kilomètre seule.
J’aperçus un grand bucher, les funérailles d’Astharof. Repérant la femme aux ailes noires, j’atterris dans une ruelle déserte qui se trouvait non loin de là. Puis je retirais ma cape, la pliais soigneusement puis allait rejoindre à pieds Kimi comme si rien n’était.
Une fois la cérémonie terminée, Kimi m’entraina dans la cours tu château en me disant

-Ne me dis rien, tu me feras un compte rendu plus tard.

Je compris, qu’elle avait peur des oreilles indiscrètes comme elle n’arrêtait pas de me le répéter.

Nous allâmes ensuite dans ses appartements, là après tout avoir inspecté et s’assurer qu’on n’était pas surveillé, elle me demanda que je résume la situation du repère.
J’entrepris donc de m’exécuter :

- Ça été un carnage, tous les soldats d’Astharof sont mort et parmi les rebelles, il reste seulement huit survivants : Diablo, la princesse, Mizuki, Kean, Tom, un mage elfe nommé Asyendil, et deux humains.

Kimi hocha la tête :

- c’est vrai, que c’est peu, mais le plus important c’est la survie de la princesse et de Pierre.

En prononçant le nom du chef des rebelles, Kimi eut l’air rêveuse. Y avait-il quelque chose entre ses deux là ?

J’hésitais à lui avouer mon attaque sur Kean puis je me lançais en baissant le yeux :

- Kean…il m’a traité de charogne…et je…j’ai attaqué par reflexe…

Kimi me regarda droit dans les yeux :

- Et ? l’as tu blessé ?

Je me mordis la lèvre et j’évitais son regard :

- Non, l’elfe Asyedil m’a arrêté.

Kimi enchaina.

-Tu n’aurais pas du le faire devant tout le monde, ça te donne l’image d’un monstre alors que ce demi elfe méritait bien ton attaque.

Elle murmura :

- Il mérite une bonne leçon, la prochaine fois que je le croise, il ne perd rien pour attendre.

Puis plus fort.

- Repose toi, Almendra, tu dois surement être fatiguée, j’ai des choses à faire.

Elle me laissa et partit. Je fus surprise par son soutien. Je m’attendais à une réprimande de sa part. Je profitais de son départ pour m’allonger sur le sofa et dormir.
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mar 17 Nov 2015 - 22:46

Promis ,je le lis demain Smile

Super la suitteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee japonais.coeur japonais.coeur japonais.coeur japonais.coeur
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fleurviolette
Demi-Dieu
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   Mer 18 Nov 2015 - 8:23

Super, j'adore <3

J'aime beaucoup ta nouvelle Smile
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MessageSujet: Re: Almendra (Récit fantastique)   

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Almendra (Récit fantastique)
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